La chute est brutale. Quelques jours seulement après avoir livré un récital lors du Classique face à l'OM (5-0), le Paris Saint-Germain a sombré sur la pelouse du Roazhon Park (1-3). Face à une équipe rennaise pourtant en pleine transition avec un entraîneur intérimaire, le leader de Ligue 1 a affiché des lacunes défensives inquiétantes et un manque de cohésion flagrant. Mais plus que le résultat, c'est la sortie médiatique d'Ousmane Dembélé au micro de Ligue 1+ qui retient l'attention. Le Ballon d'Or, unique buteur parisien du soir, n'a pas cherché d'excuses et a livré une analyse glaciale des maux qui rongent le vestiaire.
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AFPL'accusation d'égoïsme
Habituellement mesuré dans sa communication, l'attaquant français a cette fois brisé l'omerta. "Si on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller", a-t-il lâché, pointant directement du doigt l'individualisme de certains partenaires. Pour Dembélé, le problème n'est pas tactique, mais mental : "On doit jouer pour le club d'abord au lieu de penser à soi-même". Une phrase lourde de sens qui suggère que les égos ont repris le dessus sur le projet collectif qui avait fait la force du PSG la saison dernière.
AFPLa nostalgie de l'état d'esprit passé
Le constat de Dembélé va plus loin qu'une simple réaction à chaud. Il oppose l'attitude actuelle à celle de l'an passé, où "le fanion, le Paris Saint-Germain" passait avant tout. En réclamant de "retrouver ça", il sous-entend clairement que la discipline collective s'est effritée. Voir un cadre de l'équipe dénoncer aussi ouvertement le comportement de ses coéquipiers est un fait rare à Paris ces derniers temps, signe que le malaise est peut-être plus profond que ce que la large victoire contre Marseille laissait supposer.
AFPUn timing explosif avant l'Europe
Cette sortie intervient dans un moment charnière. À quatre jours du barrage aller de Ligue des Champions contre Monaco, le climat interne risque de se tendre. Si Dembélé, par son statut et sa performance individuelle (il a été l'un des seuls à surnager), a la légitimité pour hausser le ton, ses mots pourraient froisser des susceptibilités dans un vestiaire composé de stars. Le risque est réel de voir ces déclarations créer des fractures plutôt qu'une réaction d'orgueil, alors que l'unité est indispensable pour les échéances européennes.
AFPLuis Enrique face à ses responsabilités
Ces propos résonneront inévitablement aux oreilles de Luis Enrique. L'entraîneur espagnol, qui prône le collectif au-dessus de tout, devra gérer cette crise de croissance publique. Si son joueur vedette ressent le besoin de passer par les médias pour secouer le cocotier, c'est que le message ne passe peut-être plus aussi bien en interne. Une explication de texte s'impose du côté de Poissy pour savoir si ce sentiment est partagé par le staff ou s'il s'agit d'un cri d'alarme isolé d'un leader qui voit la saison glisser sur une pente dangereuse.



