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L’OL endetté jusqu’au cou, un club de Régional 1 lui vient au secours !

Sur le papier, l’affiche devait faire rêver tout un village. Un club de Régional face à l’Olympique Lyonnais, symbole d’une Coupe de France ouverte et imprévisible. Mais à peine le tirage digéré, la réalité a rattrapé l’émotion. Sécurité, coûts, calendrier, télévision : tous les obstacles se sont dressés d’un coup. Et au centre de ce chaos, Saint-Cyr/Collonges se retrouve à lutter autant contre les contraintes que contre l’adversaire.

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    La magie vite rattrapée par les réalités économiques

    La magie a très vite laissé place à l’urgence. Après le tirage au sort des trente-deuxièmes de finale, la Fédération Française de Football a exigé que les accords soient conclus dans des délais très courts. Pour les petits clubs, cette pression ne laisse aucune marge. Sécurité renforcée, exigences nouvelles, frais en hausse, le poids de l’organisation ne cesse de grossir. Les inversions de terrain se multiplient pour absorber ces coûts. Et bien souvent, le club amateur se retrouve à supporter des contraintes qui dépassent largement le cadre sportif.

    Saint-Cyr/Collonges découvre ces réalités sans transition, avec un adversaire prestigieux mais un environnement administratif qui bascule dans une autre dimension. Les sourires du tirage laissent vite place aux calculs, aux devis, aux impératifs et aux délais impossibles à tenir sans appui. Les bénévoles s’épuisent, les responsabilités s’accumulent, et la perspective d’un simple match de Coupe devient un véritable parcours d’obstacles pour une structure qui agit d’abord par passion et non par calcul.

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    Diffuseur, calendrier, et un bras de fer inattendu

    Le dossier se complique davantage avec l’entrée en scène du diffuseur. Dans ce dossier, beIN Sports doit composer avec ses propres contraintes de programmation. Tous les acteurs s’accordent d’abord sur une inversion de terrain afin d’accueillir la rencontre au Groupama Stadium. Mais un match de l’équipe féminine bloque le samedi.

    La chaîne bascule alors la rencontre au dimanche. Le vendredi surgit un instant dans les discussions, avant de disparaître à cause d’un impératif réglementaire autour du Racing Club de Lens. La tension monte. Chacun défend ses contraintes. Le temps manque. Les options fondent. Et plus l’échéance approche, plus le malaise s’installe entre une petite structure et de puissants acteurs du football professionnel. La programmation télévisée impose son rythme, sans tenir compte de la fragilité logistique d’un club amateur qui découvre soudain la rigidité d’un système bâti pour l’élite. Les jours passent, l’angoisse grimpe, les solutions s’épuisent une à une.

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    beIN Sports se défend publiquement

    Le débat quitte alors les couloirs pour gagner la place publique. Face aux critiques, Florian Houzot, directeur des programmes et de la rédaction de beIN Sports, sort du silence. Dans les colonnes de Le Progrès, il balaie toute accusation de veto et recadre la polémique.

    « Jamais la FFF ne me dit de mettre tel match à 21 h, nous avons notre liberté, par rapport à des critères de mise en avant de la compétition et de clubs rassembleurs, ou d’affiches typiques de cette Coupe de France. Mais dire que beIN Sport a mis son veto pour ne pas que l’OL affronte St-Cyr/Collonges le vendredi soir est faux ! Ce n’est pas de notre volonté, c’est trop facile de dire que beIN est le méchant de l’histoire. Par rapport à une contrainte ’’d’exerçabilité’’ justement. Le RC Lens reprendra la L1 le vendredi 2 janvier 2026, et ne pouvait donc être placé que le vendredi 19 décembre pour son 32e de finale de Coupe de France. Sinon, ce club n’aurait pas eu le même nombre de jours de vacances que les autres et ça aurait été injuste. Ce choix n’est pas de notre volonté », assure ainsi Florian Houzot, le directeur des programmes et de la rédaction de beIN Sports, dans les colonnes du Progrès ce jeudi.

  • Le cri d’alarme du président de Saint-Cyr/Collonges

    La situation atteint son point de rupture. L’Olympique Lyonnais refuse d’organiser la rencontre au Groupama Stadium le dimanche, en raison de coûts jugés trop lourds. Saint-Cyr/Collonges se retrouve coincé entre une décision économique et une obligation sportive. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le président du club publie un communiqué pour exposer l’impasse.

    « L’Olympique Lyonnais refuse de jouer ce match le dimanche, en raison des coûts supplémentaires qu’une telle organisation engendrerait. Nous nous retrouvons ainsi, pour le dire poliment, entre deux chaises. On nous demande de trouver un terrain de repli ce soir à 21h, alors même que nous avons jusqu’à demain 16h pour en proposer un. Et à cette heure-ci, je dois être honnête : nous sommes incapables de trouver une solution viable », a reconnu le président de Saint-Cyr/Collonges.

    Mais le message ne s’arrête pas là. Dans un second élan, Hassane Baba-Arbi lance un appel rare dans le football moderne.

    « Aujourd’hui, j’en appelle à la raison, à la solidarité et à l’esprit du football. J’en appelle à l’OL. J’en appelle à beIN Sport. J’en appelle à tous ceux qui croient encore en la magie populaire de la Coupe de France. Et pour montrer à quel point notre volonté est profonde, sincère et dénuée d’arrière-pensée, nous tenons à le dire publiquement : nous, modeste club de R1, sommes même prêts à laisser l’intégralité de la recette du match au grand Olympique Lyonnais, afin qu’il ne creuse pas davantage sa dette. Un geste qui traduit simplement notre générosité et surtout notre amour du jeu, bien au-dessus de toute considération financière », a demandé Hassane Baba-Arbi, le président du club de Régional 1, histoire de faire comprendre dans quel désarroi il se trouvait face à cette situation.

    À ce stade, personne ne sait encore où ni quand la rencontre pourra se tenir. La Coupe de France conserve sa part de magie, mais ici, elle révèle aussi la fragilité d’un équilibre entre rêve et raison. Le football populaire attend un dénouement digne de son histoire emblématique.

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