Ces dernières semaines, Pep Guardiola n’a pas seulement fait parler de lui pour les résultats de Manchester City. Le technicien catalan, fidèle à ses convictions, a multiplié les prises de parole publiques sur les conflits internationaux, et en particulier sur la situation en Palestine. Une posture qui a fini par provoquer une réponse directe et appuyée de représentants de la communauté juive mancunienne.
Getty ImagesAprès son soutien à la Palestine, Pep Guardiola recadré sèchement à Manchester

Des propos qui dépassent le cadre du football
À la veille d’un match de Carabao Cup face à Newcastle, Pep Guardiola avait profité d’une conférence de presse pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une indifférence globale face aux drames humains. Le manager de City n’avait pas mâché ses mots, évoquant plusieurs conflits majeurs et appelant à une prise de conscience collective.
« Jamais, jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’avons eu accès à autant d’informations, ni vu aussi clairement qu’aujourd’hui : le génocide en Palestine, ce qui s’est passé en Ukraine, en Russie, au Soudan, partout dans le monde », avait-il lancé. « Tout cela se déroule en face de nous. Est-ce qu’on veut ouvrir les yeux ? Voilà notre problème en tant qu’êtres humains ».
Une déclaration forte, prolongée par un discours très émotionnel. « Ça me fait mal », avait-il confié au sujet de « ces pères, ces mères, ces enfants, ces vies brisées sans que personne ne ressente la moindre compassion ». Avant d’ajouter : « Si c’était l’autre camp, ça me ferait mal aussi. Je suis désolé, je me lèverai, je serai toujours là. Toujours. Tuer des milliers d’innocents ? Ça me fait mal. C’est aussi simple que ça. C’est tout ».
GettyLa réaction ferme de la communauté juive de Manchester
Ces prises de position n’ont pas laissé indifférent le Conseil représentatif juif (JRC) de Manchester. Mercredi, l’organisation a publié un communiqué appelant l’entraîneur à davantage de retenue. Le ton se veut clair, presque professoral.
« Pep Guardiola est un entraîneur de football », écrit le JRC. « Bien que ses réflexions humanitaires puissent être bien intentionnées, il devrait se concentrer sur le football ». L’association explique craindre que ce type de discours n’alimente, même indirectement, des actes antisémites dans un contexte déjà tendu.
Le communiqué insiste sur la responsabilité des personnalités publiques : « Nous avons à plusieurs reprises demandé aux personnalités publiques de faire preuve de vigilance dans le choix de leurs mots, compte tenu des attaques que les Juifs ont dû endurer à travers le monde ».
Getty ImagesUn manque de “solidarité” pointé du doigt
Le Conseil représentatif juif va plus loin. Il reproche à Guardiola son « incapacité totale à utiliser sa plateforme pourtant considérable pour manifester la moindre solidarité envers la communauté juive » de Manchester, notamment après l’attentat survenu dans la synagogue de Heaton Park en octobre dernier.
« Manchester City est pénalisé par le fait qu’il s’aventure à répétition dans des commentaires sur les affaires internationales. C’est la deuxième fois en une semaine qu’il a choisi d’exprimer ses opinions controversées sur le conflit au Moyen-Orient », poursuit le JRC.
(C)Getty ImagesGuardiola assume ses engagements
Malgré cette mise au point, le manager des Skyblues ne s’est pas départi de sa ligne de conduite. En fin de semaine dernière, il avait d’ailleurs participé à un concert caritatif organisé à Barcelone en soutien à la Palestine. Une implication qui confirme que, pour Guardiola, le football ne suffit pas toujours à faire taire les convictions personnelles.
À Manchester, le débat reste ouvert. Entre liberté d’expression, responsabilité publique et tensions communautaires, la parole du coach catalan continue de diviser.
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