Qu'ont en commun Brighton & Hove Albion et la chaîne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken ? Tous deux gardent depuis toujours un grand secret : une recette que tout le monde, et surtout la concurrence, aimerait bien connaître. Chez KFC, il s'agit du fameux mélange d'épices et d'herbes qui rendrait les morceaux de poulet frits si exceptionnellement savoureux pour les clients. Chez Brighton, l'ingrédient, qui n'est plus tout à fait aussi secret mais d'autant plus convoité, s'appelle Jamestown Analytics.
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Un transfert phare cet été ? Said El Mala a un exemple édifiant sous les yeux
Cette société d'analyse de données est une filiale de Starlizard, l'entreprise de Tony Bloom, propriétaire de Brighton. Grâce à elle, ses clubs sélectionnent joueurs et entraîneurs sur la base de paramètres statistiques. Outre Brighton, l'Union Saint-Gilloise (Belgique), le Heart of Midlothian (Écosse) et le Melbourne Victory (Australie), entre autres, bénéficient également de données de recrutement sur les joueurs.
Bloom détient des parts non négligeables dans tous ces clubs, qui ont tous connu des succès historiques, tant à long terme qu’à court terme. Brighton est passé de la 3e division à la Coupe d’Europe à une vitesse fulgurante, Saint-Gilloise a remporté la saison dernière son premier titre de champion depuis 90 ans, et les Hearts pourraient suivre le mouvement et devenir champions d’Écosse pour la première fois depuis 86 ans.
Grâce au travail de cette entreprise, Brighton s'est particulièrement distingué ces dernières années en tant que pionnier du recrutement de joueurs basé sur les données. Le club a ainsi recruté des joueurs à des coûts modiques par rapport aux standards de la Premier League, puis les a revendus avec un bénéfice colossal. Vous voulez des exemples marquants ?
Getty ImagesSaid El Mala et ses illustres prédécesseurs, dont Deniz Undav : un accord verbal avec Brighton ?
Deniz Undav. D'après les analyses de Jamestown Analytics, l'actuel international allemand, qui fait aujourd'hui l'objet d'un vif débat à l'approche de la Coupe du monde, a autrefois quitté le SV Meppen, club de troisième division, pour rejoindre la Saint-Gilloise. Il a ensuite rejoint Brighton, le deuxième club de Bloom, puis le VfB Stuttgart.
En janvier 2019, un certain Alexis Mac Allister a rejoint Brighton pour la modique somme de huit millions d'euros. Il a été soigneusement formé en Argentine chez les Argentinos Juniors et les Boca Juniors avant de briller pendant près de trois ans et demi à Brighton, puis de rejoindre finalement le FC Liverpool en 2023, en tant que champion du monde, pour 42 millions d'euros.
En août 2021, Brighton a frappé un grand coup au FC Getafe en recrutant pour 18 millions d’euros un arrière latéral qui avait échoué au FC Barcelone. Un an plus tard, Marc Cucurella a rejoint le FC Chelsea pour un montant nettement supérieur au triple de cette somme (65 millions d’euros). Moises Caicedo a suivi le même parcours : Brighton l'a recruté en Colombie en 2021 pour près de 30 millions d'euros, l'a prêté au Beerschot en Belgique, puis l'a vendu aux Blues un an et demi plus tard pour la somme incroyable de 116 millions d'euros.
Ce sont au moins ces quatre exemples récents qui ont dû impressionner Said El Mala. Le détour par Brighton ne peut en réalité qu’être bénéfique pour sa carrière et sa valeur marchande. C’est pour ainsi dire le plan de carrière idéal pour un jeune Allemand de 19 ans, lorsque le passage vers un club de très haut niveau semble encore trop ambitieux après une solide première saison en Bundesliga avec le 1. FC Cologne et que le moment de devoir percer définitivement n’est pas encore pressant.
El Mala ne manque certainement plus d’offres et d’intérêt de la part de ces grands clubs depuis longtemps. Mais le grand favori dans la course à l’attaquant très talentueux n’est ni Arsenal, ni Chelsea, ni le FC Bayern, ni le BVB, ni l’Inter Milan, ni le Paris Saint-Germain. Ce sont les Seagulls, avec lesquels la famille El Mala aurait même déjà conclu un accord verbal. Il s'agit désormais de négocier avec le FC Cologne les modalités du transfert, qui semblent être devenues assez compliquées. Comme le rapporte Sport Bild, les Cologneois ont fait grimper leurs exigences à 50 millions d'euros, et on peut se demander si Brighton acceptera. La limite devrait en réalité s'arrêter à 35 millions d'euros.
Brighton avait déjà proposé 20 millions d'euros l'été dernier, alors qu'El Mala n'avait pas encore disputé une seule minute en Bundesliga. Un transfert hivernal pour la coquette somme de 30 millions d'euros aurait également été refusé par Cologne.
Getty ImagesSaid El Mala, Kwasniok et Nagelsmann : une étoile montante devient un sujet politique
Avec son apport offensif dès sa première saison, El Mala est trop important pour les joueurs de Cologne dans leur lutte pour le maintien. Même s'il est souvent entré en jeu en tant que joker sous les ordres de l'entraîneur Lukas Kwasniok, désormais limogé, El Mala est de loin le joueur offensif le plus important de Cologne avec dix buts et quatre passes décisives en 27 matches de Bundesliga. C'est aussi pour cette raison que sa situation est devenue de plus en plus controversée au fil de la saison. Tant pour Kwasniok que pour le sélectionneur national Julian Nagelsmann.
Ce dernier a en effet suivi les explications de Kwasniok quant à la raison pour laquelle El Mala devait sans cesse rester sur le banc, et a renoncé à le sélectionner une deuxième fois dans l'équipe nationale allemande pour les matchs internationaux décisifs de mars, en vue d'une participation à la Coupe du monde. Selon Nagelsmann, le joueur de 19 ans serait encore trop négligent en défense. Cela l'amènerait à ne jouer qu’à « 50 % » à Cologne, ce qui serait « trop peu ».
Mais comme Nagelsmann a parallèlement donné sa chance à Lennart Karl, qui a disputé un nombre de minutes similaire au FC Bayern, les déclarations du sélectionneur national ont été largement remises en question. Malgré cette exclusion, El Mala a brillé mardi dans l'attaque de l'équipe d'Allemagne U21 et a largement contribué à la victoire contre la Grèce lors de la « finale » des qualifications pour le Championnat d'Europe qui se tiendra l'année prochaine en Albanie et en Serbie. El Mala a inscrit son premier but pour les juniors de la DFB entraînés par Antonio Di Salvo et a même fondu en larmes après son 1-0.
Après coup, il a évoqué « le moment le plus émouvant de ma vie ». Mais pas à cause de ce but crucial. Vendredi, peu après la victoire 3-0 en qualification contre l’Irlande du Nord, El Mala avait appris le décès de sa grand-mère. Il a néanmoins fait le déplacement en Grèce avec la délégation de la DFB et y est devenu le héros du match. Il a également adressé ses sincères remerciements à ses coéquipiers, qui l’ont soutenu « dans cette période difficile » : « Sans vous, tout cela n’aurait pas été possible. Vous m’avez aidé à mieux gérer la douleur et à aller de l’avant. »
Il s'est toutefois abstenu de tout remerciement après le licenciement de Kwasniok avant la trêve internationale. Peu après que le 1. FC Cologne eut rendu l'information publique, El Mala a posté, quelques minutes plus tard, une photo de célébration avec son partenaire en attaque, Ragnar Ache. Controversé ? Sans aucun doute. Une coïncidence ? C'est possible, mais compte tenu des antécédents, cela semble peu probable.
Getty ImagesFabian Hürzeler renverse la situation à Brighton : le « moment le plus difficile » de sa carrière va-t-il être suivi d'une nouvelle étape importante ?
Il est également peu probable qu'El Mala publie des messages de joie si Brighton venait à se séparer de son entraîneur dans les semaines ou les mois à venir. En effet, si Fabian Hürzeler est considéré en coulisses comme le principal artisan du recrutement d'El Mala, son maintien chez les Seagulls serait, selon les rumeurs, loin d'être acquis. Et ce n'est pas parce que le club voudrait le mettre à la porte, mais parce que d'autres clubs plus importants l'auraient désormais dans leur ligne de mire. Mais reprenons depuis le début.
À Brighton, à la fin de l'année dernière et au début de cette année, Hürzeler a traversé la plus grande crise de sa jeune carrière d'entraîneur. Aucune victoire en championnat en décembre, une seule en janvier. Début février, ses propres supporters se moquaient de lui. « You're getting sacked in the morning », chantaient-ils après la défaite à domicile contre Crystal Palace. Hürzeler a parlé du « moment le plus difficile » de sa carrière.
Depuis, le vent a tourné. Brighton a remporté quatre de ses cinq derniers matchs de championnat, dont une victoire 2-1 contre Liverpool. Seule une courte défaite 0-1 contre le leader du championnat, Arsenal, est venue ternir ce bilan. L'écart avec les places européennes n'est plus que de cinq points. Hürzeler a réussi à inverser la tendance, mais pour cela, il a mis de côté, du moins à court terme, l'un des objectifs du club : la promotion des jeunes talents et la création de valeur marchande.
En période de crise, les vétérans James Milner, Pascal Groß et Danny Welbeck ont pris les rênes de l'équipe, tandis que les jeunes tels que Yankuba Minteh (21 ans) ou Georginio Rutter (23 ans) ont d'abord dû se contenter du banc. Mais cela ne doit plus durer : « Ils joueront un rôle important dans la dernière partie de la saison », a annoncé Hürzeler avant le sprint final et après la tempête qui vient de s’apaiser.
Cela illustre bien le difficile grand écart qu’il doit réaliser à Brighton. D’un côté, il doit, sur le plan sportif, déclarer la guerre à l’establishment de la ligue, à savoir Arsenal, Chelsea, Manchester City, Liverpool et Manchester United. De l’autre, les jeunes talents prometteurs doivent bénéficier de beaucoup de temps de jeu afin de générer des revenus.
Le fait que l'Allemand ait parfaitement maîtrisé ce grand écart lors de sa première saison (8e place) et qu'il ait désormais surmonté une première crise majeure aurait, selon certaines sources, suscité des convoitises. Selon Sky, Hürzeler figurerait « assez haut » sur la liste des candidats de Manchester City, si Pep Guardiola venait réellement à tirer sa révérence cet été. Selon The Athletic, il serait également candidat chez le Bayer Leverkusen, à Newcastle United et à Tottenham.
Du moins sur le plan contractuel, la situation est claire : le contrat de l’entraîneur de 33 ans court encore jusqu’en 2027, ce qui signifie qu’il faudrait au moins débourser une indemnité de transfert considérable, sur laquelle Brighton insisterait. La seule question est de savoir ce que veut Hürzeler. Et cela a une influence directe sur l’avenir d’El Mala.
Getty Images SportSaid El Mala et Brajan Gruda : un exemple édifiant qui n'en est pas vraiment un
Il semble exclu que le jeune homme de 19 ans signe à Brighton si Hürzeler ne reste pas. C'est peut-être aussi pour cette raison que les choses sont au point mort. Le risque semble actuellement trop grand pour El Mala de signer un contrat à long terme avec un club où son plus grand défenseur, outre Jamestown Analytics, ne travaillera peut-être plus très longtemps.
Mais si Hürzeler résistait aux avances d’autres clubs et prolongeait même son contrat à Brighton, le transfert d’El Mala serait alors sans doute dans la poche. Cela ne garantit toutefois pas que le plan de carrière parfait, avec ce détour par Brighton, fonctionne immédiatement. El Mala pourrait ici prendre Brajan Gruda comme exemple édifiant, qu’il a désormais sous les yeux au sein de l’équipe nationale U21 et en Bundesliga.
Le joueur de 21 ans avait lui aussi attiré l’attention de Brighton grâce à Hürzeler et Jamestown Analytics, après être devenu, tout comme El Mala, une étoile montante de la Bundesliga lors de sa première (et unique) saison professionnelle avec Mayence 05. Après seulement 30 matchs de Bundesliga, quatre buts et trois passes décisives, le club de Premier League a fait de Gruda le transfert record de la Rhénanie-Palatinat peu après l’arrivée de Hürzeler.
Les Seagulls avaient alors déboursé 31,5 millions d’euros, devançant même le FC Bayern, qui s’intéressait également à Gruda. Le joueur l’a d’ailleurs confirmé lui-même récemment, sans détours. Cet investissement n’a pas encore vraiment porté ses fruits. À Brighton, Gruda a constamment oscillé entre le onze de départ et le banc des remplaçants, et a dû faire face à de nombreuses petites blessures.
«Nous sommes assez satisfaits de son évolution, mais il n’est pas encore là où nous voulons qu’il soit », avait déclaré Hürzeler en décembre dernier. Quelques semaines plus tard, le chapitre Premier League s’est refermé, du moins pour l’instant, pour Gruda. Il a été prêté au RB Leipzig, où il a depuis enregistré en seulement huit matchs presque autant de participations à des buts (5) qu’en 20 matchs pour Brighton cette saison (6).
Le magazine « kicker » a récemment rapporté que le club saxon chercherait à entamer des discussions avec le club de Premier League afin de négocier un transfert définitif. Il n’y a pas d’option d’achat. Brighton peut donc espérer réaliser un bénéfice sur le transfert de Gruda, même s’il n’a pas souvent brillé jusqu’à présent, du moins en Angleterre.
À cet égard, l'exemple édifiant de Gruda pour El Mala pourrait même constituer une nouvelle confirmation de son plan de carrière. Car il est prouvé que de nombreuses voies mènent au succès depuis Brighton. Ceux qui y sont repérés pourraient valoir plusieurs fois plus dans quelques années. Grâce à cet ingrédient secret.
Said El Mala : performances et statistiques
Club Matchs Buts Passes décisives 1.FC Cologne 29 10 4 FC Viktoria Cologne 45 14 6 FC Viktoria Cologne 19 11 6
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