Ce devait être l'apothéose du football africain, ce fut sa nuit la plus sombre. Dans un stade Moulay Abdallah de Rabat plongé dans un chaos indescriptible, le Sénégal a décroché sa deuxième Coupe d'Afrique des Nations au bout d'une finale hachée, scandaleuse et indigne (0-1 a.p.). Si l'histoire retiendra la victoire des Lions de la Teranga, elle gardera surtout la trace indélébile d'une faillite arbitrale monumentale qui a transformé la fête en guérilla. Le football, ce soir, a perdu bien plus qu'un match.
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AFPLe scandale arbitral et l'interruption
Tout a basculé à la 88e minute. Alors qu'un but sénégalais semblait valable, l'arbitre le refusait sans VAR, avant d'accorder dans la foulée un penalty litigieux au Maroc pour une faute sur Brahim Diaz, cette fois après visionnage vidéo. Une injustice flagrante qui a fait disjoncter les Sénégalais. Le sélectionneur Pape Thiaw appelait ses joueurs à quitter la pelouse, des chaises volaient des tribunes sénégalaises vers le public marocain... Vingt-cinq minutes d'interruption, de honte et de confusion totale.
AFPLe raté de Diaz, la justice divine
Quand le jeu a enfin repris dans une atmosphère délétère, Brahim Diaz avait la balle de match au bout du pied (90e+20). Mais l'attaquant du Real Madrid tentait une Panenka audacieuse, captée par Édouard Mendy. Geste technique raté ou acte manqué sous la pression ? Diaz finira en larmes sur le banc. Pour les Sénégalais, revenus sur le terrain in extremis, c'était le signe d'une justice divine. Le karma avait choisi son camp.
AFPPape Gueye crucifie le Maroc
La prolongation fut celle de la rédemption sénégalaise et du cauchemar marocain. À la 94e minute, Pape Gueye, d'une frappe limpide du droit à l'entrée de la surface, trompait un Bounou pourtant héroïque jusque-là. 0-1. Le coup de grâce. Le Maroc, qui attendait ce sacre depuis 50 ans, voyait son rêve se briser de la manière la plus cruelle qui soit, à domicile, comme la France en 2016.
AFPLe Sénégal méritait, mais à quel prix ?
Si l'on ose parler football, le sacre du Sénégal ne souffre d'aucune contestation sportive. Plus tranchants, les Lions auraient pu tuer le match bien avant sans les parades de Bounou devant Pape Gueye (6e) et Ndiaye (38e). "Nous avions le ballon, ils avaient tout le reste", résumera froidement Mendy. Le Sénégal est champion, oui, mais l'image du football africain sort terriblement écornée de cette nuit de chaos. Rabat pleure, Dakar exulte, mais l'Afrique, elle, a mal à son football.