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De la légende Mané au scandale de Rabat : les gagnants et perdants de la CAN 2025

Le chaos a alors pris le dessus. Furieux, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a entraîné la quasi-totalité de ses joueurs hors du terrain après de longues minutes de contestation, avant de revenir — là encore après plusieurs minutes — sous l’impulsion de son leader offensif, Sadio Mané.

Et le scénario n’était pas encore terminé. Brahim Diaz a totalement manqué sa tentative de Panenka, facilement repoussée par Édouard Mendy, avant que le Sénégal ne finisse par l’emporter grâce à une frappe splendide de Pape Gueye en prolongation.

Cette finale n’aura sans doute pas marqué les esprits par sa qualité de jeu, mais elle restera comme une conclusion aussi chaotique qu’émotionnelle d’une nouvelle CAN hors norme. Retour sur les grands gagnants et les grands perdants d’un tournoi qui n’aura, une fois encore, laissé personne indifférent.

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    GAGNANT : Sadio Mané

    Avant l’émergence de Sadio Mané, le Sénégal n’avait jamais remporté la Coupe d’Afrique des nations. En cinq ans, les Lions de la Teranga l’ont soulevée à deux reprises. Et le principal dénominateur commun porte un nom.

    À 33 ans, Mané reste un footballeur d’élite. Il l’a encore démontré au Maroc par son impact offensif, ses buts, ses passes décisives et sa capacité permanente à déséquilibrer les défenses. Mais au-delà du joueur, c’est le leader qui marque cette CAN. Celui qui montre la voie, sur le terrain comme en dehors.

    Son attitude lors de la finale en est l’illustration parfaite. Alors que la colère sénégalaise menaçait de faire basculer le match dans l’irréparable après la décision arbitrale en fin de rencontre, c’est Mané qui a exigé le retour de ses coéquipiers sur la pelouse. Un geste fort, dans un moment où l’image du football africain était en jeu.

    Si la sortie de terrain du Sénégal a terni la fin du tournoi, la posture de Mané, elle, l’a en partie sauvée. Logiquement récompensé par le trophée de Homme du tournoi, l’attaquant a rappelé l’essentiel au moment de recevoir sa distinction : « Le monde nous regardait. On ne peut pas quitter un match pour une décision arbitrale. Ce serait la pire chose pour notre football. Je préfère perdre que de voir ça arriver. »

    Le débat n’existe plus. Par son palmarès, son influence et son sens des responsabilités, Sadio Mané a dépassé le statut de star. Il est entré dans celui des légendes vivantes du football africain.

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    PERDANT : Brahim Diaz

    Le qualifier de « perdant » paraît presque injuste. Et pourtant, dans le cadre strict de cette CAN 2025, le terme s’impose, aussi cruel soit-il. Jusqu’aux quarts de finale, Brahim Díaz avait réalisé un tournoi remarquable. À 26 ans, l’ancien prodige semblait enfin arrivé à maturité : cinq matches consécutifs avec un but, un statut de meilleur buteur et, surtout, une aisance évidente sous le maillot marocain, comme s’il avait toujours évolué à ce niveau international.

    Mais le football de sélection ne retient pas les parcours, il fige les instants. Et celui que Brahim laissera à la mémoire collective est brutal. En finale, face à une occasion unique de faire basculer l’histoire, l’attaquant du Real Madrid a tout perdu sur un seul geste. Une Panenka mal inspirée, facilement repoussée par Édouard Mendy, au pire moment possible.

    Certains défendront toujours ce type de tentative. Mais il n’existe pas de manière plus douloureuse de rater un penalty, encore moins dans une finale continentale. D’un seul tir, Brahim a effacé, au moins provisoirement, tout ce qu’il avait construit jusque-là. Daniel Amokachi l’a résumé sans détour sur la BBC : « Avec ce penalty, il a jeté tous ses moments glorieux. »

    Un jugement sévère, mais implacable. Peut-être qu’avec le temps, Brahim Díaz repensera à cette CAN avec fierté. Aujourd’hui, ce temps-là semble encore très loin.

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    PERDANT : Mohamed Salah

    Mohamed Salah l’avait reconnu dès le départ : l’Égypte n’arrivait pas à cette CAN avec un effectif taillé pour le titre. À 33 ans, le capitaine des Pharaons faisait même partie des rares joueurs du groupe évoluant en Europe, et ironisait lui-même sur son statut, plus aussi intouchable qu’auparavant en club. Cette lucidité et cette humilité ont d’ailleurs marqué tout le rassemblement, que Salah a décrit comme « le meilleur stage international » de sa carrière.

    Mais l’état d’esprit ne suffit pas toujours. Malgré cinq implications directes sur des buts au Maroc – son meilleur total personnel sur une CAN, devant 2017 et 2021 – l’ailier de Liverpool a traversé la demi-finale face au Sénégal comme une ombre. Une rencontre catastrophique pour l’Égypte, conclue par un but décisif de Sadio Mané, son éternel rival, dans un scénario cruel qui n’a fait qu’accentuer le contraste entre les deux figures.

    Salah aura encore des occasions. La CAN 2027, voire celle de 2029, restent à sa portée. Mais le problème dépasse sa personne. Cette sélection égyptienne n’est pas une équipe en devenir : aucun joueur de moins de 24 ans, un groupe vieillissant, en pleine transition. Dans ces conditions, difficile d’imaginer un contexte plus favorable que celui-ci pour enfin soulever le trophée.

    L’Égypte demeure la nation la plus titrée de l’histoire de la CAN. Et pourtant, un paradoxe se dessine : si rien ne change, la carrière internationale du plus grand joueur égyptien de tous les temps pourrait rester marquée par un immense manque.

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    GAGNANT : Tanzanie

    Arrivé sur le banc quelques semaines seulement avant le coup d’envoi de la CAN, Miguel Ángel Gamondi a signé l’un des exploits les plus marquants du tournoi. Avec une sélection classée 112e mondiale, le technicien argentin a conduit la Tanzanie en phase à élimination directe pour la première fois de son histoire.

    Battus par le Maroc en huitièmes de finale, les Taifa Stars sont sortis sans victoire mais avec une crédibilité nouvelle. Deux nuls contre l’Ouganda et la Tunisie ont suffi pour se qualifier parmi les meilleurs troisièmes, et surtout pour changer un état d’esprit. Plus que les résultats bruts, Gamondi a insisté sur l’approche collective et tactique, saluant un groupe capable de jouer, d’oser et d’assumer.

    « Le pays doit être fier », a-t-il résumé, avant d’aller plus loin encore : la Tanzanie ne veut plus se contenter d’une participation honorable. En quelques semaines, le sélectionneur a fait sauter le complexe d’infériorité, insufflant une ambition jusque-là absente à ce niveau.

    Si la fédération lui laisse le temps de travailler, cette CAN 2025 pourrait bien marquer un véritable point de bascule pour le football tanzanien.

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    PERDANT : Sami Trabelsi

    La Tunisie avait un quart de finale de CAN à portée de main. En supériorité numérique face au Mali depuis la fin de la première période, les Aigles de Carthage menaient encore 1-0… jusqu’à la sixième minute du temps additionnel. Une main de Yassine Meriah dans la surface, un penalty transformé par Lassine Sinayoko, et tout a basculé. Prolongation, tirs au but, élimination.

    Un scénario cruel, presque irréel, qui a laissé Sami Trabelsi abasourdi. Le sélectionneur n’a pas fui ses responsabilités, reconnaissant une erreur « incompréhensible » dans un match pourtant maîtrisé, et assumant pleinement l’échec. Un discours lucide, mais insuffisant pour sauver sa tête.

    La fédération tunisienne a tranché sans attendre : Trabelsi a été limogé moins de 24 heures plus tard, malgré un bilan récent flatteur, marqué notamment par une qualification pour la Coupe du monde sans encaisser le moindre but. À la CAN, le football ne pardonne rien, et encore moins ce type de dénouement.

    Pour la Tunisie, l’élimination a laissé un goût amer. Pour Trabelsi, elle a mis un terme brutal à son mandat, symbole d’un tournoi où la frontière entre réussite et échec s’est jouée sur un seul geste malheureux.

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    PERDANT : Victor Osimhen

    En voyant le Nigeria écarter sans trembler la Tunisie puis l’Algérie, une question s’est rapidement imposée : comment une sélection aussi talentueuse a-t-elle pu manquer la Coupe du monde ? La réponse est peut-être apparue lors de la demi-finale perdue face au Maroc. Plus que le niveau, c’est le tempérament qui interroge chez cette génération dorée.

    À ce titre, Victor Osimhen en est le symbole parfait. Son talent ne fait aucun doute : en Afrique comme en club, l’attaquant a encore prouvé qu’il était l’un des meilleurs avant-centres du continent. Mais son caractère, lui, continue de poser problème. Capable d’embrasser un coéquipier une minute, puis de le réprimander violemment la suivante, Osimhen incarne cette instabilité émotionnelle qui freine les Super Eagles dans les grands rendez-vous.

    Son altercation sur le terrain avec Ademola Lookman restera comme l’image marquante - et négative - du parcours nigérian. Un épisode révélateur d’un collectif qui n’a jamais totalement trouvé l’équilibre entre ego, frustration et ambition.

    C’est d’autant plus regrettable que l’histoire personnelle d’Osimhen, sa trajectoire et son abnégation forcent le respect. Mais tant que cette fougue incontrôlée prendra le pas sur la lucidité, le Nigeria continuera de passer à côté des titres que son effectif semble pourtant taillé pour conquérir.

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    GAGNANT : Amad Diallo

    La plupart des joueurs doivent quitter définitivement Manchester United pour relancer leur carrière. Amad Diallo, lui, avait simplement besoin de prendre l’air.

    Avant son départ pour la CAN, l’Ivoirien faisait déjà partie des rares satisfactions à Old Trafford, même si le contexte n’aidait personne à vraiment briller. Au Maroc, en revanche, Diallo a changé de dimension. Trois trophées d’homme du match en quatre titularisations, trois buts inscrits, soit davantage que lors de ses 16 apparitions avec son club cette saison : le contraste est saisissant.

    L’explication est pourtant simple. Avec la Côte d’Ivoire, le sélectionneur Emerse Faé l’a replacé dans son poste naturel, ailier droit, là où il peut provoquer, éliminer et faire des différences. « À United, je joue piston. Ici, je joue ailier droit », a résumé Amad, sans détour.

    Le message semble avoir été entendu à Manchester. L’intérim assuré par Michael Carrick pourrait marquer un tournant dans l’utilisation du joueur. Et ce ne serait pas seulement une bonne nouvelle pour Diallo, mais pour tout un club en quête de solutions offensives crédibles.

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    PERDANT : La Fédération Algérienne de Football

    En appelant publiquement la CAF et la FIFA à ouvrir une enquête sur l’arbitrage d’Issa Sy après l’élimination face au Nigeria en quart de finale, la FAF a surtout cherché à déplacer le débat. Car sur le terrain, la réalité était bien plus gênante : les Fennecs n’ont cadré aucune frappe, une première à la CAN depuis 11 ans.

    Le communiqué fédéral en disait long. Tout en mettant en cause « la crédibilité de l’arbitre africain », la FAF appelait aussi les supporters à soutenir le sélectionneur Vladimir Petkovic et son groupe, évoquant une équipe en « phase de reconstruction » nécessitant « cohésion, calme et accompagnement ».

    Sur le fond, le soutien au technicien, artisan du retour de l’Algérie en Coupe du monde après 12 ans d’absence, est compréhensible et légitime. En revanche, l’attaque frontale contre l’arbitrage n’avait pas lieu d’être, d’autant que Petkovic lui-même a reconnu que la meilleure équipe avait gagné ce soir-là.

    À trop vouloir détourner l’attention, la FAF a donné l’impression de fuir l’essentiel : une élimination avant tout sportive, symptôme d’un chantier encore loin d’être terminé.

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    GAGNANT : Bénin

    Le tournoi de Yohan Roche avait pourtant très mal commencé. Dès le match d’ouverture contre la RD Congo, le défenseur béninois offrait involontairement le seul but de la rencontre à Théo Bongonda. Un scénario cruel, qui aurait pu laisser des traces. Il n’en a rien été.

    Roche a parfaitement réagi. Solide lors du match suivant, il a surtout inscrit le but de la victoire face au Botswana (1-0), offrant au Bénin son tout premier succès dans l’histoire de la CAN et, surtout, une qualification historique pour les huitièmes de finale.

    « C’est une immense fierté, a-t-il confié. On connaissait les attentes du peuple, et ce but est d’autant plus fort pour moi après les difficultés du premier match. »

    Éliminés en huitièmes après avoir poussé l’Égypte en prolongation, les Guépards ont confirmé les progrès spectaculaires réalisés ces trois dernières années sous la direction de leur sélectionneur, Gernot Rohr.

    « Ce que je retiens, c’est l’attitude, la solidarité et l’esprit de combat de mes joueurs, a souligné le technicien allemand. C’est un signal très positif pour l’avenir du Bénin. »

    Plus qu’un simple exploit ponctuel, cette CAN marque sans doute un tournant durable pour une sélection en pleine affirmation.

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    PERDANT : Le gouvernement gabonais

    L’élimination du Gabon à la CAN a été sportive­ment ratée, mais la réaction politique qui a suivi l’a été tout autant. Attendus a minima en huitièmes de finale, les Panthères ont terminé dernières de leur groupe, battues par le Cameroun, la Côte d’Ivoire et même le Mozambique. Un échec net, mais classique. La suite, en revanche, ne l’a pas été.

    Après la défaite 3-2 contre la Côte d’Ivoire, synonyme d’élimination, le ministre des Sports de l’époque, Simplice-Désiré Mamboula, est apparu à la télévision pour annoncer une série de sanctions spectaculaires : dissolution du staff, suspension de la sélection nationale, et mise à l’écart de cadres, dont Pierre-Emerick Aubameyang, pour ce qu’il a qualifié de « performance honteuse ».

    Un remaniement gouvernemental plus tard, la suspension a été levée, moins de deux semaines après. Trop tard pour le sélectionneur Thierry Mouyouma et son staff, définitivement évincés. Son successeur au ministère, Paul Ulrich Kessany, a d’ailleurs parlé d’une urgence absolue pour nommer un nouveau sélectionneur, les qualifications pour la prochaine CAN débutant dans un peu plus de deux mois.

    Reste un point majeur : la FIFA observe de très près. Toute nouvelle ingérence politique pourrait entraîner une sanction bien plus lourde, avec une suspension internationale complète. À vouloir répondre à l’échec sportif par la démonstration d’autorité, l’État gabonais a surtout fragilisé son football.

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    GAGNANT : Chiquinho Conde

    Pendant quinze ans, Chiquinho Conde a porté le maillot du Mozambique sans jamais connaître autre chose que la frustration à la CAN. « On perdait tout le temps. C’était décourageant », confiait-il récemment à CAFOnline. Même constat lors de la CAN 2023, conclue sans la moindre victoire comme sélectionneur.

    Cette édition 2025 a tout changé. Les Mambas ont enfin décroché leur toute première victoire en phase finale, en faisant tomber le Gabon au terme d’un match fou, avant de valider une qualification historique pour les huitièmes de finale grâce à un succès 3-2 à Agadir. Une première absolue pour le pays.

    Conde y voit l’aboutissement d’un travail de fond. Changement de mentalité, cadre strict, principes non négociables. « Nous avons créé un modèle adapté à nos joueurs. Il a fallu du temps pour y croire, mais ils ont fini par adhérer », explique-t-il. Discipline, structure et exigence ont servi de socle à une génération qui a enfin brisé le plafond de verre.

    Battue logiquement par le Nigeria en phase à élimination directe, la sélection mozambicaine n’a pas terni son parcours. Au contraire. « Ces joueurs sont désormais des références. Ils ont pris leur place dans l’histoire du pays », a résumé Conde.

    Pour le Mozambique, longtemps condamné aux figurations anonymes, cette CAN marque un tournant. Et pour Chiquinho Conde, c’est une revanche personnelle autant qu’un accomplissement national.

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    PERDANT : Le rêve brisé du Maroc à la CAN

    Tout semblait aligné pour le Maroc. Une seule CAN remportée, en 1976. Un parcours historique jusqu’à la quatrième place au Mondial 2022. Et surtout, un tournoi disputé à domicile, sans la moindre défaite officielle sur son sol depuis 17 ans. Cette CAN 2025 devait être celle de la consécration.

    « C’est une grande responsabilité, mais nous l’assumons avec fierté », avait expliqué le sélectionneur Walid Regragui au coup d’envoi. Il parlait d’union sacrée avec le public, de pression positive, de maturité collective. Le discours était juste. L’exécution, beaucoup moins.

    Dès les matches à élimination directe, les Lions de l’Atlas ont avancé avec retenue, parfois avec crainte. En demi-finale, il a fallu une séance de tirs au but pour écarter un Nigeria accrocheur. En finale, le Maroc n’a jamais vraiment joué libéré. Et lorsque Brahim Diaz a manqué l’occasion de faire basculer l’histoire, une forme de fatalité s’est installée.

    La défaite en prolongation a été cruelle, presque logique. Plus que le score, c’est la sensation d’un rendez-vous manqué qui domine. Le Maroc reste une grande nation du football africain, capable de viser les sommets sur la scène mondiale. Mais cette finale perdue à Rabat laissera une cicatrice profonde.

    Cinquante ans après 1976, jamais l’attente n’avait été aussi lourde. Et jamais la désillusion n’avait été aussi douloureuse.

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    PERDANT : Pape Thiaw

    On peut comprendre pourquoi Pape Thiaw a perdu ses nerfs, l’espace de quelques minutes, à Rabat. Moins de trois minutes après avoir vu le but victorieux de son équipe refusé dans des conditions très contestables, le Sénégal concédait un penalty tout aussi discutable. Le choc émotionnel était violent.

    Mais comprendre n’est pas excuser. Rien ne justifiait que le sélectionneur du Sénégal entraîne ses joueurs hors du terrain, direction le vestiaire, en pleine finale. Ce geste a provoqué un chaos total, sur la pelouse comme dans les tribunes, et a plongé le match – puis le tournoi – dans une séquence surréaliste.

    L’ironie est d’autant plus cruelle que Thiaw avait lui-même pointé, la veille, des manquements supposés à la sécurité côté marocain. « Mes joueurs auraient pu être en danger », avait-il déclaré, évoquant des tensions à l’hôtel. Un discours difficilement conciliable avec une sortie de terrain aussi spectaculaire et incontrôlée.

    Lucide a posteriori, le sélectionneur sénégalais a reconnu son erreur après la finale, au micro de beIN Sports, non sans s’être accroché avec son homologue Walid Regragui : « Je m’excuse auprès du football. Avec le recul, j’ai demandé aux joueurs de revenir. On peut réagir à chaud. Nous acceptons les erreurs de l’arbitre. Nous n’aurions pas dû faire ça. »

    Reste désormais une inconnue majeure : ces excuses suffiront-elles à éviter une lourde sanction de la CAF ? Car si l’arbitrage restera au cœur des débats, c’est bien le comportement du staff sénégalais qui a jeté une ombre durable sur cette CAN 2025, en donnant l’image d’un football africain dépassé par ses propres excès.

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