Le rendez-vous contre Tottenham ne ressemble à aucun autre pour Lucas Chevalier. Paris compte encore sur lui, mais le gardien sait qu’un faux pas peut tout remettre en cause. Son récent regain de forme contre Le Havre (victoire 3-0 du PSG) a relancé le débat, sans toutefois calmer les doutes. Le duel de ce mercredi pourrait bien devenir le premier tournant majeur de son aventure au PSG.
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AFPChevalier sort enfin un match solide… mais ce n’est pas encore suffisant
Le Parc des Princes a retrouvé un Chevalier affûté contre le Havre. Le public n’a pas attendu longtemps avant de célébrer ses parades, certaines venues d’ailleurs tant elles ont rappelé ses meilleures heures au LOSC. Le Français a bondi, anticipé, réagi avec une précision impressionnante. Un match qui rassure, un peu. Mais pas complètement.
Parce que battre Le Havre reste une mission abordable pour une équipe comme le PSG. Les supporters l’ont compris, et eux comme le staff attendent autre chose de leur gardien. Il faut briller dans les soirs où l’air devient plus lourd, dans les joutes européennes où chaque erreur coûte une saison. Et pour l’instant, Chevalier cherche encore son premier grand moment en Ligue des champions.
Le club lui a confié un rôle majeur, mais l’attente qui l’accompagne grandit chaque semaine. Le PSG veut un dernier rempart capable de renverser une rencontre, pas simplement un portier appliqué. Et Chevalier arrive maintenant à l’instant critique où les excuses ne tiennent plus.
Getty Images SportTottenham arrive, et Paris veut être fixé une bonne fois pour toutes
Ce mercredi ressemble à un verdict. Tottenham débarque au Parc, et Chevalier ne pourra pas se cacher. Luis Enrique continue de le soutenir, comme il l’a toujours fait depuis son arrivée. L’Espagnol croit en lui, il le répète, il le pousse. Mais un autre nom plane au-dessus de lui : Renato Marin, considéré par le club comme « le meilleur joueur du monde à son poste et à son âge ». Cette phrase, lourde et flatteuse pour le jeune Italien, résonne comme une menace silencieuse.
Chevalier a pris un risque immense en acceptant de succéder à Gianluigi Donnarumma. Un héritage lourd, parfois inconfortable. À 24 ans, il porte déjà une pression que peu de gardiens ont connue si tôt. Et voilà qu’arrive Tottenham, un adversaire qu’il connaît puisqu’il l’a affronté cet été en Supercoupe d’Europe. Ce soir-là, il avait détourné deux tirs lors de la séance décisive. Un souvenir encourageant, mais qui ne peut pas servir d’alibi éternel.
Dans L’Équipe, Vincent Duluc l’a bien rappelé. Les mots du journaliste tranchent sans détour : « Chevalier, surtout, est un enjeu fondamental de la saison européenne du PSG. Même aussi fort collectivement, même aussi peu résistible au fil du printemps, Paris est allé au bout parce qu'il avait un grand gardien, et parce que Gianluigi Donnarumma a vécu les plus beaux mois de ses saisons parisiennes. Il n'est pas demandé à Chevalier de faire aussi bien, tout de suite, mais jusque-là, le nombre de matches qu'il a gagnés à lui seul se compte sur un seul doigt, en comptant large, et il va bien falloir qu'il élargisse l'éventail ». Une mise au point nette, qui résume la situation.
AFPParis veut retrouver un mur, pas seulement un bon gardien
Le message est clair : Paris ne peut pas viser plus haut sans un véritable patron dans les cages. Depuis des années, le club avance ou recule selon la forme de son gardien. Donnarumma en a donné la preuve lors des campagnes précédentes. Le PSG a besoin d’un joueur capable de sauver une soirée mal engagée, de tenir quand le bloc craque, de repousser les assauts anglais quand tout tremble.
Lucas Chevalier se retrouve donc devant une chance unique. Il peut faire taire les interrogations, faire reculer l’ombre de Marin, et surtout prendre place pour de bon dans l’un des projets les plus exigeants d’Europe. Le moment n’attendra pas. Le Parc non plus. À lui de montrer que sa grande soirée arrive maintenant.



