L’affaire refait surface plus d’un an après les faits. Selon les révélations de L'Équipe, Nasser Al-Khelaïfi fait désormais l’objet d’un signalement pour prise illégale d’intérêts. En cause, son rôle dans les discussions autour des droits TV de la Ligue 1 en 2024, qui avait déjà suscité de vives tensions entre dirigeants.
AFPDroits TV Ligue 1 : Nasser Al-Khelaïfi visé par une plainte pour prise illégale d’intérêts
Getty Images EntertainmentUne réunion sous haute tension à l’origine de l’affaire
Le 19 février 2025, France Télévisions et L’Équipe avaient dévoilé des extraits d’une réunion entre présidents de clubs de Ligue 1. Cette rencontre, organisée durant l’été précédent, portait sur l’appel d’offres des droits TV.
Dans ces images, le président du Paris Saint-Germain, également patron de beIN Media Group, apparaissait au cœur d’échanges particulièrement tendus. Face à lui, Joseph Oughourlian, propriétaire du RC Lens, et John Textor, alors propriétaire de l’Olympique Lyonnais, dénonçaient une situation de conflit d’intérêts.
Les critiques visaient directement la double casquette de Nasser Al-Khelaïfi, impliqué à la fois dans la gestion d’un club et dans la diffusion du championnat.
Getty Images SportAnticor saisit le parquet de Paris
Plus d’un an après cette réunion houleuse, l’association Anticor a décidé de passer à l’action. Selon L’Équipe, l’organisation anticorruption a saisi le parquet de Paris pour prise illégale d’intérêts.
L’association soupçonne Nasser Al-Khelaïfi d’avoir exercé une influence sur les présidents de clubs afin de favoriser beIN Sports dans le processus d’attribution des droits télévisés.
Le quotidien sportif précise que l’association accuse le dirigeant parisien d’avoir « tenté d'influer sur la décision du conseil d'administration de la Ligue en faveur de la société qu'il préside ».
Getty Images SportUne plainte jugée "absurde" par l’entourage de NAK
Face à ces accusations, l’entourage de Nasser Al-Khelaïfi rejette fermement les faits. Toujours auprès de L’Équipe, les proches du dirigeant qualifient la plainte d’"absurde".
Ils affirment notamment : « Ce sont les clubs, les représentants de la ligue et même des personnalités politiques qui ont fait pression sur beIN pour qu'elle finance la diffusion de ce match, pas l'inverse ».
À l’époque, plusieurs solutions étaient sur la table. La création d’une chaîne dédiée à la Ligue 1, devenue depuis Ligue 1+, figurait parmi les options. Une autre piste évoquait une co-diffusion entre DAZN, pour huit matchs, et beIN Sports pour une affiche.
Cette solution avait finalement été retenue dans un contexte d’urgence financière pour plusieurs clubs.
AFPUne réunion marquée par des échanges musclés
Lors de cette réunion, les tensions avaient atteint leur paroxysme. Joseph Oughourlian avait lancé : « Nasser, il faut que tu comprennes un concept qui visiblement vous échappe chez beIN, ou au PSG, ou aux deux, qui s'appelle le conflit d'intérêts (...) Tu intimides tout le monde ».
De son côté, John Textor avait qualifié Al-Khelaïfi de "tyran". Le dirigeant qatari avait alors répondu : « John, arrête de parler, tu ne comprends rien. Tu viens de je ne sais où, cowboy ».
Le lendemain de ces révélations, John Textor avait insisté sur la nécessité d’une transparence totale : « Tous les conflits d'intérêts doivent être divulgués et atténués. Telles sont les règles de la meilleure ligue de football du monde, la Premier League, et il n'y a aucune honte à suivre un bon exemple ».
L’affaire pourrait désormais connaître un nouveau tournant judiciaire. Et relancer le débat sur la gouvernance et les droits TV du football français.
VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CETTE HISTOIRE ?
Ajoutez GOAL.com à vos sources préférées sur Google pour consulter davantage de nos articles
