L’Olympique de Marseille avance, mais à quel prix ? Derrière une troisième place flatteuse en Ligue 1 et une victoire face à l’AS Monaco, des fissures apparaissent. Le contenu proposé par l’OM laisse planer un doute grandissant sur la capacité du projet à tenir sur la durée. Sur RMC, Jérôme Rothen a livré un diagnostic sévère, pointant une progression insuffisante, un collectif fragile et des choix discutables. Un constat sans concession qui interroge profondément l’avenir immédiat du club phocéen.
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AFPUne victoire qui masque mal les doutes
La victoire de l’OM face à Monaco (1-0) aurait pu servir de déclic. Elle n’a finalement fait que raviver les interrogations. Derrière le succès comptable, le contenu proposé par l’équipe marseillaise continue de diviser, y compris parmi les observateurs les plus avertis. Présent sur les ondes de RMC, Jérôme Rothen n’a pas caché son inquiétude à l’approche du milieu de saison. Pour l’ancien international français, les signaux envoyés par l’OM sont préoccupants, tant sur le plan collectif que dans la progression globale du projet mené par Roberto De Zerbi.
Troisième de Ligue 1 à l’orée de la phase retour, l’OM (32 pts) reste dans la course aux premières places. Mais Jérôme Rothen insiste : les résultats ne peuvent pas éternellement masquer les lacunes observées sur le terrain. Dans l’émission Rothen s’enflamme, le consultant a livré une analyse sans concession, pointant un manque de constance et une incapacité à franchir un cap depuis plusieurs semaines.
AFPLes gros doutes de Jérôme Rothen sur l’OM
Si Jérôme Rothen reconnaît que l’OM ne peut pas être au sommet dès le mois de décembre, il regrette l’absence de progrès visibles. « C’est largement insuffisant dans le contenu des matchs. Et dans ces fameux axes de progression que l’on peut ressentir chez les équipes sur la première phase et sur les premiers mois », a-t-il estimé sur RMC. Jérôme Rothen nuance toutefois son propos : « Je ne demande pas que Marseille dégage de la force et de la régularité sur l’ensemble des matchs depuis le début de saison. »
Mais cette patience affichée a ses limites. Jérôme Rothen observe une stagnation inquiétante depuis le beau mois de septembre, période durant laquelle l’OM avait su dégager une réelle force collective. « Parce que le plus important, c'est de tirer le max de cette équipe en mars, avril et mai. C’est là que ça se gagne et on le sait tous. »
AFPRothen pointe du doigt une cassure de dynamique à Marseille
Pour Jérôme Rothen, la cassure est nette. L’OM avait pourtant montré des signes prometteurs après un mercato estival tardif. « Maintenant, est-ce qu’il y a des motifs de satisfaction et des motifs d’espoir sur la phase de progression ? Moi j’ai envie de dire que non ! Pourquoi ? Parce que les joueurs ont montré leur bonne période au mois de septembre et jusqu’à mi-octobre lors de la première trêve internationale. »
À cette époque, l’équipe marseillaise enchaînait les prestations cohérentes. Jérôme Rothen rappelle plusieurs références marquantes : « Très vite ils ont dégagé de la force collective et je trouve que l’OM a fait de bons matchs à cette période. » Avant d’ajouter : « Cela s’est traduit par une bonne série où ils ont enchaîné les victoires et des matchs cohérents comme le déplacement à Madrid en Ligue des champions, cette victoire contre l’Ajax… »
AFPDes joueurs jugés trop limités
Au-delà du collectif, Jérôme Rothen cible également le niveau individuel. « Dans cette fameuse progression et là où je suis pessimiste pour Marseille, c’est que je ne la sens pas. » L’ancien joueur du PSG est catégorique : « Je sens que c’est trop fragile pour une équipe qui, j’entendais Medhi Benatia dire qu’ils ont équipe forte et des joueurs forts, ce n’est pas vrai. »
Il poursuit sans détours : « Aujourd’hui il n’y a pas d’équipe forte ni de joueurs forts. Il y en a comme Greenwood et Rulli et heureusement que ces deux-là sont là. » Même les absences invoquées ne trouvent pas grâce à ses yeux : « Si on regarde les résultats, pas de débat c’est satisfaisant et c’est bon. Mais si on regarde la production et le contenu de l’équipe, c’est insuffisant et il ne faut pas se tromper. »
AFPRoberto De Zerbi directement mis en cause par Rothen
Forcément, Jérôme Rothen finit par pointer la responsabilité de l’entraîneur. Roberto De Zerbi, censé être l’architecte du projet marseillais, est jugé trop hésitant dans ses choix. « De Zerbi c’est le chef d’orchestre et il doit le montrer, à l’image du match de dimanche où il est totalement dépassé. » Le consultant va plus loin : « Il joue trop à Football Manager. Pour moi, c'est un pro de Football Manager. »
Jérôme Rothen critique une instabilité permanente dans les schémas et les rôles confiés aux joueurs. « Un coup la première mi-temps il va jouer comme ça sur la première demi-heure, après des joueurs vont changer de position… » Et de conclure, alarmiste : « J’ai des gros doutes sur la deuxième partie de saison et on ne se pose pas les bonnes questions. »



