Vous avez plus de 24 ans ?

Help us verify your age by providing an honest response. This site contains gambling advertising for 24+.

Age-restricted content

Vous n'avez pas l'âge requis pour consulter les contenus liés aux paris. Vous allez être redirigé vers la page d'accueil.

Czechia v Mexico: Group A - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

Traduit par

La Coupe du monde des calculs… Des matchs qui suscitent des doutes quant au nouveau système

Tout au long de son histoire, la Coupe du monde a toujours été synonyme de pression énorme, où une seule erreur peut mettre fin à un rêve qui dure depuis quatre ans, et où chaque but est capable de renverser la situation de toute une poule en quelques minutes. C’est pourquoi la dernière journée de la phase de groupes a toujours été synonyme de suspense, de retournements de situation et de calculs complexes qui ne se dénouent qu’au coup de sifflet final.

Mais l’édition 2026, qui accueille pour la première fois 48 équipes, révèle un autre visage : chaque match n’est plus une question de vie ou de mort et le match nul, autrefois redouté, devient parfois l’objectif des deux équipes.

À l’approche de la conclusion de la phase de groupes, des scénarios récurrents interrogent sur le nouveau format : certaines équipes abordent désormais des matchs en sachant qu’un point suffit aux deux camps, que l’attaque représente un risque superflu, et que la défense et la possession deviennent l’option la plus rationnelle.

Ces situations remettent sur le devant de la scène la question posée lors de l’annonce, par la Fédération internationale de football (FIFA), de l’élargissement de la compétition il y a quelques années : l’augmentation du nombre de sélections a-t-elle renforcé le suspense, ou a-t-elle créé un système qui accorde aux équipes une trop grande marge de manœuvre au détriment de l’esprit de compétition ?

  • FBL-WC-2026-MATCH54-RSA-KORAFP

    La peur de l'élimination n'est plus ce qu'elle était

    Même après des revers douloureux, les équipes ne sont plus éliminées aussi rapidement qu’avec l’ancien système, selon la BBC.

    La Corée du Sud, par exemple, a perdu 1-0 contre l’Afrique du Sud, mais cette défaite ne la met pas encore en danger : elle reste en lice pour intégrer le groupe des meilleurs troisièmes et ainsi accéder aux 16es de finale.

    Avec l’ancien format de la Coupe du monde, qui ne retenait que les deux premiers de chaque poule, un tel scénario aurait probablement signifié l’élimination.

    Aujourd’hui, totaliser trois points avec une différence de buts correcte suffit souvent pour rester en lice, ce qui allège considérablement la pression sur les matchs de groupe.

  • Publicité
  • Tunisia v Japan: Group F - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    Pourquoi la FIFA a-t-elle opté pour ce système ?

    Lorsque la FIFA a décidé d’élargir le nombre d’équipes participantes de 32 à 48, elle s’est heurtée à un casse-tête organisationnel.

    L’ancien format, jugé idéal sur le plan sportif, comprenait huit poules de quatre équipes, les deux premières se qualifiant pour des huitièmes de finale, puis un parcours à élimination directe équilibré.

    L’ajout de 16 équipes supplémentaires a donc compliqué l’accès à la phase à élimination directe. Dans un premier temps, la FIFA a proposé de répartir les équipes en 16 poules de trois, avec deux qualifiés par groupe.

    Si cette formule paraissait simple sur le papier, elle présentait un risque majeur : le dernier match de chaque groupe opposerait deux équipes connaissant à l’avance le résultat nécessaire pour se qualifier, avec le danger de voir des rencontres sans véritable enjeu sportif.

  • TO GO WITH WORLD CUP 2010 PACKAGE IN ARAAFP

    Le spectre du scandale de 1982 resurgit

    Cette crainte n’était pas théorique : elle reposait sur l’un des scandales les plus célèbres de l’histoire de la Coupe du monde. Lors de l’édition 1982, l’Allemagne de l’Ouest affrontait l’Autriche lors du dernier match de la phase de groupes, alors que le résultat de la rencontre contre l’Algérie était déjà connu.

    Les Allemands savaient qu’une victoire par un seul but leur suffirait pour se qualifier aux côtés de l’Autriche et éliminer l’Algérie. Les Allemands ont ouvert le score dès l’entame, puis les deux équipes se sont contentées d’échanger le ballon sans chercher à véritablement attaquer. La rencontre s’est conclue sur le score de 1-0, provoquant un tollé général et entrant dans l’histoire sous le nom de « scandale de Gijón ».

    Suite à cette affaire, la FIFA a instauré une règle simple et ferme : depuis 1982, les rencontres de la dernière journée de chaque groupe se jouent simultanément, afin d’empêcher toute équipe de connaître le résultat dont elle a besoin avant de disputer son match.

  • VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CETTE HISTOIRE ?

    Ajoutez GOAL.com à vos sources préférées sur Google pour consulter davantage de nos articles

    Suivez GOAL sur Google
  • Paraguay v Australia: Group D - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    Néanmoins, ce nouveau dispositif tactique a engendré un autre problème.

    Après avoir abandonné l’idée des poules à trois équipes, la FIFA a adopté un système de 12 poules de quatre équipes. Si les deux derniers matchs de chaque groupe continuent de se jouer en simultané, la création de huit places réservées aux meilleurs troisièmes a engendré une situation problématique de nature différente.

    Les équipes ne sont plus contraintes de gagner pour se qualifier : un match nul, voire une défaite à l’écart minimal, peut désormais suffire pour rester en lice. La stratégie s’est donc déplacée vers la recherche du résultat le plus sûr plutôt que vers la quête de la victoire.

    Le match Australie-Paraguay illustre parfaitement ce phénomène : les deux formations comptaient trois points et occupaient les deuxième et troisième places.

    Toutes deux savaient qu’atteindre quatre points leur offrirait quasiment la qualification, soit directement, soit parmi les meilleurs troisièmes. Le match s’est donc terminé sur un nul vierge, conforme aux attentes.

    Les Australiens ont savouré leur deuxième place, tandis que les Paraguayens ont quitté la pelouse quasi qualifiés, à moins d’une improbable série de résultats dans les autres poules.

  • Jordan v Algeria: Group J - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    Autriche-Algérie : l’histoire va-t-elle se répéter ?

    Tous les regards se tournent également vers la rencontre entre l'Autriche et l'Algérie dans le groupe 10. Les deux équipes totalisent chacune trois points, et un match nul semble être le résultat idéal pour chacune d'entre elles. Une défaite, en revanche, pourrait signifier l'élimination du tournoi.

    La question qui se pose avant le coup d’envoi est donc la suivante : assisterons-nous à une rencontre où les deux équipes chercheront réellement à s’imposer, ou la prudence l’emportera-t-elle sur tout le reste ?

    Ironie du sort, l’Algérie, qui avait subi l’un des scandales les plus retentissants de l’histoire des Coupes du monde (en 1982), pourrait cette fois tirer parti du règlement et se qualifier en tant que l’un des meilleurs troisièmes.

    L’Australie et le Paraguay n’étaient pas les seuls dans ce cas. Dans le groupe F, le Japon abordait son dernier match contre la Suède avec quatre points, contre trois pour son adversaire. La rencontre s’est conclue sur un nul 1-1, un score qui a pratiquement qualifié les deux formations.

    Dans le groupe 12, le Ghana compte quatre points, la Croatie trois : même configuration. Ces scénarios aboutissent souvent à des finales de matchs stériles, où les passes latérales remplacent l’audace offensive.

  • Austria v Jordan: Group J - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    L’histoire le prouve : un match nul n’est pas forcément synonyme de conclusion définitive.

    Pour autant, des conditions similaires ne garantissent pas un match nul. Lors de l’Euro 2020, l’Autriche et l’Ukraine comptaient trois points avant la dernière journée et un nul aurait qualifié les deux équipes.

    Pourtant, l’Autriche a choisi de jouer la gagne et l’a emporté 1-0, tandis que l’Ukraine se qualifiait ensuite parmi les meilleurs troisièmes. Preuve que les calculs ne tuent pas toujours l’esprit de compétition, mais offrent aux sélections une option qui n’existait pas auparavant.

    Désormais, l’enjeu dépasse la simple qualification. Dans le nouveau système, les confrontations entre troisièmes de groupe sont déterminées en fonction des poules d’origine. Ainsi, certaines équipes savent d’avance qu’une troisième place leur offrira un adversaire plus abordable qu’une deuxième.

    Elles pourraient ainsi être confrontées à un dilemme : une victoire risquerait de les envoyer affronter un grand d’entrée de jeu, tandis qu’une défaite pourrait leur offrir un parcours plus clément. Prenons l’exemple du groupe 10 : le deuxième pourrait défier le premier du groupe 8, tandis que le troisième hériterait du leader d’un autre groupe, a priori plus faible.

    Le classement du groupe devient alors un paramètre tactique à part entière, et non plus seulement le reflet des performances sportives.

  • Erbil-Iraq-World-Cup-2026-Fans-Live-BroadcastAFP

    Même la météo peut bouleverser les prévisions

    Un autre scénario, tout aussi singulier, mérite d’être évoqué. Si l’un des matchs de la dernière journée était interrompu en raison d’un orage ou de conditions météorologiques défavorables, tandis que l’autre rencontre du même groupe se poursuivait, les deux équipes qui reprendraient leur match connaîtraient déjà le résultat de l’autre rencontre.

    Cet avantage informationnel pourrait alors influencer leur stratégie et, par conséquent, le score final. Si la FIFA assure que les autres rencontres ne seront pas interrompues dans un tel scénario, certaines formations pourraient tout de même ajuster leur tactique en cours de match.

    La question qui se pose désormais, alors que la plupart des rencontres de la phase de groupes se sont déjà jouées, est de savoir si ce nouveau format a dilué l’enjeu sportif. Plus les chances de qualification sont élevées, moins la peur de l’élimination est prégnante ; plus la marge de sécurité est large, moins le risque est nécessaire.

    C’est pourquoi plusieurs rencontres de cette édition ont manqué du suspense qui avait caractérisé la Coupe du monde 2022 au Qatar, où les sélections abordaient la dernière journée en sachant qu’un seul but pouvait bouleverser leur destin.

  • Scotland v Brazil: Group C - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    La solution résiderait-elle dans l’élargissement du nombre de sélections à 64 ?

    Ironie du sort : la solution ne réside peut-être pas dans un retour au format à 32 équipes. Cette option paraît peu probable, l’élargissement de la compétition étant l’un des projets phares du président de la FIFA, Gianni Infantino, depuis son élection en 2016.

    Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment qu’un passage à 64 équipes serait plus cohérent sur le plan organisationnel : 16 groupes de quatre, deux qualifiés par groupe, pour retrouver la simplicité et le suspense de l’ancien format.

    Reste à savoir si l’expérience de 2026 poussera la FIFA à reconsidérer le format de la compétition.

    La réponse ne dépendra pas seulement du déroulement des phases à élimination directe, mais aussi de la question de savoir si des matchs comme Australie-Paraguay ou Autriche-Algérie resteront des exceptions passagères ou s’ils marqueront le début d’une nouvelle réalité où les calculs l’emporteront sur le football lui-même.