Jusqu'à l'été prochain au moins, l'Allemagne est championne du monde en titre. Après une longue période de disette, la Nationalmannschaft est remonté sur le toit planétaire en 2014 et son ambition est d'y rester le plus longtemps possible. L'objectif est élevé et il n'est pas sûr que la domination germanique soit aussi prégnante que celle du Brésil entre 1958 et 1970. Toutefois, à l'heure actuelle, les signaux sont positifs, à commencer par la productivité des sélections de jeunes et en particulier celle des Espoirs.
L'Allemagne fait forte impression
Tandis que la sélection A' de l'Allemagne avance doucement mais sûrement à l'occasion de la Coupe des Confédérations, l'équipe des 21 ans de Stefan Kuntz s'éclate en Pologne lors de l'Euro de la catégorie. Elle s'est qualifiée pour les demi-finales après un premier tour bien négocié si on excepte la troisième sortie contre l'Italie où la défaite était sans conséquence. Les prestations ont été séduisantes, mais plus que le rendement collectif c'est la productivité des individualités qui a sauté aux yeux. Dans le sillage d'un Serge Gnabry très convaincant, les jeunes allemands ont prouvé qu'ils avaient du talent à revendre et qu'il n'y a plus grand-chose qui les sépare du haut niveau international.
Gnabry et Meyer en chefs de file
En 2016 déjà, à l'occasion des Jeux Olympiques à Rio, l'Allemagne avait laissé entrevoir tout le vivier d'espoirs qu'elle possédait. Meyer, Selke, Brandt, Sule et Goretzka se sont illustrés et certains, comme les trois derniers nommés, ont même réussi à s'inviter dans la foulée chez les grands avec une convocation chez les A. D'autres, par contre, ont été appelés à confirmer à l'occasion de cet Euro en Pologne avec l'idée que leur tour viendra également. C'est ce qu'ils ont fait avec autant de conviction que de facilité, comme s'ils n'avaient plus aucun complexe à nourrir.
Depuis l'entame de cette compétition, ils ont été plusieurs à crever l'écran. C'est le cas de Gnabry, auteur d'un but et d'une passe décisive dès son premier match, mais aussi de l'excellent Max Meyer. Le milieu offensif de Schalke a démontré qu'il avait déjà tout d'un grand avec une influence notable sur le jeu des siens. Mais, faut-il s'en étonner vu que le joueur possède déjà 138 matches de Bundesliga à son actif ? Derrière l'attaquant de pointe, et dans un schéma en 4-2-3-1, le duo vedette est associé à Mitchell Weiser, un latéral reconverti en ailier et qui fait les beaux jours depuis deux ans du Hertha Berlin.

Du talent dans tous les secteurs et…sur le banc
Au poste d'avant-centre, c'est Davie Selke, l'une des révélations de la saison en Bundesliga, qui a été à son avantage. Certes, il a manqué un pénalty lors de la première rencontre face à la République Tchèque, mais il s'est bien rattrapé avec un très beau but lors du match qui a suivi contre le Danemark. Les dirigeants du Hertha doivent se féliciter de l'avoir enrôlé juste avant le début du tournoi. AU milieu, c'est Mahmoud Dahoud (photo) qui tire son épingle du jeu. Le joueur d'origine syrienne démontre pourquoi Dortmund s'est résigné à payer 15M€ pour ses services. Il est associé dans l'entrejeu à Maximilian Arnold, le capitaine qui fait office d'ancien au sein de ce groupe.
Les dix joueurs à suivre lors de l'Euro U21
Marc-OIiver Kempf, l'arrière central de Fribourg, marche déjà sur les pas de Mats Hummels et de Jerome Boateng. Nadien Amiri, le milieu offensif d'origine afghane, est aussi à surveiller en raison de sa technique ciselée. Cela fait quatre ans qu'il côtoie les sélections des jeunes. Enfin, il y a Levin Oztunali. Ce milieu défensif de Mayence a un lourd héritage à porter ; il est le petit-fils du légendaire Uwe Seeler. Pour l'instant, son sélectionneur veille à ne pas trop l'exposer, mais nul doute qu'il finira par lui offrir sa chance.
Tous ces joueurs se régalent à chaque fois qu'ils se retrouvent ensemble. Mais, sans titre remporté, il n'y aura pas de trace laissée dans les mémoires. Et pour cela, ils savent déjà de qui s'inspirer. Les Ozil, Neuer, Khedira et Hummels avaient aussi commencé par conquérir l'Euro Espoirs (en 2009) avant d'aller remporter la plus prestigieuse des compétitions. Le chemin est tout tracé pour cette prometteuse génération. À elle de faire en sorte que les "Espoirs" puissent aboutir sur du concret.
