La sélection allemande n'est plus cette équipe habituée à jouer les grands titres. Au fil des dernières années, elle s'est transformée en une sélection en quête de son identité et de son prestige perdus.
Depuis son sacre historique à la Coupe du monde 2014, la « Mannschaft » traverse l'une de ses périodes les plus difficiles, marquée par des échecs à répétition dans les grandes compétitions. L'élimination précoce au stade des trente-deuxièmes de finale de la Coupe du monde 2026 en constitue le dernier chapitre.
Le Championnat d'Europe des nations n'a pas été plus clément avec la sélection allemande : après avoir atteint la finale en 2008 et les demi-finales à deux reprises, l'équipe a nettement reculé, quittant la compétition dès les huitièmes de finale lors de l'édition 2020, puis en quarts de finale de l'Euro 2024, avant que les résultats décevants ne se poursuivent sur la scène mondiale.
Dans une tentative de rendre à la sélection sa place naturelle parmi les grands d'Europe et du monde, la Fédération allemande de football a confié la direction technique à Jürgen Klopp, l'un des entraîneurs les plus en vue de l'ère moderne, dans l'espoir qu'il mène un nouveau projet ramenant la « Mannschaft » sur les podiums.
Mais la route ne sera pas facile. Cinq dossiers majeurs attendent Klopp, qu'il devra traiter rapidement s'il veut bâtir une sélection capable de rivaliser au Championnat d'Europe des nations 2028, puis à la Coupe du monde 2030.
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Régler le dossier du poste de gardien
La première priorité de Jürgen Klopp consiste à dissiper le flou qui entoure le poste de gardien de but.
Manuel Neuer a atteint l'âge de quarante ans et n'est plus l'option idéale pour garder les cages de la sélection comme il l'était auparavant. Malgré cela, le Bayern Munich comme la sélection allemande ont continué à s'appuyer sur lui, faute d'un remplaçant capable de s'imposer.
Les chiffres témoignent d'un net recul du niveau du gardien chevronné au cours des dernières années, ce qui est naturel compte tenu de son âge avançant, et rend la recherche d'un successeur permanent une nécessité qui ne souffre aucun report.
Les options disponibles ne semblent pas nombreuses : Marc-André ter Stegen reste un grand nom, mais il aura trente-huit ans au moment de la Coupe du monde 2030, tandis qu'Oliver Baumann prend lui aussi de l'âge, et qu'Alexander Nübel n'est pas parvenu à convaincre tout le monde.
En revanche, Jonas Urbig, âgé de 22 ans, s'impose comme l'un des talents montants les plus prometteurs du Bayern Munich, et Moritz Nicolas (28 ans) s'est fait une place après une saison remarquable avec le Borussia Mönchengladbach.
Klopp devra prendre une décision claire concernant l'avenir de ce poste, car il constitue la pierre angulaire de tout projet réussi.
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Tirer le meilleur de Wirtz et Musiala
Les deux meilleurs talents offensifs de l'Allemagne n'ont pas pu exprimer tout leur potentiel avec la sélection au cours de la période passée. Florian Wirtz a souffert d'une première saison difficile, ce qui s'est répercuté sur son niveau international, puisqu'il s'est contenté de délivrer trois passes décisives lors de la Coupe du monde sans inscrire le moindre but.
Quant à Jamal Musiala, il n'a pas retrouvé tout son éclat depuis son retour de la grave blessure — une fracture à la jambe — dont il a été victime lors de la Coupe du monde des clubs il y a plus d'un an, et s'est contenté de marquer un seul but durant le Mondial 2026, lors de la large victoire face à Curaçao sur le score de 7-1.
Les deux joueurs sont âgés de 23 ans, ce qui signifie que les quatre prochaines années représenteront le sommet de leur carrière. Klopp doit donc bâtir l'intégralité de son projet offensif autour d'eux et trouver la meilleure manière d'en extraire le meilleur avant d'atteindre la Coupe du monde 2030.
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Trouver un attaquant capable de décider des matchs
Comme au poste de gardien, celui d'avant-centre est resté un véritable casse-tête pour la sélection allemande au cours des dernières années.
Bien que Julian Nagelsmann ait donné sa chance à plusieurs attaquants, tels que Nick Woltemade, Jonathan Burkardt et Niclas Füllkrug, aucun d'entre eux n'est parvenu à s'imposer ni à prouver qu'il méritait de mener la ligne d'attaque sur le long terme.
Kai Havertz demeure une option envisageable, mais il a beaucoup souffert d'irrégularité dans la dernière touche, aussi bien avec son club qu'avec la sélection, sans compter que son poste naturel n'est pas celui d'avant-centre pur.
Trouver un attaquant capable de marquer avec constance sera l'un des défis les plus importants pour Klopp, car la sélection allemande a manqué ces dernières années de l'attaquant décisif qui fait la différence dans les grands matchs.
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Réactiver les viviers de talents du Bayern et de Dortmund
Le Bayern Munich et le Borussia Dortmund ont toujours constitué la colonne vertébrale de la sélection allemande, la « Mannschaft » s'étant appuyée tout au long de son histoire sur les talents issus de ces deux clubs.
Mais le tableau a changé lors de la Coupe du monde 2026, la liste ne comptant plus que 10 joueurs de ces deux clubs, soit six du Bayern et quatre de Dortmund, dont près de la moitié avait dépassé la trentaine.
Les options à long terme semblent limitées : Nico Schlotterbeck, Aleksandar Pavlović, Jamal Musiala, Lennart Karl et Felix Nmecha s'imposent comme les noms les plus prometteurs parmi les jeunes, aux côtés de Jonathan Tah et Joshua Kimmich s'ils maintiennent leur niveau, et de Karim Adeyemi s'il retrouve son meilleur niveau.
Il est naturel que la sélection profite des talents disséminés dans les différents clubs européens, mais le succès de l'Allemagne a toujours, historiquement, été lié à l'existence d'une base solide de joueurs nationaux issus du Bayern et de Dortmund, ce qui doit redevenir le cas si Klopp veut bâtir une sélection capable de rivaliser pendant de longues années.
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Reconstruire la relation avec les supporters et les médias
La mission de Jürgen Klopp ne se limitera pas aux seuls aspects techniques : il sera également appelé à restaurer la confiance entre la sélection et les supporters allemands, ainsi qu'avec les médias.
La confiance de la rue allemande envers la fédération et la sélection a reculé ces dernières années, en raison des échecs répétés dans les grandes compétitions, en particulier la Coupe du monde.
Naturellement, les victoires restent le moyen le plus rapide de regagner la confiance, mais la forte personnalité de Klopp et sa capacité à communiquer avec les supporters pourraient lui donner un avantage pour changer l'atmosphère autour de la sélection.
Et si les médias allemands sont réputés pour leurs critiques acerbes, ils n'hésitent pas non plus à soutenir entraîneurs et joueurs lorsqu'ils obtiennent des succès, ce qui fait de l'établissement d'une relation positive avec la presse un facteur important pour apaiser les pressions et créer un environnement stable, propre à aider la sélection à retrouver sa place parmi les grands du continent européen.


