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Algérie : La sortie fracassante d’Islam Slimani sur les binationaux

La voix d’un homme qui a tout vécu avec les Fennecs résonne différemment. Dans le podcast Kampo, la légende de 2014 raconte son parcours, pointe du doigt des jeunes qui grandissent loin d’Alger et rejette l’idée qu’on puisse parler de simple « choix » pour enfiler le maillot vert.

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    Une appartenance qui ne se négocie pas

    Mercredi soir, Islam Slimani prend place devant les micros de Kampo. Le buteur de 37 ans, toujours affamé malgré l’exil à Westerlo, parle. Il décrit son quotidien, la sélection, l’amour du drapeau. Puis la question brûlante des binationaux surgit. Le visage se durcit, la voix monte et les premiers éclats fusent.

    « Tu as choisi d'être Algérien? Tu es qui pour choisir? », lâche‑t‑il, d’entrée. L’ancien de l’OL enchaîne sans reprendre son souffle : « Tu as choisi d'être Algérien? Tu as choisi d'être Français ou d'être Anglais? Non. On ne choisit pas l'Algérie! Si tu es né en France, tu as vécu en France et tu as fait toute ta carrière en France... mais joue pour la France, pourquoi tu joues pour l'Algérie? » Pour Slimani, la nationalité sportive coule dans les veines, elle ne provient pas d’une décision stratégique prise devant un agent ou un recruteur. Voilà qui est clair.

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    Cherki, Akliouche et le miroir des indécis

    Le vétéran n’en reste pas là. Il propose une réforme expéditive : « Pour moi, il faut mettre une règle. On t'appelle une fois, tu viens. Si tu refuses, tu n'es plus sélectionné. Pourquoi? Tu vas nous ramener quoi? C'est le groupe qui ramène », tonne‑t‑il. Il martèle que le blason représente un plaisir, un honneur, une fierté, pas un lot de consolation offert à ceux que d’autres fédérations boudent.

    Sans citer de noms, son discours traverse forcément les cas Rayan Cherki et Maghnes Akliouche, courtisés par la France autant que par l’Algérie (le premier a récemment opté pour les Bleus). Slimani voit dans ces tergiversations une source de tension. « Quand j'entends "choix", j'ai envie de pleurer. Tu ne choisis pas tes parents? Ça me met mal que tu me dises: 'Jai choisi'. Tu es qui pour choisir? Tu choisis un pays comme ça? Tu viens en vacances. Il n'y a pas de soucis, tu viens en vacances parce que c'est ton pays, c'est le pays de tes parents. Mais tu viens jouer au foot? Jamais de la vie! », confie‑t‑il. À ses yeux, seul un cœur qui bat déjà pour les Verts peut endosser la tunique. Rien.

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    Un message pour la nouvelle génération

    Loin d’un coup de sang, la tirade sonne comme un rappel à l’ordre. Oran, Alger, Blida, les tribunes écouteront. Les futurs talents, eux, devront trancher tôt. L’ancien avant-centre du Sporting CP promet de surveiller leurs actes plus que leurs paroles. Le débat tourne, l’écho reste. Slimani vient de poser une ligne rouge nette, et personne ne peut l’ignorer.