Nantes-Saint-Etienne - Hommage à Emiliano Sala : récit d'une soirée riche en émotions

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Le FC Nantes et ses supporters ont rendu un vibrant hommage à Emiliano Sala. Une soirée durant laquelle il a été difficile de retenir ses larmes.

Les 28 748 spectateurs présents mercredi à La Beaujoire se rappelleront certainement longtemps de ce match. Un soir de janvier où l'ombre d'Emiliano Sala a plané avant, pendant, et après la rencontre face à Saint-Etienne (1-1). Une communion grandiose à la gloire d'un seul homme, disparu depuis dix jours alors qu'il prenait la direction de Cardiff à bord d'un petit avion de tourisme dont des débris ont vraisemblablement été trouvés sur une plage du Cotentin.

Les souvenirs sont là, intacts. Et l'émotion immense. "Ce soir, ça risque d'être un grand moment", avait ainsi prévenu Yoann, jeune supporter du club pour Goal en milieu de journée. Mais les hommages ont dépassé l'imaginaire. Et les larmes ont coulé, à l'image de Vahid Halilhodzic qui a vascillé lorsque Rémy Cabella a mis le ballon en touche à la 9e minute, offrant la possibilité à tout le stade de scander le nom de son chouchou, et de l'applaudir chaudement pendant une minute complète.

La larme à l'œil encore après le match, Halilhodzic reconnaissait sans gêne ce moment de faiblesse. "Je ne cache pas que cette situation m'a terriblement touché. C'est un garçon que j'apprécie beaucoup, et je ne le cache pas... C'est comme ça", disait-il, le ton fébrile. Dans les tribunes, Yacine Bammou, qui avait fait le déplacement de Caen, n'en menait pas large non plus. Quoi de plus normal vu la tournure prise par les événements avant même que le match ne commence.

Dès 20 heures, la mise en place du portrait de l'attaquant argentin dans le rond central a déclenché les premiers applaudissements des supporters présents dans l'enceinte. Les joueurs sont arrivés sur la pelouse à 20h20 avec un chant des supporters en l'honneur de Sala. Tous étaient vêtus d'un t-shirt avec le visage de l'attaquant.

"C'est un Argentin, qui ne lâche rien"

Avant le match et juste après l'hymne du FC Nantes, de longue minutes d'applaudissements ont retenti des tribunes. Les spectateurs ont pu visionner des actions du buteur sur les écrans du stade. S'en est suivi un chant à la gloire d'Emiliano Sala, et ce jusqu'au coup d'envoi - retardé à 21h06 après de longues minutes de recueillement. Comme si le temps s'était arrêté, et que l'Argentin, en chef d'orchestre, donnait le tempo d'une chorale conquise par sa rythmique.

Emiliano Sala La Beaujoire

"C'est un Argentin, qui ne lâche rien. Emiliano Sala, Emiliano Sala, Emiliano Sala." Voilà ce que n'ont cessé de répéter les supporters nantais. Toute la rencontre, et même à la mi-temps, La Brigade Loire a donné de la voix. "Ils ont été fantastiques, comme toujours, mais encore plus ce (mercredi) soir. Ils n'ont pas arrêté de chanter. On doit leur tirer notre chapeau", confiait Valentin Rongier après la rencontre, "fier" de la prestation de l'équipe malgré le match nul au coup de sifflet final.

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Il a fallu se battre, et faire preuve de générosité ensemble pour revenir au score. Chose faite grâce à Majeed Waris qui, après un bon travail de Kalifa Coulibaly, a trompé Stéphane Ruffier avant de montrer symboliquement le visage de Sala sur son t-shirt. Abdoulaye Touré, lui, s'était chargé d'exulter devant La Brigade Loire. La même tribune qui a fait se déplacer le portrait d'Emiliano Sala de droite à gauche en fin de match. Comme pour lui donner l'opportunité de se promener à nouveau dans l'enceinte des Canaris.

Dernier tour d'honneur pour 'Emi'. Sous haute escorte, avec ses anciens coéquipiers, et tout un stade unis dans la même douleur. Celle d'avoir perdu un membre de la famille FC Nantes. Instant émouvant et si spécial à la fois. Un soir où le résultat semblait secondaire à plus d'un titre.

Benjamin Quarez, envoyé spécial à Nantes.

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