Il est arrivé en sauveur, en enfant du pays revenu pour panser les plaies d'un club en pleine crise institutionnelle et sportive. Lors de sa première conférence de presse, Habib Beye a affiché une sérénité et une assurance qui ont, l'espace d'un instant, apaisé le volcan marseillais. Conscient de l'urgence, il a immédiatement voulu recentrer le débat sur le terrain, promettant du pragmatisme et des résultats. Mais le nouveau coach de l'OM a vite été rattrapé par une réalité implacable : avant même de penser au jeu, il doit déjà trancher deux dossiers épineux, deux choix qui en diront long sur sa manière de gouverner.
Le gardien et le capitaine, premiers maux de tête
Car pour son premier déplacement à Brest ce vendredi, Habib Beye est confronté à deux décisions majeures qui vont structurer son équipe. Le premier casse-tête concerne l'identité de son capitaine. Leonardo Balerdi, qui portait le brassard jusqu'ici, est suspendu. Cette absence force la main du nouvel entraîneur et l'oblige à désigner un nouveau leader pour ce match. Le second dilemme se situe dans les buts. La hiérarchie des gardiens, fluctuante depuis quelques semaines, est à redéfinir. Qui de Geronimo Rulli ou de Bart de Lange aura sa confiance ? Deux questions, deux choix forts à faire en moins de 48 heures.
Ces décisions sont bien plus que de simples choix d'un soir. Le capitanat, d'abord. Leonardo Balerdi était un capitaine de plus en plus contesté, fragilisé par des performances en dents de scie et une attitude parfois nerveuse. Le choix de Beye pour ce match pourrait préfigurer un changement durable. Confiera-t-il le brassard à un homme d'expérience comme Pierre-Emile Højbjerg pour assurer la continuité, ou à un cadre respecté comme Nayef Aguerd pour marquer une rupture ? La décision est éminemment symbolique.
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Des décisions qui vont définir la suite
Concernant le poste de gardien, le choix installera une hiérarchie et enverra un message clair au vestiaire. Lors de sa conférence de presse, Habib Beye a volontairement gardé le mystère, préférant réserver ses annonces à son groupe. Une communication maîtrisée, qui montre qu'il a déjà pris la mesure de la pression qui l'attend. Il sait que ces deux premières décisions seront scrutées, analysées, et qu'elles donneront le ton de son mandat.
Son histoire d'amour avec l'OM lui offre un crédit indéniable auprès des supporters. Mais cet état de grâce est fragile. Pour son baptême du feu, le technicien franco-sénégalais ne sera pas jugé sur ses intentions ou son passé, mais sur ses actes. Et les premiers, les plus révélateurs, auront lieu bien avant le coup d'envoi.


