Interview - Parfait Mandanda (Charleroi) : "C’est comme si tu recevais une grosse baffe dans la gueule"

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Exclusif - Le gardien de 29 ans s’est confié à Goal sur sa situation délicate au sein du club belge, avec son envie de rebondir au mercato hivernal.

Goal : Parfait, depuis quatre mois vous êtes mis de côté à Charleroi, comment vivez-vous cela ?

Parfait Mandanda : C’est assez compliqué. Après huit saisons ici, se retrouver comme ça, c’est particulier surtout qu’il s’agit d’une première dans ma carrière. C’est difficile à vivre. Tu te dis que tout ce que tu as accompli n’a pas servi à grand chose. C’est le football. Je ne vais pas lâcher pour récupérer ma place ou aller voir ailleurs.

Au début de saison vous avez disputé trois rencontres avant d’être envoyé en tribunes…

L’explication que j’ai du club, c’est que Nico (Penneteau) a eu une grosse blessure au dos donc il y a eu le recrutement d’un nouveau gardien avec Rémy Riou. Il a commencé à jouer et le titulaire a reprise sa place ensuite. C’est ce qui a causé ma mise à l’écart. Je sais comment le club marche, j’ai tenté de discuter pour faire avancer les choses mais bon, dès que j’ai vu les événements s‘enchaîner, j’ai su que ça allait être compliqué.


"J’ai trois frères, tous sont professionnels et connaissent ce genre de situation. Ils m’encouragent"


Désormais, envisagez-vous de partir alors que le mercato hivernal ouvre prochainement ses portes ?

L’option est présente dans ma tête, bien sûr. Quand tu vis une situation comme ça, tu te dis 'wow'. C’est comme si tu recevais une grosse baffe dans la gueule. Le petit côté positif, c’est que ça te remet en question par rapport à certaines choses, que tu ne referais pas peut-être. J’ai trois frères, tous les trois sont professionnels et connaissent ce genre de situation. Ils m’encouragent.

Regrettez-vous d’avoir prolongé jusqu’en 2022 l’an dernier ?

Non je ne regrette jamais le passé personnellement. Il faut toujours penser au présent et eu futur. Je n’ai aucun remord sinon tu doutes souvent et ton quotidien est perturbé.

Avez-vous reçu des marques de soutien à Charleroi dans cette période délicate ?

Oui bien sûr. Le coach des gardiens m’encourage tous les jours, il a toujours cru en moi. Les supporters sont aussi derrière moi. C’est touchant, je les remercie.

Par ailleurs, le football belge a été secoué par plusieurs scandales récemment. Comment avez-vous perçu cela ?

Ces événements ont choqué beaucoup de personnes dans le football belge et de manière plus globale. On ne s’y attendait pas. C’était autre chose que du sport.

Comme vous, votre frère Steve Mandanda traverse des moments délicats à l’OM. Comment vit-il cela ?

Je ne pense pas que ce soit la période la plus compliquée de sa carrière à l’OM. Il en a vécu des plus dures. En mai dernier il atteint tout de même la finale de l’Europa League mais là, sur cette fin d’année, c’est pas simple pour son équipe. Tout n’est pas encore acquis cependant, il reste la phase retour pour se relancer, il ne faut pas l’oublier.

Parfait Mandanda Steve Mandanda brothers

On imagine que son titre de champion du monde a été un grand moment.

Lui-même, il n’en revenait pas. C’est aussi le cas pour nous. Moi, la seule fois où j’ai été champion du monde, c’était sur la Playstation (rires). C’est comme un rêve pour lui, actuellement, il ne réalise toujours pas. Avoir ce statut de champion du monde, ça lui fait tout drôle. Il a marqué l’histoire de la France en rajoutant une étoile sur le blason.

Est-ce une source de motivation pour vous ?

C’est une grosse fierté mais au niveau de la motivation, nous faisons le plus beau métier du monde. C’est suffisant pour se lever chaque matin et aller à l’entraînement.

Le dernier de la fratrie, Over Mandanda, commence à pointer le bout de son nez à Bordeaux. Quel jugement portez-vous sur lui et son avenir ?

Il a de très bonnes qualités. Par rapport à nous, au même âge, je pense qu’il est en avance. À Bordeaux, il est actuellement troisième gardien derrière Benoît Costil et Gaëtan Poussin. Il ne doit rien lâcher pour prouver qu’il à sa place dans un club de Ligue 1. Il a trois grand frères devant lui qui ont différentes expériences professionnelles.

C’est tout de même étonnant d’avoir trois frères professionnels et qui évoluent au même poste… Comment le ressentez-vous ?

C’es étonnant oui. On est sans doute les seuls sur Terre dans ce cas. Certains ont juste un frère, un oncle, un père mais nous c’est autre chose. Pour moi, c’est une épaule en plus que les autres n’ont pas. Si demain je ne vais pas bien, j’ai trois frères qui seront là pour moi. C’est un plus. Je remercie Dieu pour ça.


"Ce serait une fierté de participer à la Coupe d'Afrique des Nations avec le Congo"


Vis-à-vis de la sélection congolaise, où en êtes-vous ?

Par rapport à l’équipe nationale, ma dernière sélection remonte en 2015 mais l’an dernier j’ai reçu une convocation. Étant blessé, je n’ai pas pu m’y rendre. Cependant je suis toujours derrière eux. Si le coach Florent Ibenge fait appel, bien sûr je viendrai avec grand plaisir. La CAN est désormais en juin, ce qui cause moins de soucis d’organisation aux clubs. Ce serait une fierté d’y participer avec le Congo.

Un mot sur Yannick Bolasie qui reste une référence pour cette équipe malgré des pépins physiques…

C’est un joueur qui travaille énormément. C’est celui qui fait le plus parler au Congo. Par rapport à la blessure qu’il a eu à Everton, cela a été compliqué de revenir. Son départ à Aston Villa lui a redonné une confiance nécessaire. Techniquement, au niveau des dribbles, il est clairement au-dessus de la moyenne.

Propos recueillis par Adrien Mathieu.

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