Le Vélodrome retient son souffle, mais le bruit des couteaux tirés en coulisses est assourdissant. Entre le départ de Roberto De Zerbi, la démission avortée de Medhi Benatia finalement conforté avec des pouvoirs élargis, et la mise à l'écart d'un Pablo Longoria qui se sent "trahi", l'Olympique de Marseille ressemble à un champ de ruines institutionnel. Un "Game of Thrones" comme l'a résumé Samir Nasri, où la guerre de pouvoir a pris le pas sur le sportif. Au milieu de ce chaos, les joueurs, hagards, cherchent un cap.
Mission commando sous le soleil espagnol
La direction, ou ce qu'il en reste, a tranché. Pour tenter d'éteindre l'incendie et de préserver ce qu'il reste à jouer, une décision radicale a été prise. Selon les informations de Foot Mercato, l'équipe va quitter le climat anxiogène de Marseille pour un stage de plusieurs jours à Marbella, dans le sud de l'Espagne. Une mission commando pour "resserrer les liens" et tenter de créer une bulle de sérénité, loin de la guerre des chefs qui fait rage à la Commanderie.
Ce n'est pas la première fois que l'OM a recours à cette méthode. La saison passée, Roberto De Zerbi, alors coach, avait importé ce concept du "ritiro", cette tradition italienne de mise au vert prolongée pour souder un groupe avant le sprint final. L'ironie est cruelle : l'homme qui a importé l'idée n'est plus là, mais la méthode, elle, survit. Preuve que le besoin de s'isoler pour travailler est plus que jamais une nécessité dans ce club en ébullition permanente.
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Sauver une saison qui n'est pas encore perdue
Car si le club semble s'autodétruire en interne, sur le terrain, tout n'est pas encore perdu. Loin de là. L'OM est toujours quatrième de Ligue 1, en course pour une qualification en Ligue des Champions, et surtout, il a une occasion en or de remporter un trophée avec une Coupe de France plus ouverte que jamais depuis l'élimination du PSG. Ce stage a donc un objectif clair : faire comprendre aux joueurs qu'une saison peut encore être sauvée, à condition de faire abstraction du chaos institutionnel.
Cet exil volontaire est un pari. Celui de recréer une union sacrée au sein d'un vestiaire qui ne sait plus à qui se vouer. C'est peut-être la dernière cartouche d'une direction en pleine recomposition pour éviter que le navire ne sombre corps et âme. La réponse, comme toujours, viendra du terrain. Mais pour une fois, elle se préparera loin du tumulte marseillais.


