Dans un long entretien accordé à L'Équipe, Zinédine Zidane replonge dans la finale de la Coupe du monde de football 2006. L’ancien numéro 10 revient sur son célèbre coup de tête face à Marco Materazzi et choisit surtout de saluer la voix qui a accompagné ce moment : celle de Thierry Gilardi.
Getty ImagesCoupe du monde 2006 : Zinédine Zidane passe aux aveux avec un bel hommage pour Thierry Gilardi
GettyBerlin, un soir qui ne s’efface pas
Le 9 juillet 2006, à Berlin, la France retient son souffle. Puis tout bascule. L’expulsion de Zidane marque la fin d’un rêve mondial. Dans le tumulte, une phrase traverse les écrans : « Zinedine. Pas ça Zinedine, pas ça Zinedine ». Vingt ans plus tard, ces mots restent gravés.
Ce soir-là, Thierry Gilardi commente la rencontre. Sa voix porte l’émotion d’un pays. Zidane s’en souvient avec précision. Il ne parle pas seulement d’un commentaire, mais d’un regard. D’une forme de compréhension.
AFPUn hommage appuyé à Thierry Gilardi
Interrogé par L’Équipe, l’ancien meneur des Bleus évoque celui qu’il considère comme une référence. « C'était 'Monsieur Football' pour moi. J'adorais sa voix aussi. Son intelligence également car il savait transmettre les émotions, les traduire justement. Il était pertinent, déjà, dans ses analyses. Il trouvait les mots. Avec lui, ils avaient leur sens », confie-t-il.
L’émotion affleure lorsqu’il revient sur l’instant précis de son geste. « Ce n'est pas facile à dire... En 2006, quand il se passe ce qu'il se passe en finale et qu'il dit: 'Zinedine. Pas ça Zinedine, pas ça Zinedine. Oh non, pas ça, pas aujourd'hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait'... Il est juste », explique Zidane.
L’ancien milieu de la Juve insiste. « N'importe qui aurait pu me massacrer, 99% des commentateurs m'auraient détruit mais lui, il est juste. Il dit les choses sincèrement. Ça me fait quelque chose à chaque fois. Thierry Gilardi m'a touché, il m'a marqué ».
Pour l’ex-entraîneur du Real Madrid, la différence réside dans la nuance. Gilardi ne condamne pas. Il ressent. Il comprend la portée du moment sans tomber dans l’excès.
Getty ImagesZidane et la mémoire de Téléfoot
Au fil de l’entretien, Zidane quitte Berlin pour replonger dans son enfance. Il évoque Téléfoot, rendez-vous incontournable du week-end. « C'est l'émission de mon enfance, le samedi soir, sur le canapé. Je me souviens de la voix de Pierre Cangioni. Elle traversait l'appartement. Ça commençait. Il incarnait cette émission », raconte-t-il.
Ces souvenirs dessinent le portrait d’un passionné, nourri par les voix du football français. De Gilardi à Pierre Cangioni, Zidane rend hommage à ceux qui ont accompagné sa trajectoire.
Vingt ans après la finale de 2006, le geste reste discuté. Mais les mots, eux, continuent de résonner. Et dans la mémoire de Zidane, une voix demeure.