Ballon d'Or algérien : Baghdad Bounedjah enfin prophète en son pays (3/5)

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Impressionnant d'efficacité sous la tunique d'Al Sadd (D1 qatarie), Baghdad Bounedjah est aussi devenu en 2018 l'atout offensif numéro 1 des Verts.

Un attaquant est inévitablement jugé sur le nombre de buts qu'il marque. Et à ce jeu-là, il y en a peu qui peuvent se targuer d'être aussi performants que Baghdad Bounedjah. Cet avant-centre algérien de 27 ans a même été le buteur le plus efficace au monde sur l'année 2018. Au regard de cet immense accomplissement, ne pas le nommer pour le titre du Ballon d'Or algérien aurait été une hérésie. L'ex-sociétaire de l'USM El-Harrach fait bien partie des candidats et s'impose même comme le grand favori pour ce prix du groupe Le Buteur-El Heddaf.

Voici les principales raisons pour lesquelles il devrait être désigné et succéder ainsi à Faouzi Ghoulam au palmarès.


Parce que ses statistiques sont époustouflantes 


58 ! C'est le nombre de réalisations que Bounedjah a empilé tout au long de la précédente année civile. Même l'illustre Lionel Messi n'a pas fait aussi bien (50 buts). Les mauvaises langues ne manqueront pas de relever que la nature de l'opposition auquel le joueur algérien a été confronté dans son club qatari d'Al Sadd n'est absolument pas comparable avec celles qu'on rencontre en Europe. L'objection est recevable. Toutefois, il convient aussi de se souvenir que des goleadors comme Gabriel Batistuta, Sonny Anderson, Ali Daei ou encore Raul, tous passés par le petit Etat de Golfe, n'ont jamais affiché des ratios aussi ébouriffants que celui de Bounedjah. Et aucun d'eux n'avait signé un septuplé dans un seul match. De plus, le natif d'Oran ne s'est pas contenté de martyriser les défenses du championnat qatari. Il a été tout autant prolifique en Ligue des Champions asiatique (13 buts en 12 rencontres).


Parce qu'il a su conquérir sa place en sélection et passer (enfin) devant Slimani 


La première fois que Bounedjah a porté le maillot de son pays c'était en 2014. C'était il y a quatre ans. Mais, ce n'est qu'en 2018 qu'il a su définitivement gagner sa place de numéro un en attaque. Avec l'arrivée à la tête des Fennecs d'un technicien qui le connait très bien, en la personne de Djamel Belmadi, le canonnier d'Al-Sadd a pu enfin disposer de suffisamment de temps de jeu pour prouver sa valeur. Et c'est ce qu'il a fait avec beaucoup de conviction. En sept rencontres disputées (hors celles jouées avec la sélection A'), il a trouvé le chemin des filets adverses à cinq reprises. C'était assez pour écarter définitivement toute concurrence à son poste, dont celle d'Islam Slimani. Ce dernier ayant été indéboulonnable à ce poste pendant presque six ans. Bounedjah a encore beaucoup du chemin à parcourir pour espérer effacer le record de buts en sélection d'Abdelhafid Tasfaout (34). Cela étant, vu comment il est lancé et le contexte favorable dont il jouit désormais quand il porte la tunique de son pays, on ne peut qu'être optimiste le concernant.


Parce qu'il a réussi à progresser en choisissant une voie atypique 


Le parcours type d'un joueur algérien aux qualités au-dessus de la moyenne c'est de faire ses preuves dans la D1 locale, passer éventuellement par un club d'envergure en Afrique, atterrir ensuite dans un club moyen en Europe et exploser si possible dans une écurie de standing important. Bounedjah n'a pas connu la moitié de ces étapes. De plus, dans son pays, il n'a joué que pour la modeste formation de l'USM El-Harrach. Malgré ça, et après avoir dû notamment combattre les préjugés qui accompagnent habituellement les joueurs qui choisissent le Golfe persique comme destination, il a su progresser et franchir plusieurs paliers. Aujourd'hui, il n'y a presque plus personne pour contester le fait qu'il est de la race des grands buteurs. Sa rentabilité se suffit à elle-même pour évaluer son ascension.


Le bémol : Il refuse de sortir de sa zone de confort 


Le 28 décembre dernier, Baghdad Bounedjah a prolongé de trois ans son contrat avec Al-Sadd. Il devrait donc y rester jusqu'à l'âge de trente ans. Un choix respectable mais qui suscite inévitablement des interrogations, voire des critiques. Pourquoi n'ose-t-il pas le pari de l'Europe ? Il n'était pourtant pas à court de sollicitations, avec des offres émanant de France (Lille, Marseille ?) et d'Angleterre (Leeds). La stabilité, ça a du bon, à fortiori quand tout tourne bien. Néanmoins, cette posture peut aussi s'apparenter à un manque d'ambition sportive. Le Top 5 européen reste l'idéal pour non seulement se tester, mais aussi avancer, devenir plus complet et aussi meilleur footballeur.

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