Adrien Truffert RennesGetty

ENTRETIEN - Adrien Truffert : "Un kiné m'a montré la liste, je ne m'y attendais pas"

C'est la voix calme, posée, que le jeune Adrien Truffert (18 ans) a décroché son téléphone. Arrivé lundi à Clairefontaine, le latéral gauche du Stade Rennais a fait la rencontre de ses partenaires, du staff et du sélectionneur Sylvain Ripoll. Il a pris quelques minutes après le déjeuner pour répondre à nos questions, lui qui va vivre son premier rassemblement avec l'équipe de France Espoirs après des débuts remarqués en Ligue 1, et ses premiers pas en Ligue des champions.

Comment avez-vous appris cette sélection ? Vous attendiez-vous à être appelé ?

Adrien Truffert : J'attendais pour faire le test COVID à Rennes, à la Piverdière, et c'est Julien Lamblin, un kiné [physiothérapeute], qui m'a montré la liste. Il est aussi dans le staff de l'équipe de France Espoirs, du coup on se retrouve ensemble à Clairefontaine. Je ne m'y attendais pas et j'étais forcément très content.

Dans quel état d'esprit abordez-vous ce rassemblement ?

J'arrive comme "nouveau" avec l'ambition que l'équipe de France Espoirs se qualifie pour l'Euro. Ça reste l'objectif, même si à titre personnel je veux bien sûr montrer mes qualités et prouver que je peux faire partie de ce groupe.

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La blessure de Rayan Aït-Nouri peut-elle vous ouvrir des portes pour les deux matches à venir (Liechtenstein, Suisse) ?

Je l'espère. Avec Rayan, on se connaît un petit peu des sélections. Son absence peut m'ouvrir des portes, mais c'est le coach qui décidera si je dois jouer ou non.

Les JO dans un an, l'Euro aussi... Maintenant que vous êtes en Espoirs, ce sont des objectifs ?

Maintenant que j'y suis, c'est sûr que ce sont des objectifs. Mais aujourd'hui, je veux surtout montrer ce que je sais faire avant de voir plus haut.

"Mes débuts contre Monaco ? Un jour incroyable qui restera gravé"

Êtes-vous satisfait de vos débuts en professionnel avec Rennes ?

Pour l'instant oui je suis plutôt satisfait. Après, je suis encore jeune et j'ai beaucoup de progrès à faire. 

Le 19 septembre, vous avez vécu un souvenir intense lorsque Julien Stéphan vous lance contre Monaco et que vous offrez la victoire avec l'émotion d'un premier but en Ligue 1.

C'est un jour qui restera gravé. C'était incroyable. Je ne pouvais pas imaginer de meilleurs débuts en Ligue 1. J'étais tellement content après le match. En plus ma performance donne la victoire, donc c'était assez extraordinaire. Il y avait encore 5 000 supporters à ce moment-là au Roazhon Park. J'ai pu sentir l'émotion de les voir se lever au moment de mon but. C'est quelque chose que je n'avais pas encore connu et que je n'oublierai pas.

PS Adrien Truffert

Parmi les grands moments de votre jeune carrière, il y a aussi les premiers pas en Ligue des champions.

Oui, forcément. La Ligue des champions est l'une voire la plus grande compétition du monde. Là encore, c'était difficile d'imaginer vivre cela à 18 ans. C'est le rêve de tellement de footballeurs...

Il y a des frissons quand on entend l'hymne ?

Ah oui c'est clair, il y a des frissons. Je pense qu'il y en a encore plus quand on est titulaire, mais il y en a déjà beaucoup vu du banc.

Ce week-end, c'était plus difficile face au PSG. Ce match que vous avez joué de bout en bout vous laisse-t-il des regrets ?

Bien sûr. Perdre 3-0 à Paris, ça laisse des regrets. En plus, on venait de perdre 3-0 contre Chelsea. On doit faire mieux. Maintenant, ce sont des choses qui arrivent. Pour un joueur comme moi, ça fait partie de l'apprentissage. C'est sur ce genre de match que je dois continuer à apprendre et progresser. 

Sur quoi pensez-vous avoir déjà progressé ces derniers mois ?

Dans la tête, techniquement, physiquement... Ce n'est pas le même football que celui que j'ai connu en jeune. Le jeu va beaucoup plus vite. J'ai gagné en volume, mais ça ça vient en enchaînant les matches et les entraînements. Petit à petit, j'évolue.

"Pour le temps de jeu, on verra la suite. Je prends ce qu'on me donne"

Adrien Truffert RennesGetty

Aujourd'hui, on vous connaît comme latéral gauche, pourtant Jean-Luc Vannuchi vous faisait jouer quasi-systématiquement ailier en sélection. Cette polyvalence est-elle un atout ?

Disons que c'est plus facile de jouer quand on peut le faire à plusieurs postes. C'est mon cas, donc oui je pense que c'est un atout même si je me sens plus à l'aise au poste de latéral gauche. Je suis capable de jouer excentré, mais je préfère partir de plus loin et avoir le jeu devant moi.

Votre temps de jeu en club pourrait pâtir du retour de blessure de Faitout Maouassa après la trêve. Cela vous fait-il cogiter ?

Honnêtement non. Je continue de progresser, de prendre ce qu'on me donne et pour ce qui est du temps de jeu on verra la suite. On ne peut pas prédire l'avenir.

Le Stade Rennais n'a gagné qu'un seul de ses sept derniers matches. Doit-on être inquiet ?

Pas du tout. On joue tous les trois jours. Ce n'est pas une excuse, mais on apprend beaucoup de nos derniers matches. Il n'y a pas du tout d'inquiétude au sein du groupe, on sait qu'on va relever la tête.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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