L’Olympique de Marseille continue d’écrire l’histoire de son instabilité chronique. Le départ de Roberto De Zerbi, officialisé cette nuit, ne fait que renforcer une statistique déjà vertigineuse : 32 entraîneurs différents depuis 2000, intérimaires compris. Cette valse permanente sur le banc illustre une difficulté persistante à bâtir un projet durable.
AFPLes entraîneurs ou la direction de l’OM ? La triste stat qui désigne le vrai coupable
AFPUne rotation permanente qui handicape le projet sportif
Chaque changement d’entraîneur entraîne son lot de bouleversements. Les idées, méthodes et stratégies diffèrent, et souvent les nouveaux venus amènent leurs propres recrues. La continuité, la cohérence et la construction d’un effectif stable deviennent alors un véritable défi. Cette instabilité s’accompagne d’une pression constante, populaire, médiatique et institutionnelle, qui fragilise la mise en place d’un cap durable.
Le 32ᵉ changement de technicien ne représente pas seulement un chiffre : il symbolise un obstacle majeur pour la direction du club, chargée de trouver enfin une stabilité indispensable pour que l’OM rivalise régulièrement en Ligue 1 et sur la scène européenne.
AFPLa présidence de Pablo Longoria et la valse des techniciens
Depuis l’arrivée de Pablo Longoria à la présidence, aucun entraîneur n’a bouclé deux saisons complètes. La liste est longue : André Villas-Boas, Nasser Larguet, Jorge Sampaoli, Igor Tudor, Jacques Abardonado, Gennaro Gattuso, Jean-Louis Gasset et Roberto De Zerbi récemment, qui est déjà scruté par Manchester United et Tottenham. Chaque projet a débuté avec enthousiasme, mais la rupture a souvent été brutale, parfois malgré des résultats corrects.
Cette rotation constante souligne une culture de l’urgence presque structurelle à Marseille, où les cycles courts prennent le pas sur une vision à long terme.
AFPLa difficulté des entraîneurs étrangers à durer
Plus largement, l’OM peine à conserver ses techniciens venus de l’étranger. Selon Stats Foot, il faut remonter à la fin des années 1940 pour trouver un entraîneur étranger ayant enchaîné deux saisons complètes consécutives : l’Italien Giuseppe Zilizzi, en poste en 1947/48 et 1948/49.
Ce chiffre historique renforce le constat : le club phocéen n’a jamais réussi à installer une stabilité durable, ni à créer un cadre où un entraîneur peut véritablement s’exprimer et asseoir son projet.
(C)Getty ImagesInstabilité chronique et conséquences sportives
Cette instabilité permanente se traduit par des phases d’embellie suivies de ruptures soudaines, rendant difficile l’élaboration d’une identité de jeu claire et cohérente. Elle impacte également le recrutement et la progression des jeunes joueurs, souvent ballotés entre visions divergentes.
Pour Marseille, la question est simple : trouver un équilibre entre décisions stratégiques de la direction et continuité technique. Sans cela, chaque nouvel entraîneur risque de subir le même sort que ses prédécesseurs.
Après De Zerbi, le nom d’Habib Beye est le plus évoqué pour succéder au technicien italien sur le banc phocéen. Le Sénégalais connaît bien la Commanderie pour y avoir évolué en tant que joueur.



