Les Lions ont rugi, et les Pharaons sont rentrés dans le rang. Dans une demi-finale aux allures de passation de pouvoir définitive, le Sénégal a assumé avec une autorité glaçante son statut de patron du continent en écartant l'Égypte (1-0). Maîtres de leur sujet de bout en bout, les hommes d'Aliou Cissé s'offrent une troisième finale de CAN en sept ans, confirmant une régularité effrayante au sommet. La série d'invincibilité historique de l'Égypte à ce stade, qui durait depuis 1984, a volé en éclats face à la puissance collective des tenants du titre.
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AFPSalah sous l'éteignoir, le Sénégal à l'usure
Si le score est étriqué, la physionomie, elle, fut à sens unique. La première période a vu un Sénégal patient tisser sa toile face à un bloc égyptien recroquevillé, venu pour ne pas jouer. La grande victoire tactique d'Aliou Cissé a été l'annihilation totale de Mohamed Salah. Pris en tenaille, coupé de ses relais par un pressing haut et agressif, le "Roi d'Égypte" a traversé la rencontre comme une ombre, impuissant face à l'hégémonie athlétique des Lions. Au retour des vestiaires, l'étau s'est resserré, et le match s'est transformé en un siège du camp des Pharaons.
AFPL'éclair de Sadio Mané
Il fallait une étincelle pour récompenser cette domination sans partage. Elle est venue, inévitablement, de Sadio Mané. À l'entrée du dernier quart d'heure, alors que la tension devenait palpable, le numéro 10 sénégalais profitait d'un ballon qui traînait pour réaliser un enchaînement contrôle poitrine - frappe rase du droit limpide (78e). 1-0. El Shenawy était battu. Dans ce duel de légendes, Mané a encore une fois pris le dessus sur son ancien compère de Liverpool, débloquant la situation au moment crucial avec le sang-froid des très grands.
AFPUne victoire coûteuse mais logique
L'Égypte a bien tenté de réagir dans les derniers instants, lançant Zizo et Mostafa Mohamed dans la bataille, mais la réaction fut trop brouillonne pour inquiéter Edouard Mendy. Seule ombre au tableau idyllique de cette soirée : la perte de Kalidou Koulibaly. Le capitaine, averti tôt dans le match (et donc suspendu pour la finale), a dû quitter les siens sur blessure en première période. Un coup dur pour la suite, mais qui n'a pas empêché la charnière recomposée avec le jeune Sarr de tenir la baraque jusqu'au bout.
AFPEn route vers la deuxième étoile
Le Sénégal n'a pas volé sa place. Solide, cohérent et porté par un Mané décisif, le champion en titre a envoyé un message fort à la concurrence. En étouffant l'Égypte, les Lions ont prouvé qu'ils avaient encore très faim. Ils attendent désormais le vainqueur du choc Nigeria-Maroc pour tenter de décrocher une deuxième étoile en quatre ans et asseoir, pour de bon, leur dynastie sur le football africain.



