Méconnu pour ses excès de colère, Jude Bellingham semble aujourd’hui payer le prix de son tempérament bouillant. En quelques mois seulement, l’ancienne coqueluche du Borussia Dortmund est passée du statut de chouchou des médias à celui de cible des critiques, aussi bien en Espagne qu’au sein de son propre vestiaire. Comment un joueur aussi prometteur est-il devenu le nouveau bouc-émissaire du Real Madrid ?
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GettyJude Bellingham rattrapé par son passé
Transféré pour plus de 100 millions d’euros à l’été 2023, Jude Bellingham débarque à Madrid avec l’image d’un prodige. Pourtant, son comportement avait déjà suscité des remous lors de son passage au Borussia Dortmund. Selon plusieurs médias allemands relayés par Kicker et Bild, une partie du vestiaire n’appréciait guère ses sautes d’humeur et son attitude parfois jugée arrogante. Son ancien entraîneur, Marco Rose, confiait à l’époque : « Jude veut gagner tous les matches, il est en colère et c’est ce qui le caractérise. »
Le Real Madrid savait donc qu’il recrutait un talent brut, mais aussi un caractère fort. Et si son image de jeune homme poli – saluée par Rio Ferdinand comme étant celle « du gendre idéal » – avait séduit les supporters madrilènes, les premières fissures sont rapidement apparues.
Les premiers dérapages de Bellingham au Real Madrid
Dès novembre, Jude Bellingham se fait remarquer pour de mauvaises raisons. Lors d’un match de Ligue des Champions contre l’AC Milan, il lâche un « fuck you » à l’encontre de l’arbitre, furieux d’un hors-jeu sifflé. Une scène suivie, en février, d’un nouvel incident verbal avec l’officiel du match face à Osasuna. L’arbitre affirme que Bellingham a répété « Fuck you », tandis que le joueur se défend en parlant d’un « Fuck off ». Résultat : deux matchs de suspension.
Ce tempérament bouillonnant se manifeste aussi en Liga. Après une défaite contre Valence (2-1), TNT Sports filme Bellingham en train de frapper violemment le système VAR. L’Anglais, déjà averti huit fois et expulsé une fois cette saison, semble au bord de l’implosion.
AFPDes tensions internes de plus en plus visibles
Mais ce ne sont pas seulement les arbitres qui subissent les foudres de Jude Bellingham. À l’intérieur même du vestiaire merengue, le jeune Anglais commence à susciter des tensions. En huitièmes de finale retour de Ligue des Champions, il reproche violemment à Vinicius Jr une perte de balle, tapant le sol de rage. Une scène qui alimente la rumeur selon laquelle il se sentirait mis de côté depuis l’arrivée annoncée de Kylian Mbappé, selon Marca.
Selon AS, le joueur réclamerait également une revalorisation salariale, se jugeant sous-payé par rapport à Vinicius Jr et KM9. Ce climat tendu pourrait expliquer son attitude instable, et surtout, le regard de plus en plus critique porté sur lui par les médias espagnols.
AFPL'image de Bellingham écorchée en Liga
Le ton est monté d’un cran lorsque Pablo Maffeo, joueur de Majorque, s’est lâché dans Relevo : « Je préfère Vinicius. Lui au moins, il est réglo. Bellingham, il attaque par derrière… Tu fais le garçon sage, puis tu insultes. T’es un faux-cul. » Des propos qui illustrent une rupture avec l’image initiale du jeune joueur généreux et respectueux.
Même la presse ibérique, longtemps élogieuse, appelle désormais au calme. « Il serait temps que Bellingham canalise ses nerfs. Il doit comprendre qu’il n’est pas dans les quartiers chauds de Londres », écrivait AS récemment. La Liga exige un certain sang-froid que Bellingham peine encore à maîtriser.
Getty Images SportDes performances toujours solides malgré tout
Si son comportement interroge, Jude Bellingham continue néanmoins d’apporter sur le plan sportif. Avec 13 buts et 13 passes décisives en 41 matchs cette saison, toutes compétitions confondues, l’ancien de Birmingham reste un atout majeur pour Carlo Ancelotti. Sa vision du jeu, sa technique et sa polyvalence font toujours l’unanimité.
Mais même au sein de l’équipe nationale, son attitude interpelle. Le sélectionneur anglais Thomas Tuchel déclarait récemment : « Il est émotif et encore jeune, mais il sait qu’il ne peut pas se permettre cela. » Face à Arsenal ce mardi en Ligue des Champions, Bellingham devra faire parler son talent, sans laisser ses émotions prendre le dessus.



