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Ruben Amorim, an I : le pari risqué de Manchester United commence enfin à payer

Il y a un an jour pour jour, Ruben Amorim dirigeait son premier match avec Manchester United contre Ipswich Town. Douze mois plus tard, le fait qu'il soit encore là relève presque du miracle. Cette première année a été un tourbillon de colères, de conflits ouverts et de défaites humiliantes. Beaucoup, y compris lui-même, pensaient qu'il ne tiendrait pas l'année.

Pourtant, Amorim a survécu. Et il semble aujourd'hui bien mieux armé pour réussir. À son arrivée, United était 14e. Il a fini la saison dernière encore plus bas, à une piteuse 15e place, avec un bilan désastreux. Mais la roue a tourné. Après 11 journées cette saison, United compte 18 points, une différence de buts positive et reste sur une série de cinq matchs sans défaite, du jamais-vu en championnat depuis février 2024.

Les chiffres ne mentent pas : la moyenne de points a doublé par rapport aux pires moments de la saison dernière, et les Expected Goals (xG) ont bondi de 20 %. United défend mieux, attaque mieux. Sir Jim Ratcliffe a eu raison de résister aux appels au limogeage, notamment après la déroute à Brentford en septembre. La patience paie, mais Amorim doit maintenant passer à la vitesse supérieure.

  • Amorim Rashford Manchester United 2024Getty

    La grande purge : Rashford et Garnacho dehors

    Pour changer la culture, Amorim a sorti la hache. Sur les 16 joueurs présents lors de sa première à Ipswich, cinq ont disparu. Si les départs d'Evans et Eriksen étaient naturels, ceux de Rasmus Højlund, André Onana, et surtout Marcus Rashford et Alejandro Garnacho, portent la marque du coach.

    Le cas Rashford est symbolique. Buteur lors du premier match de l'ère Amorim, l'enfant chéri du club a été écarté trois semaines plus tard, le jour du derby, pour ne plus jamais rejouer. Là où Ten Hag avait tergiversé face aux écarts de conduite de la star, Amorim a été impitoyable. Même tarif pour Garnacho, invité à se trouver un nouveau club après une réaction d'humeur de trop. Jadon Sancho, Antony et Tyrell Malacia ont eux aussi goûté au "loft".

    Le message est clair : personne n'est au-dessus de l'institution. Leny Yoro l'a résumé récemment : « On ne peut rien construire avec une mauvaise énergie ou des mauvaises personnalités. » Amorim n'a pas épargné ses anciens protégés non plus, n'hésitant pas à recadrer Manuel Ugarte devant tout le groupe. Il a aussi imposé aux joueurs de consacrer plus de temps aux fans, montrant lui-même l'exemple au centre d'entraînement.

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  • Amorim & Garnachogetty

    Des choix forts dans les buts et en attaque

    Cette intransigeance s'est étendue au terrain. André Onana, coupable d'avoir réclamé une augmentation après une saison sans Ligue des champions, a été exfiltré en prêt à Trabzonspor. Son remplaçant, le Belge Senne Lammens, a apporté une sérénité bienvenue. Devant, le départ de Højlund (qui brille en prêt à Naples) reste un pari risqué, d'autant que son successeur Benjamin Šeško peine à convaincre et est actuellement blessé. Mais Amorim assume.

    Ce changement culturel se traduit par une résilience nouvelle. United a marqué dans les dix dernières minutes lors de ses quatre derniers matchs, transformant des nuls ou des défaites en points précieux. La tête de Harry Maguire à la 84e minute pour gagner à Anfield, ou le but de Bryan Mbeumo au bout du temps additionnel contre Brighton, sont les symboles de cette équipe qui ne lâche plus rien. « Nous nous battons dans l'adversité », clame Amorim.

  • Everton v Brighton & Hove Albion - Premier LeagueGetty Images Sport

    Moyes, le fantôme du passé

    L'ironie veut qu'Amorim fête ses un an face à David Moyes, le premier successeur de Ferguson, dont le mandat de neuf mois reste le plus court de l'ère moderne. Si Moyes a depuis rebondi, son échec rappelle qu'Old Trafford a broyé bien des réputations. Amorim, avec le pire pourcentage de victoires de l'histoire du club après 54 matchs (38,9 %), bénéficie d'une patience que l'Écossais n'a jamais eue.

    Mais c'est justement ce goût du risque qui plaît à Ratcliffe. Le copropriétaire voulait un électrochoc, pas un choix "sûr" comme Eddie Howe ou Graham Potter. Il savait qu'Amorim, avec son caractère volcanique (il a déjà cassé des téléviseurs de rage) et ses principes tactiques rigides, allait casser des œufs. C'est pour cela qu'il l'a fait venir en cours de saison dernière : pour que les problèmes d'adaptation soient réglés avant le début de cette campagne.

  • Tottenham Hotspur v Manchester United - UEFA Europa League Final 2025Getty Images Sport

    L'heure de rendre des comptes

    Maintenant que la tempête est passée et que les résultats s'améliorent, Amorim n'a plus d'excuses. Le calendrier à venir est clément : pas de membre du "Big Six" avant le derby de janvier, pas de Coupe d'Europe pour distraire les troupes. United va affronter des équipes de bas de tableau (Wolves, Leeds, Burnley).

    Ratcliffe lui a donné du temps, de l'argent et un soutien indéfectible quand tout le monde réclamait sa tête. C'est l'heure du retour sur investissement. Amorim a survécu à sa première année ; pour voir la deuxième, il doit maintenant prouver que Manchester United est vraiment de retour.

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