Les chiffres sautent aux yeux. Ils sont même de nature à faire peur, lorsqu'on connaît les standards de l'animal : au cœur de l'automne, Cristiano Ronaldo n'a inscrit qu'un petit but en championnat avec son club, Manchester United. C'était à Goodison Park, face à Everton, dimanche dernier (victoire 2-1). Et ce n'est pas un but anodin. Parce qu'il lui permet d'atteindre la barre symbolique des 700 buts en club, comme pour faire oublier que le quintuple Ballon d'Or ne pointe qu'à 2 petites réalisations en 10 apparitions. Il faut remonter à la première moitié de la décennie 2000, lorsque l'ado Cristiano n'était pas encore CR7, pour trouver trace d'un bilan statistique aussi famélique.
Après une saison honorable à 24 pions toutes compétitions confondues, Cristiano Ronaldo peut-il redevenir l'insatiable machine à buts qu'il a toujours été ? Le Portugais parviendra-t-il à boucler la hiérarchie offensive ?
Ten Hag, les discours et les actes
L'âge et la palette technique plus restreinte de Cristiano Ronaldo ne suffisent pas à expliquer son exercice délicat. Après un été marqué par des velléités de départ et son absence lors de la tournée de pré-saison, l'attaquant de Manchester United n'a jamais vraiment retrouvé ses sensations. On l'a aperçu boudeur, puis rassembleur. Sur le banc, souvent. Comme s'il s'était fait une raison. Car s'il n'est pas exempt de tout reproche, Ronaldo doit aussi se conformer à la doctrine d'Erik ten Hag.
getty imagesDepuis son arrivée dans le Nord de l'Angleterre, l'ancien entraîneur de l'Ajax tient un double discours avec sa star. Il y a la forme. Les mots doux. Devant la presse, Ten Hag n'hésite jamais à caresser son fauve dans le sens du poil. Dernier exemple en date cette semaine après son premier but en PL. « Je veux soutenir Cristiano Ronaldo du mieux possible. Nous avons certaines exigences et attentes lorsque les joueurs sont sur le terrain. Ce que je fais avec Ronaldo, c'est ce que je fais avec les autres joueurs, je veux en tirer le meilleur. Il est en meilleure forme maintenant et j'en suis très heureux. Il peut apporter davantage à l'équipe, et je suis sûr qu'il le fera. Au début, ce n'était pas le cas, il a prouvé que personne ne peut manquer une pré-saison, car c'est très difficile de suivre le rythme après ça. »
La Ligue Europa, autre terrain de jeu pour se consoler
Une étrange communication poussée à son paroxysme après la déroute de United dans le derby contre City (3-6), où Ronaldo n'était même pas entré en jeu. « Je ne l'ai pas fait entrer (Cristiano Ronaldo) par respect pour sa grande carrière », avait alors lâché son manager.
Derrière ces formules tirées par les cheveux, il y a le fond, aussi. Ronaldo est désormais un joueur de bout de chaîne qui n'entre plus dans le puzzle de son entraîneur. En lui préférant Anthony Martial, Marcus Rashford, Jadon Sancho ou le nouveau venu Antony, le Néerlandais mise sur un cocktail mariant jeunesse, vitesse, percussion et grosse activité sans ballon. Un vrai parti pris.
Reste à savoir si Cristiano Ronaldo peut rebattre les cartes dans les mois à venir, dans une campagne très spéciale où la Coupe du Monde pèsera dans les têtes. Le calendrier peut être un allié parce que la Ligue Europa lui offrira un autre terrain de jeu, à l'image d'un Olivier Giroud à Chelsea durant l'ère Lampard. Histoire d'entrevoir un nouvel horizon en forçant le respect, justement. Un terme qu'Erik Ten Hag emploie un peu trop souvent lorsqu'il évoque, au passé, la carrière de sa star...


