Bruno Fernandes Man Utd GFX 16:9Getty/GOAL

Moqué, blessé puis ressuscité : l'incroyable saison de Bruno Fernandes (et le danger saoudien)

Quand Bruno Fernandes affrontera Fulham ce dimanche, il ne sera plus le joueur moqué d'août dernier, ni la cible des vidéos TikTok du club londonien. Il sera le danger public numéro un. Depuis le départ de Ruben Amorim et son retour au cœur du jeu, le Portugais marche sur l'eau : une passe décisive lors de chacun de ses quatre derniers matchs, et 11 contributions de but sur ses neuf dernières sorties.

Les chiffres sont implacables. Avec 10 passes décisives, il trône au sommet de la Premier League. Plus impressionnant encore : il a créé 64 occasions cette saison, soit 21 de plus que Bukayo Saka, malgré trois matchs manqués à Noël. Dans un United où le deuxième meilleur créateur (Amad Diallo) est loin derrière, Fernandes n'est pas seulement important ; il est le système vital de l'équipe. Sans lui, l'attaque des Red Devils s'éteint.

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    "Sur la corde raide" : le malaise et l'Arabie Saoudite

    Pourtant, l'avenir du capitaine est flou. L'été dernier, Al-Hilal a posé 100 millions de livres sur la table avec un salaire de 700 000 £ par semaine. Fernandes est resté par loyauté envers Amorim, mais il a senti que le club n'aurait pas été mécontent de le vendre. « J'ai l'impression d'être sur de la corde raide », a-t-il confié.

    Cette cassure émotionnelle est dangereuse. L'Arabie Saoudite n'a pas abandonné et Fernandes, à bientôt 31 ans, admet que tripler son salaire pour offrir une vie au soleil à ses enfants est tentant. Sir Jim Ratcliffe, obsédé par la réduction de la masse salariale, voit en lui une opportunité unique de récupérer une grosse indemnité de transfert (sa clause pour les clubs non-anglais serait de 57 M£). C'est la dernière chance de "cash out" sur le joueur.

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    Carrick, la clé du renouveau

    Si Fernandes reste, ce sera grâce à Michael Carrick. Contrairement à Amorim, l'entraîneur intérimaire a compris que Bruno doit jouer haut, libre, là où il peut "crocheter les serrures". Leur relation, née sous l'ère Solskjaer, est forte. Carrick sait que son capitaine est le seul capable de transformer les courses de Matheus Cunha ou Bryan Mbeumo en buts.

    « Bruno a été fantastique, je n'ai que du bien à dire de lui », assure Carrick. Le coach doit maintenant convaincre son meneur de jeu que le projet sportif à Old Trafford vaut mieux qu'une pré-retraite dorée dans le Golfe, en lui garantissant un retour en Ligue des Champions et une équipe compétitive.

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    Irremplaçable, tout simplement

    Vendre Bruno Fernandes serait une erreur de calcul massive. Le remplacer par un joueur de calibre équivalent (comme Cole Palmer) coûterait plus de 100 millions, sans garantie d'adaptation. Fernandes connaît la maison, porte le brassard et livre ses meilleures années maintenant.

    United va déjà devoir reconstruire son milieu défensif avec les départs de Casemiro et probablement Ugarte. Ajouter le chantier du meneur de jeu serait suicidaire. Offrir un nouveau contrat amélioré au Portugais coûterait cher, mais beaucoup moins que de perdre l'âme créative de l'équipe. Dans le football moderne, les statistiques de Bruno valent de l'or, et United serait fou de les brader pour équilibrer un bilan comptable.

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