Tenantes du titre et grandes favorites de la 8e édition de la Coupe du monde, les Américaines doivent pourtant faire avec un contexte délicat. Les joueuses de Jill Ellis sont en guerre ouverte avec leur fédération (USSF), au point même d’entamer des poursuites judiciaires et de porter plainte pour "discrimination sexiste généralisée". En cause les inégalités salariales avec l’équipe masculine, bien moins titrée et référencée. Les sommes en jeu sont assez conséquentes puisque les 28 joueuses impliquées dans l’affaire réclament plusieurs millions de dollars, par rapport à des arriérés de salaire, des primes plus faibles et une considération moins importante.
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Alex Morgan : "Nous méritons d’être payées à part égale pour notre travail"
Alex Morgan, passée par l’Olympique lyonnais et l’une des joueuses vedettes de cette équipe, a publié un communiqué en mars dernier pour exprimer sa volonté de faire bouger les lignes. "Chacune de nous est extrêmement fière de porter le maillot des États-Unis et nous prenons également au sérieux la responsabilité qui en découle. Nous pensons que lutter pour l'égalité des sexes dans le sport fait partie de cette responsabilité. En tant que joueuses, nous méritons d’être payées à part égale pour notre travail, quel que soit notre sexe."

Les premières tensions sont apparues en 2016 avec la montée au créneau de cinq joueuses, dont Megan Rapinoe, icône du football américain et qui ne laisse passer aucun combat sociétal. Déjà opposée frontalement à l’administration Trump, l’actuelle capitaine de la sélection de la bannière étoilée ne lâche rien dans ce domaine. "Les femmes sont toujours à la pointe de ce genre de choses, l’inégalité raciale ou les inégalités salariales, peut-être parce que nous devons toujours nous battre pour quelque chose et que nous comprenons vraiment à quoi ressemble la discrimination entre les sexes", expliquait-elle au Guardian en janvier dernier.
La Fédération américaine assure de son côté qu’elle est dans son bon droit, rappelant ainsi que les deux sélections "fonctionnent selon des conventions collectives indépendantes l'une de l’autre. Leurs budgets tiennent compte des revenus engendrés par les équipes, et ce sans que le facteur du genre n’entre en compte." Il faut alors se pencher sur la question financière pour vérifier si l’argument déployé par les dirigeant du ballon rond américain est justifié. Le Wall Street Journal apporte l’information tant désirée : depuis 2015 et leur troisième succès mondial, Alex Morgan et ses coéquipières ont généré 50,8 millions de dollars, soit pratiquement un de plus que les hommes (49,9 millions de dollars).
Une médiation ouverte
Pour ne pas en arriver au procès, l'United States Soccer Federation a initié une médiation avec les joueuses concernées pour régler l’ensemble de ces questions et des ces litiges. D’après le Wall Street Journal toujours, les avocats des internationales américaines impliquées dans l’affaire ont pris l’initiative eux aussi d’ouvrir le dialogue. En attendant d’éclaircir les intentions des deux parties, les joueuses de Jill Ellis ont un titre à conserver en France, pour démontrer s’il en était encore besoin qu’elles méritent une meilleure considération de l’autre côté de l’Atlantique.


