Samir Nasri a toujours été rangé dans la catégorie des joueurs avec beaucoup de caractère. Et la dernière anecdote dévoilée par l'ancien joueur de l'Olympique de Marseille ne risque pas de changer cela. Dans l'émission Big Five de Canal Plus, accompagné par Robert Pirès, Olivier Dacourt, Habib Beye et Florent Sinama-Pongolle dans une ambiance de camaraderie, Samir Nasri s'est livré sans langue de bois sur sa relation avec Roberto Mancini. L'ancien international français a révélé que sa relation a été tendue avec l'Italien lors de la saison du titre, au point de virer carrément au clash.
"A quatre journées de la fin du championnat, on joue chez les Wolves. Je suis de son côté et il ne fait que parler tout le match. En première mi-temps, je me tourne et je lui dis: ‘Arrête de parler. Je ne suis pas une PlayStation. Si tu n’es pas content, tu me sors et tu fais rentrer quelqu’un d’autre. Mais arrête de me parler!’ La balle vient, il te dit: ‘Contrôle, non dribble, non fais ça’. Hé c’est bon… Donc je lui dis: "Arrête de me parler’. On rentre au vestiaire à la mi-temps. Je m’étais préparé, j’avais enlevé mes crampons. Il y avait Yaya Touré à côté de moi. Je lui ai dis: ‘Yaya, s’il me parle mal, je lui jette un crampon!’ Parce qu’il avait l’habitude de manquer de respect et de parler mal aux joueurs. Yaya me dit: ‘Mais non, il ne va rien te dire’. Moi je dis: ‘Je vais sortir, c’est sûr. Vu comment je lui ai parlé, c’est sûr que je sors’. Mais le coach ne me dit rien, je reviens en deuxième mi-temps et je marque. On gagne 2-0 et quand je marque je fais quand même un petit signe (il met son doigt sur la bouche, ndlr)’", a raconté Samir Nasri.
Viré de l'entraînement par Mancini
"Quand on arrive au centre d’entraînement, je descends les escaliers, il est derrière moi et il me met un coup de pied au cul doucement, explique le natif de Marseille, qui a raccroché les crampons l'été dernier. Et il me dit: ‘Demain, on discutera’. Je réponds: ‘Ouais, pas de problème’. Je viens le lendemain à l’entraînement. On fait une réunion d’au moins 45 minutes dans son bureau. Il m’explique que si j’ai envie d’être un grand joueur, je dois l’écouter et que si je veux juste être un bon joueur, je continue à faire ce que je fais. Parce que lui connait très bien le football, apparemment mieux que tout le monde. Je ne dis rien, je le laisse parler. Avant d'affronter Manchester United, Mancini me dit de défendre d’une certaine manière et David Platt, son adjoint, me dit de faire autrement, se souvient Nasri, aujourd’hui âgé de 34 ans. J’écoute David Platt et Mancini commence à me parler. Il m’insulte en italien mais moi je comprends ses insultes. Donc je l’insulte aussi. Il me dit: ‘Sors de l’entraînement’. J’enlève mon chasuble, je le jette et je sors. Je vais dans le vestiaire mais je ne rentre pas chez moi. J’attends parce qu’il faut que je lui parle, c’est trop là", a ajouté l'ancien ailier des Cityzens.
Samir Nasri a été "choqué" par Pep Guardiola à City
Samir Nasri a avoué avoir complètement déraillé : "Je vais dans son bureau mais il n’est pas là. Monsieur était en train de faire des abdos à la salle de muscu. J’avais la haine. Je vais le voir et je lui dis: ‘Viens on va discuter’. Il me dit: ‘Non, on ne va pas parler. Je suis énervé, tu es énervé, il n’y a rien de bon qui va sortir de cette discussion’. Il n’avait pas tort. Je lui dis: ‘Non, non, tu te lèves et tu viens’. Donc il se lève et il essaye de me prendre par le bras. Je lui enlève son bras et je lui dis: ‘Je ne suis pas Mario (Balotelli) moi’, parce qu’entre eux, c’était normal. On rentre dans le vestiaire, il commence à crier, moi aussi. Je l’insulte de tous les noms. Ces enfants jouaient en réserve et venaient dès fois s’entraîner avec nous. Je lui dis: ‘Tes enfants, je vais les attraper dans le parking’. Je rentre chez moi. Patrick (Vieira) avait un rôle d’ambassadeur au club. Il vient jusqu’à chez moi me voir. Il me dit: ‘Je t’ai dit, ne lui parle pas, il est fou’."
Sauvé par le président de Manchester City
L'ancien international français a été réintégré grâce à l'intervention inattendue du président du club : "Quand je reviens, il y a une mise en place et je suis sur le banc contre United. J’ai une haine… Le président vient d’Abu Dhabi. Il me dit: ‘Alors ça va?’ Et il dit devant Mancini: ‘S’il est en forme, on gagne ce week-end’. Yes (il lève les bras au ciel, ndlr). Sauvé! J’ai réintégré l’équipe. Après United, on joue à Newcastle. On gagne mais je me bloque le cou. On ne se parlait vraiment pas avec le coach donc j’appelle son adjoint et je lui dis: ‘Je vais à Paris voir mon osthéo’. Il me dit: ‘Va voir le coach, c’est bon, faites la paix’. Je lui dis: ‘Non’. Je dois prendre un avion. L’intendant de Mancini m’appelle et me dit: ‘A quelle heure il est ton avion?’ Je lui dis: ‘Demain matin’. Il me dit: ‘Ok, est-ce que le coach peut monter dans l’avion avec toi?’ Je lui dis: ‘Non, il ne monte pas avec moi’. Il me dit: ‘Allez, vas-y. Il veut prendre l’avion, après il va à Milan’. Je dis: ‘Il me donne la moitié de ce que j’ai payé et il monte dans l’avion’. Le lendemain, il est venu. Il m’a donné mes sous. On était assis face à face. Et pendant quarante minutes, il y a eu un blanc, on ne s’est pas dit un mot. Finalement un kiné à fait une blague pour lancer la discussion. Et on a fait la paix."
Aujourd'hui, Samir Nasri a une bonne relation avec Roberto Mancini et aurait même pu évoluer de nouveau sous les ordres de l'Italien dans sa carrière : "On a fait une saison après ensemble, ça s'est bien passé. Quand il est retourné à l’Inter Milan, il m’a appelé. Quand il est allé au Zénith, il a encore essayé de m’appeler. Oui parce qu’à la fin de la saison avec Manchester City, beaucoup de joueurs sont allés voir la direction pour se plaindre de lui. Et moi je lui ai dit les choses en face. Quand la direction est venue, j’ai dit que je n’avais aucun problème avec lui. Il a aimé et il m’a dit qu’il préférait les gens honnêtes à ceux qui sont fourbes. Et depuis ce jour-là, on s’est toujours bien entendus. Nickel."
