Le coup de gueule d'Ousmane Dembélé au micro de Ligue 1+ n'est pas passé inaperçu, et il a visiblement agacé son entraîneur. Interrogé quelques minutes plus tard sur les propos de son attaquant, qui pointait l'individualisme de l'équipe, Luis Enrique a choisi de répondre en espagnol, signe d'une volonté de ne laisser aucune place à l'interprétation. Pour le technicien asturien, les déclarations à chaud "ne valent rien" car elles sont dictées par la frustration. Une fin de non-recevoir cinglante pour son joueur vedette, dont il a balayé l'analyse d'un revers de main, refusant de "jouer à ce jeu-là".
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AFPUn rappel à l'ordre autoritaire
Derrière ce refus de commenter, Luis Enrique a surtout tenu à marquer son territoire. "Le responsable de l'équipe, c'est moi", a-t-il martelé, avant d'ajouter qu'il ne permettrait jamais à un joueur de se penser "au-dessus du club". En creux, l'entraîneur reproche à Dembélé de s'être érigé en juge de la performance collective, un rôle qui incombe exclusivement au staff. Cette sortie médiatique est perçue comme une entorse à la protection du groupe, une ligne rouge pour l'Espagnol qui déteste voir le linge sale lavé en public.
AFPDivergence totale sur l'analyse du match
Le désaccord n'est pas seulement sur la forme, il est aussi sur le fond. Là où Dembélé a vu des problèmes d'égoïsme et d'attitude, Luis Enrique a vu un manque de réussite. S'appuyant sur les "expected goals" (proches de quatre selon lui), le coach estime que son équipe a créé du jeu mais a simplement péché dans la finition. Cette lecture statistique, diamétralement opposée au ressenti émotionnel de son joueur, montre un fossé dans la perception de cette défaite. Pour Enrique, le problème est technique ; pour Dembélé, il est mental.
AFPLe spectre de la sanction disciplinaire
Cette tension naissante rappelle inévitablement l'épisode d'octobre dernier, où Dembélé avait été écarté du groupe pour le match contre Arsenal suite à un différend disciplinaire. Si nous n'en sommes pas encore là, le ton employé par Luis Enrique ("À partir du moment où ça change, c'est fini") sonne comme un avertissement sans frais. L'Asturien n'aime pas que son autorité soit défiée, même indirectement, et une explication de texte musclée semble inévitable à la reprise de l'entraînement.
AFPUne cacophonie avant Monaco
Cette dissonance entre la star de l'équipe et son commandant de bord tombe au plus mauvais moment. À quatre jours d'un barrage capital en Ligue des Champions face à Monaco, le PSG affiche ses divisions. Luis Enrique va devoir rapidement éteindre l'incendie et unifier le discours, car aborder une échéance européenne avec un vestiaire où le leader technique et l'entraîneur ne sont pas sur la même longueur d'onde est souvent le prélude à une désillusion majeure.

