Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de Ligue des Champions au programme qu'une saison doit forcément être décrétée comme celle de de transition. Bien que privé de la C1 pour la première fois depuis vingt-ans, Arsenal a beaucoup d'ambitions pour l'exercice 2017/18. Mais, ces ambitions, l'équipe londonienne ne peut espérer les concrétiser sans le concours de celui qui fut son meilleur buteur durant la précédente campagne, à savoir Alexis Sanchez. Or, le Chilien tarde pour l'instant à retrouver son meilleur niveau et il n'est pas du tout certain qu'il parvienne à le faire avant la fin de son contrat, en juin prochain.
Guardiola : "Messi serait bon en Premier League mais..."
Une statistique symbolise parfaitement la mauvaise période actuelle du numéro 7 d'Arsenal. Celle des buts marqués en Premier League. Cela fait presque deux mois que la compétition a démarré et l'ancien Barcelonais n'a toujours pas trouvé le chemin des filets. Certes, il n'avait repris que tardivement en raison de sa participation à la Coupe des Confédérations et il n'a joué que deux matches comme titulaire, mais la donnée en question a de quoi interpeller. Depuis son arrivée dans la capitale anglaise (en 2014), il avait toujours débloqué son compteur de réalisations avant le mois d'octobre. Cela ne sera pas le cas cette année.
Il a du mal à se remobiliser
Bien sûr, il y a eu ce superbe but inscrit contre Cologne lors du premier match de Ligue Europa (3-1). Mais cela ne suffit pas pour chasser les interrogations concernant la forme actuelle du joueur. Ce n'est pas son état athlétique qui est remis en question -de ce côté-là, il a toujours su se montrer irréprochable durant sa carrière-, mais plutôt mental. Le joueur ne semble pas afficher la même faim et le même degré de combativité que durant la dernière ligne droite de la campagne précédente. D'aucuns citeront la différence au niveau de l'enjeu entre les matches des deux périodes, mais il n'y a certainement pas que ça.
L'explication la plus plausible au retard d'allumage que connait Sanchez c'est l'été perturbant qu'il a vécu sur le plan personnel. Ce n'est un secret pour personne ; l'intéressé se voyait quitter Arsenal pour un club ambitieux et qui aurait pu lui permettre de viser les meilleurs titres et se maintenir au top à un an du Mondial. Plus précisément, il se voyait bien retrouver son ancien coach Pep Guardiola du côté de Manchester City. Lors du dernier jour du mercato, le deal était même sur le point d'être entériné avant qu'Arsenal ne se rétracte, faute d'avoir pu lui trouver un remplaçant.
Une relation plus tendue avec Wenger ?
Sanchez a-t-il eu du mal à digérer cet épisode ? Le joueur n'a rien laissé transparaitre de ses états d'âme dans les médias. Cependant, son "body langage" trahit une certaine frustration. Lors de la déroute contre Liverpool en championnat (0-4), on l'a vu assez peu concerné par les malheurs de sa formation. À 0-4, et alors qu'il se trouvait sur le banc, il affichait un sourire assez inopportun au regard du contexte. Par ailleurs, on le voit assez peu expansif lors des célébrations de but de ses coéquipiers, même s'il est assez commun pour un attaquant d'être un peu en retrait lorsqu'il ne marque pas.
Laissé sur le banc lors des matches contre Bournemouth et Chelsea, Sanchez payerait-il cette attitude désinvolte ? Arsène Wenger a assuré que non lorsque la question lui a été posée, arguant que sa star sud-américaine avait simplement besoin de recouvrir encore la plénitude de ses moyens physiques. Il n'empêche, la thèse d'un mal-être chez le Chilien est parfaitement crédible. Et lorsque son entraineur souligne qu'il "n'est pas plus important que les autres", cela suggère clairement l'idée d'une rupture dans le rapport entre les deux hommes. Gage au joueur de prouver que ce ne sont que de simples hypothèses extérieures et qu'il a toujours la tête à Arsenal, même s'il sait qu'en juin prochain il sera ailleurs.


