L’Atlético a investi environ 190 millions d’euros (165 millions de livres sterling, 220 millions de dollars) lors de chacun des deux derniers mercatos estivaux, et pourrait n’avoir pour seul résultat tangible que sa qualification en Ligue des champions. Le contrat de Simeone expire en 2027 et les nouveaux actionnaires majoritaires, Apollo Sports Capital, semblent hésiter à lui proposer une prolongation, donnant le sentiment que l’on approche de la fin de l’ère la plus fructueuse de l’histoire du club.
Rien n’est encore acté, mais la semaine à venir pourrait peser lourd dans le bilan de son mandat et orienter l’avenir du club.
Avant même les demi-finales de Ligue des champions, le scénario semble écrit : tout le monde s’attend à un choc entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich, tandis que la rencontre entre l’Atlético et Arsenal pourrait s’avérer bien moins attrayante. Pourtant, l’Atlético de Simeone a les moyens de renverser la vapeur.
Si leur réputation de défense acharnée et d’« arts obscurs » persiste, les Rojiblancos se sont en réalité révélés l’une des équipes les plus imprévisibles de la Ligue des champions cette saison, offrant des rencontres riches en buts. Preuve en est : l’Atlético n’a pas connu le moindre 0-0 et n’a signé qu’une seule clean sheet, au Camp Nou face à un Barça réduit à dix.
Avec Julian Álvarez, Diego Simeone dispose d’un des meilleurs attaquants du monde, tandis qu’Antoine Griezmann, joueur polyvalent, vise un dénouement de conte de fées à l’Atleti. Depuis son arrivée en janvier en provenance de l’Atalanta, Ademola Lookman a apporté une nouvelle dimension à l’attaque, et Alexander Sorloth a déjà marqué plusieurs buts décisifs.
Une première demi-finale de Ligue des champions depuis neuf ans offre donc à Simeone l’occasion de prouver que lui et l’Atleti ont su évoluer pour s’adapter, même tardivement, au football moderne.
Mené par un collectif jeune et talentueux, Arsenal ressemble à une version modernisée des anciens titres de Simeone. Pourtant, un succès offrirait au technicien argentin une troisième finale inespérée et confirmerait, preuves à l’appui, son statut parmi les plus grands entraîneurs de l’histoire du football.