Le PSG a gagné sur le terrain face au Paris FC, mais l’après-match a rapidement éclipsé le score. En cause, une séquence tendue en tribunes et un entraîneur parisien excédé par ce qu’il considère comme une injustice répétée.
AFP
AFPUne victoire éclipsée par la tension en tribunes
Dimanche soir, le Paris Saint-Germain a bouclé la 17ᵉ journée de Ligue 1 par un succès face au Paris FC (2-1). Un derby particulier, attendu, mais qui a basculé dans une autre dimension durant le temps additionnel. À deux reprises, l’arbitre de la rencontre, M. Bastien, a interrompu le jeu pour demander l’intervention du speaker. Des chants jugés discriminatoires résonnaient dans les tribunes, visant les Marseillais, traités de « rats », à quelques jours seulement du Trophée des champions entre le PSG et l’OM, prévu jeudi 8 janvier à 19 heures au Koweït.
Le message diffusé dans l’enceinte se voulait clair et dissuasif. « Le match pourrait être arrêté voire perdu pour notre club », a prévenu l’animateur du stade, tandis que les écrans rappelaient : « Une seule voix, zéro discrimination! Les chants discriminatoires sont inacceptables au Parc ».
AFPLuis Enrique dénonce un traitement à part
Au coup de sifflet final, Luis Enrique n’a pas caché son irritation. Face aux caméras de Ligue1+, le technicien espagnol a ciblé non pas ses joueurs, mais la gestion de l’événement. « Non, je n'étais pas énervé de mon équipe mais par la situation qui est, pour moi, très particulière », a-t-il expliqué, d’abord en français, avant de basculer en espagnol.
Sa critique repose sur un constat simple selon lui. « Dans tous les stades, ils nous traitent de tous les noms, mais ils n'arrêtent que nos matchs au Parc. On va à Lyon, à Nantes, à Marseille, et on accepte toutes les ambiances. Ils n'entendent que des chants négatifs au Parc. Je suis fatigué », a-t-il ajouté.
La traduction à peine terminée, l’entraîneur parisien a insisté, déterminé à lever toute ambiguïté. « Je suis en colère parce qu'ils n'arrêtent que nos matchs. Nous allons dans tous les stades comme visiteurs et dans tous les stades il y a des chants contre nos joueurs, notre club, contre notre président et contre tout et ils n'arrêtent jamais les matchs. Ils ne l'arrêtent qu'à Paris et c'est ce que je critique », a poursuivi l’Asturien.
AFPUne sortie ciblant la LFP en filigrane
Sans la nommer frontalement, Luis Enrique a pointé la Ligue de football professionnel et ses instances. Pour lui, la gestion des chants et des sanctions manque de cohérence. Le PSG, selon ses mots, se retrouve exposé à des décisions plus sévères que celles observées ailleurs. Une frustration accumulée au fil des déplacements et désormais exprimée publiquement.
AFPLe sportif relégué au second plan
En conférence de presse, le coach parisien a ensuite changé de registre. Il a préféré analyser la rencontre et la dynamique collective. « Le bilan est clair, ça a été un match difficile comme nous l'attendions. Mais je pense qu'on a fait une première mi-temps avec beaucoup d'occasions. On a créé des occasions pour marquer plus de buts. Mais à la deuxième mi-temps, normalement, il n'y a pas beaucoup de problèmes. C'est important de retrouver l'année 2026 avec cette victoire », a-t-il déclaré.
Un discours plus apaisé, loin de la colère affichée quelques minutes plus tôt, mais qui n’efface pas le malaise.
À l’approche du rendez-vous face à l’Olympique de Marseille, cet épisode rappelle la sensibilité extrême autour des chants en Ligue 1. Au Parc des Princes, le PSG avance désormais avec la menace permanente d’une interruption, pendant que son entraîneur réclame une équité qu’il juge absente.