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Neymar, le crépuscule d'une idole : entre résurrection héroïque et rêve mondial impossible

Neymar a terminé sa saison en larmes, mais pour une fois, ce n'était pas seulement de douleur. Après avoir sauvé Santos de la relégation lors de la dernière journée contre Cruzeiro, l'ancien Parisien a livré son bilan : « Je me donnerais un 7/10. Sur le terrain, je sais me protéger, mais les choses ne se passent pas toujours comme on veut. Maintenant, j'ai besoin d'un reset complet. Oublier le football pendant 10 jours. »

À 33 ans, Neymar a bouclé l'une des années les plus éprouvantes de sa carrière. Revenu au bercail après la résiliation de son contrat par Al-Hilal, il n'a disputé que 20 des 38 matchs de Serie A, marquant huit fois. Mais ses trois derniers matchs, joués "sur une jambe" pour éviter la descente aux enfers de son club de cœur, ont rappelé pourquoi il reste une légende moderne, malgré les critiques sur son potentiel gâché. Son objectif est désormais clair : « Mission Coupe du Monde. C'est notre focus. » Mais ce rêve romantique risque de se heurter au mur de la réalité imposé par Carlo Ancelotti.

  • Santos v Botafogo - Brasileirao 2025Getty Images Sport

    Retour au bercail, larmes et carton rouge

    Le retour du fils prodigue à Vila Belmiro n'avait pourtant rien du conte de fées initial. Arrivé blessé, Neymar a manqué sept des neuf premiers matchs. Son 100e match à domicile a duré 34 minutes avant qu'il ne sorte en pleurs, évacué en voiturette. Quand il jouait, il marchait, tentait des gestes impossibles sans réussir à éliminer. Le point bas fut atteint avec un carton rouge pour une tentative de "Main de Dieu" grotesque lors d'une défaite contre Botafogo.

    Pourtant, Santos a insisté, prolongeant son contrat court en juin. « Rien ne m'arrêtera », avait-il promis. Des mots qui ont longtemps sonné creux. Entre clashs avec les supporters après une humiliation historique contre Vasco da Gama (0-6) et nouvelles blessures musculaires, Neymar semblait être devenu un problème plus qu'une solution. Lors d'une défaite contre Flamengo, l'image de son propre défenseur, Luan Peres, dégageant le ballon loin devant alors que Neymar demandait une relance courte, a illustré sa perte d'autorité dans le vestiaire.

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  • Le triplé sur une jambe

    Fin novembre, tout semblait fini. Victime d'une lésion au ménisque du genou gauche – celui-là même opéré pour les croisés en 2023 –, les médecins lui conseillent d'arrêter immédiatement. Un choc violent pourrait faire "exploser" son genou, révèle Globo Esporte. Santos est au bord du gouffre. Mais Neymar refuse.

    Le 29 novembre, dans un match de la peur contre Sport Recife, il est titulaire, marque et offre une passe décisive (3-0). Quatre jours plus tard, il récidive contre la Juventude avec un triplé retentissant (3-0), son premier depuis avril 2022 avec le PSG. Juan Pablo Vojvoda, son entraîneur, salue un « très grand spectacle ». Neymar, lui, savoure sa revanche : « J'ai toujours été Neymar. Je n'ai jamais cessé d'essayer. »

    Lors de la dernière journée, il n'a pas marqué, mais a orchestré le jeu (90% de dribbles réussis) pour valider le maintien. Marca l'a surnommé « Le Christ Rédempteur de Santos ». Le stade a chanté son nom. Mission accomplie. Il va désormais se faire opérer du ménisque, avant de probablement prolonger pour six mois, le championnat brésilien 2026 débutant plus tôt.

    Le patron de Santos, Juan Pablo Vojvoda, a salué Neymar pour avoir offert un "très bon spectacle", mais c'était un euphémisme ; c'était l'une de ses performances les plus magiques, et il l'a fait avec une jambe pleinement fonctionnelle.

    "J'ai toujours été Neymar, indépendamment de tout," a-t-il déclaré à Prime Video dans un message clair à ses détracteurs après le match. "Je n'ai jamais cessé d'essayer de montrer le meilleur de moi-même."

  • Neymar AncelottiGetty/Goal

    Le dilemme d'Ancelotti

    Si Neymar a prouvé qu'il pouvait encore être décisif en marchant sur l'eau (et sur un genou) au Brésil, la Coupe du Monde est une autre histoire. Ronaldo "Fenômeno" veut y croire : « Tout le monde veut Neymar à 100%. Ancelotti aussi. » Sauf que l'Italien, lui, a perdu patience.

    Interrogé à Washington vendredi, le sélectionneur a été glacial : « Nous sommes en décembre, le Mondial est en juin. Je choisirai l'équipe en mai. Si Neymar le mérite, il sera là. Je ne dois rien à personne. »

    C'est là toute la cruauté de la situation. Le Brésil regorge de talents offensifs au sommet de leur art : Vinícius Jr, Raphinha, Rodrygo, Estêvão Willian, Gabriel Martinelli... Neymar est aujourd'hui derrière eux dans la hiérarchie sportive. L'emmener serait un pari sentimental immense. Que se passe-t-il s'il se blesse à la 20e minute du premier match contre le Maroc ? Tout le plan de jeu s'effondre et le cirque médiatique reprend.

    Le Brésil n'a plus besoin de Neymar pour gagner. Et Neymar n'a pas besoin de ce Mondial pour être une légende. Son héritage est sauf, sécurisé par ses exploits récents à Santos. Vouloir forcer le destin en 2026 pourrait être le combat de trop, celui qui transformerait le héros en fardeau.

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