e3c93ab8fda82336bf610ecd333ebc424fdc5d77

Après avoir fait sauter la banque, Pep Guardiola doit ramener des titres

Il y a un an, suite à son arrivée d'Allemagne, Pep Guardiola entamait son aventure avec Manchester City avec beaucoup d'enthousiasme et d'ambition. Tout était réuni pour que le technicien catalan hisse ce club au sommet, de la même manière qu'il l'avait fait au FC Barcelone et au Bayern Munich. Du côté de l'Etihad Stadium, on lui a déroulé le tapis rouge. Officiellement, il n'avait pas les pleins pouvoirs avec comme seule fonction celle d'entraineur. Mais, entouré par une direction sportive à forte connotation catalane (Begiristain et Soriano), l'environnement était très favorable à son plein épanouissement. Les nombreuses dépenses de City pour le satisfaire témoignaient d'une grande liberté de manoeuvre. Elle augurait d'ailleurs de grands résultats, mais elle s'est finalement soldée par un semi-échec.

Lukaku s'inscrit dans la logique athlétique de Mourinho

Certes, Manchester City a terminé l'exercice 2016/17 à la troisième place du classement de la Premier League, assurant ainsi sa présence en Ligue des Champions. Mais, c'est bien la seule satisfaction à retirer de cette campagne des Sky Blues. L'équipe que l'on voyait dominer le Royaume après six victoires en six matches a vite lâché du lest et son parcours dans les différentes Coupes n'a pas été plus reluisant. Logiquement, et il l'a lui-même admis dès que la courbe de résultats commençait à décliner, Guardiola a une part de responsabilité dans cette saison blanche. 

Il sait qu'il n'a plus le droit à l'erreur

Pour bâtir une équipe qui lui convient, le coach espagnol avait, dès son premier été au club, dépensé 213M€. Dans l'histoire du football, seul le Real Madrid de Florentino Perez avait connu un mercato plus couteux (2009). Dans tous les secteurs du jeu, et sans la moindre exception, il a fait venir un ou plusieurs nouveaux éléments, convaincu que l'effectif qui lui avait été laissé n'était pas taillé pour les grandes conquêtes. Ce qui n'était pas complètement faux, mais l'équipe qu'il a ensuite mise en place ne l'était pas nécessairement plus. Au contraire, elle a même paru s'affaiblir avec une défense très friable dans laquelle le duo Jonn Stones-Claudio Bravo symbolisait parfaitement le manque de flair du nouveau manager. 

Merson : "Donnez-nous Aguero et vous aurez Sanchez"

À la faveur de sa belle carte de visite, Guardiola dispose d'un crédit conséquent auprès de ses responsables. Et il ne serait pas incongru de croire qu'un autre technicien à sa place se serait déjà retrouvé sur la sellette. Lucide, l'ex-coach du Barça a admis ne pas avoir rempli ses objectifs et que son licenciement n'aurait pas été une injustice. En mai dernier, après la dernière journée du championnat, il déclarait : "À Barcelone et au Bayern Munich, vous devez gagner. Si vous ne le faites pas, ils ne vous donnent pas de seconde chance. Ici, on me donne une seconde chance. Alors, on va essayer de la saisir. Mais, c'est sûr que dans ma situation, dans un grand club, je dois être déjà viré normalement. En tous les cas, dans mes précédents clubs, j'aurai été déjà dehors".

e3c93ab8fda82336bf610ecd333ebc424fdc5d77
(montants des cinq transferts hors bonus)

On ne change pas une méthode qui…ne gagne pas

Le constat d'un échec s'accompagne souvent d'une remise en question, voire d'un changement de stratégie. Mais, dans le cas du technicien catalan, ce n'est pas le cas. Qu'il soit attaché à ses préceptes de jeu, ceux qui lui ont apporté tant de succès, est une chose, mais qu'il demeure inflexible dans la manière dont il fait évoluer son effectif en est une autre. Car en regard des transferts opérés par City depuis le début du mercato en cours, il n'est pas sûr que le successeur de Manuel Pellegrini soit enclin à changer de fonctionnement. Il n'y a guère plus dogmatique que le Catalan.

Après un mois et demi de mercato, City a déjà payé 179M€ (bonus compris) pour les différents renforts. Mais pour quel résultat ? Aucune recrue ne peut se targuer d'avoir l'étiquette d'élément confirmé. Un joueur de classe internationale dont le prix ne prête absolument pas au débat. Les Kyle Walker, Bernardo Silva, Ederson et Douglas Luiz sont de bons et prometteurs footballeurs, mais ce ne sont pas des leaders et encore moins des stars incontestées censées incarner un projet. Jusqu'ici, ce mercato ressemble donc au précédent et même si le football est loin d'être une science exacte, il n'est pas impossible que les mêmes causes produisent les mêmes effets. 

Un mercato dispendieux mais pas convaincant

Le palmarès de Guardiola parle pour lui et il serait, de fait, aussi exagéré de lui jeter la pierre dès sa première saison manquée. On peut aussi imaginer qu'il sait ce qu'il fait et que son objectif n'est pas de réaliser un mercato clinquant, mais de construire une formation équilibrée avec le moins de manques possible. Et c'est assurément pour cette raison qu'il a fait du recrutement de deux latéraux de qualité sa priorité dès la fin du précédent exercice. Toutefois, ce plan-là engendre une autre interrogation : pourquoi alors surpayer autant les renforts ?

Iniesta, la prophétie de Guardiola

Pour un élément qui n'était même pas la cible N°1 à son poste, Kyle Walker coûte cher (51 +6M€). Très cher même. Et cet investissement apparait d'autant plus disproportionné que les précédents achats en défense se sont soldés par des flops retentissants (Stones, Mangala et à un degré moindre Otamendi). Même constat pour Ederson. L'ancien gardien de Benfica a, sans nul doute, beaucoup de qualités mais vaut-il vraiment les 40M€ ? Le doute est permis pour un portier à l'expérience du haut niveau plutôt réduite et qui n'est que troisième dans la hiérarchie des gardiens en sélection brésilienne.

Même s'il ne l'a jamais redouté, Guardiola s'est ajouté encore un peu plus de pression sur ses épaules avec ces investissements onéreux et discutables. C'est un pari, mais il est extrêmement risqué, surtout lorsqu'on sait qu'il n'aura plus aucune excuse à brandir en cas d'échec. L'avenir dira si pour cette expérience dans le Nord-Ouest d'Angleterre, il se sera montré persévérant ou simplement têtu. En sachant que quel soit le bilan, il ne sera pas sans répercussions sur sa réputation à l'avenir. 

Publicité

ENJOYED THIS STORY?

Add GOAL.com as a preferred source on Google to see more of our reporting

0