Des membres du « Roazhon Celtic Kop », le principal groupe de supporters rennais, ont été reçus ce dimanche matin au centre d’entraînement de La Piverdière, comme l’a révélé Ouest-France. En présence de Nicolas Holveck, Jacques Delanoë, Julien Stéphan, Florian Maurice, du capitaine Damien Da Silva et Benjamin Bourigeaud, ils ont exprimé leur inquiétude suite aux récentes performances de l’équipe. Ils ont aussi demandé des réponses après que Julien Stéphan a évoqué le maintien au sortir de la défaite samedi contre Lens (0-2). Ce à quoi le coach rennais a rétorqué qu’il souhaitait, par ce discours, mettre davantage l’accent sur l’attitude de son groupe que sur l’ambition sportive.
Il faut dire que le Stade Rennais ne cesse de décevoir. Face aux Sang & Or, les Bretons ont concédé leur huitième défaite sur les douze derniers matches. Empêtrés dans une crise hivernale qu’ils n’avaient pas anticipé, les Bretons, 9e de Ligue 1 désormais, n’arrivent pas à retrouver ce qui faisait leur force à la fin de l’été. À savoir le jeu, le don de soi et l’esprit collectif. "Aujourd’hui on est dans le dur et on n’arrive pas à sortir la tête de l’eau parce qu’on ne fait pas les efforts ensemble", déplorait, dépité, Benjamin Bourigeaud. "Si on continue comme ça, on va encore chuter. Jusqu’où, on ne sait pas. Mais si on ne se sort pas les doigts du c..., on n’arrivera à rien du tout."
Quels leviers pour Stéphan ?
En première ligne, Julien Stéphan doit trouver les solutions nécessaires pour relancer la machine, lui qui a poussé pour que le Stade Rennais ressemble à ce qu’il est aujourd’hui : sans l’ancien président Olivier Létang, avec Florian Maurice en directeur technique, et un effectif composé de joueurs qu’on ne lui a pas imposé cette fois-ci.
Conforté par l’actionnaire, et soutenu par Nicolas Holveck, le coach peine cependant à trouver la bonne formule. Comme l’an dernier à la même période, il se retrouve en panne de résultats. Sa colère était telle samedi soir qu’il a fait le choix d’effectuer quatre changements à la mi-temps, décidant des entrées en jeu de Faitout Maouassa, Eduardo Camavinga, M’Baye Niang et Jérémy Doku. Dans le brouhaha d’un soir de défaite, il a été dit que Gerzino Nyamsi était sorti blessé. Ce n'est pas le cas. Le défenseur, qui retrouve la compétition depuis quatre matches, après neuf mois sans jouer, avait les jambes lourdes. Le coach a préféré le sortir, ne sentant pas son joueur à 100% pour continuer.
Aparté terminée, Stéphan assure qu’il a encore des leviers à activer pour remettre son équipe en selle. Un nouveau changement de système sera peut-être envisagé alors que le 4-4-2 losange, notamment, a été travaillé à l’entraînement. Un changement d’hommes reste possible, même s’ils sont déjà nombreux à avoir eu leur chance. Les jeunes comme Yann Gboho, par exemple, pourraient avoir une nouvelle carte à jouer. M’Baye Niang, lui, n’a pas encore retrouvé sa place, mais il revient naturellement dans la rotation avec la blessure de Serhou Guirassy. Quant aux retours de Nayef Aguerd et Martin Terrier, ils ne seront pas de trop non plus.
Getty ImagesPas encore de réunion de crise
Le discours du coach va lui aussi changer, Julien Stéphan souhaitant s’assurer d’une prise de conscience générale. Le ton adopté par l’entraîneur rennais était déjà différent samedi soir devant la presse, il devrait l’être également face au groupe dans les prochains jours. Pour le moment, aucune réunion « exceptionnelle » n’a toutefois été ajoutée au planning des joueurs pour se dire les choses entre quatre yeux. Holveck n’a pas non plus convoqué Stéphan pour lui rappeler les objectifs.
Il n’empêche que la pression pèse lourd actuellement car les points se font rares, et l’élimination prématurée de toutes compétitions européennes n’a pas plu à tout le monde dans les coursives de « La Piv ». Un déclic est attendu alors que se profile un match presque anecdotique contre Séville mardi, avant un déplacement important à Nice le week-end suivant, chez un adversaire en difficulté et qui vient de changer d'entraîneur. Il est venu le temps de réagir pour ne pas sombrer dans la grisaille de l’hiver.




