Deux jours après une élimination douloureuse en Ligue des champions, l’Olympique de Marseille traverse une zone de fortes turbulences. Dans ce contexte tendu, la parole de l’entraîneur était attendue, scrutée, parfois redoutée. À la veille d’un déplacement important sur la pelouse du Paris FC, Roberto De Zerbi a pris la parole en conférence de presse pour lever les ambiguïtés, assumer les responsabilités et clarifier sa position. Entre lucidité, fermeté et passion intacte, le technicien italien a livré un message structurant pour la suite de la saison.
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AFPRoberto De Zerbi assume et temporise pour son avenir
Face aux interrogations sur sa situation personnelle, Roberto De Zerbi a d’abord tenu à rappeler le cadre. « Rien de particulier. On a perdu un match important. On sort de la Ligue des champions. Il faut qu'on essaie de comprendre. Pablo Longoria et Medhi Benatia, nous avons parlé hier soir. On s'est réuni pour essayer de trouver la meilleure solution possible. Ce match est aussi en partie de ma faute. On fera tout pour repartir. Je suis encore là. » Par ces mots, Roberto De Zerbi a assumé sa part de responsabilité tout en fermant la porte à toute remise en cause immédiate de sa fonction.
Interrogé sur l’idée d’un départ ou sur une éventuelle obligation de résultats pour se maintenir, Roberto De Zerbi a élargi le débat. « On ne se fait pas pardonner par les résultats mais par le jeu. Pour la 1ere question, j'ai voulu fortement venir à Marseille. C'est la vérité. Il y aussi la part de responsabilité. On m'a appris à assumer les choses. Je le dis à vous, au club, on a fait un mauvais match, c'est tout. Je ne sais pas si je suis l'entraîneur idéal pour l'OM. Du point de vue des résultats, on a fait de bonnes choses. Mais il y a ce manque de régularité et de constance. »
AFPDe Zerbi dément l’existence de nouvelles frictions à l’OM
Sur son avenir immédiat, Roberto De Zerbi s’est voulu clair et factuel.« Il n'y a rien à confirmer. J'étais l'entraîneur de l'OM, je le suis toujours. Demain je serai sur le banc. » Une déclaration sans ambiguïté, alors que les spéculations se multiplient après l’échec européen. Roberto De Zerbi a également insisté sur le contexte structurel du projet marseillais. « L'OM est une grande équipe mais elle a besoin de temps pour pouvoir devenir grande. Cet été on a changé 12 joueurs. Deux joueurs sont arrivés cet hiver. »
Sur la relation avec son groupe, Roberto De Zerbi a tenu à désamorcer toute idée de fracture interne. « Mes joueurs m'ont toujours suivi. Hier j'ai parlé à 7-8 joueurs. J'ai toujours eu de grandes relations avec mes joueurs. Je continue à défendre mes joueurs. Il n'y a pas de friction. » Un message fort à l’heure où l’unité du vestiaire est régulièrement questionnée dans les périodes de crise.
AFPRoberto De Zerbi confiant pour l’avenir de l’OM
Questionné sur les nombreux mouvements de joueurs et leur impact sur les performances, Roberto De Zerbi a refusé toute désignation de coupables. « Quand on perd, tout le monde perd. Tout le monde a sa part de responsabilité. Je ne critique personne. On a construit une équipe forte. Si les onze joueurs se connaissent, ça aide. » Roberto De Zerbi a rappelé la nécessité de stabilité, tout en soulignant les contraintes spécifiques du contexte marseillais.
« Il y a des exceptions comme Lens. L'OM a beaucoup changé son effectif ces dernières années. Il faut de la cohésion. » Pour Roberto De Zerbi, la clé de la relance passe avant tout par le collectif, loin des débats individuels ou des ajustements tactiques précipités. Interrogé sur les leviers à activer pour sortir de cette mauvaise passe, Roberto De Zerbi a adopté une posture surprenante par sa sobriété. « Il y a eu d'autres mauvais moments l'an passé. Ensemble on réussira à sortir de cette mauvaise passe. Je ne dirai rien à mes joueurs. Cela ne sert à rien de parler. Ils sont suffisamment énervés par le match à Bruges, ça ne sert à rien d'en rajouter. »
AFPPassion intacte et confiance réaffirmée avant PFC - OM
Malgré les critiques et la pression, Roberto De Zerbi a assuré conserver une motivation intacte. « J'ai la force pour rester à Marseille encore 5 ou 6 ans car j'ai la passion, j'aime ça. Ce qui m'énerve, c'est la défaite. Ce n'est pas une question de passion mais d'impuissance. Ce sont des défaites qui vous marquent, mais les joueurs ont de grandes qualités humaines et sportives. » Une déclaration qui en dit long sur son état d’esprit à l’approche du match face au Paris FC (samedi, 17h).
Enfin, Roberto De Zerbi a confirmé sa confiance envers son gardien. « Demain il jouera. Il a toujours été très positif. On est arrivé ensemble, ça lui arrive aussi de faire des erreurs, ça ne change en rien de ma confiance. Je n'aime pas alterner les gardiens. J'ai deux gardiens de haut niveau. » À la veille de la 20e journée de Ligue 1, Roberto De Zerbi a donc livré un message de continuité, de responsabilité et de fermeté.

