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Telegraph : Infantino exploite les tensions entre l'Espagne et le Maroc pour se maintenir à son poste

Les spéculations se multiplient concernant la volonté du président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, de renforcer sa position avant la prochaine élection à la présidence de l'instance, en consolidant ses relations avec les fédérations africaines, au premier rang desquelles le Maroc, dans un contexte de crise avec plusieurs fédérations européennes.

Selon le journaliste Tim Wigmore, du "Daily Telegraph" britannique, la visite d'Infantino dans la capitale marocaine, Rabat, cette semaine, et sa rencontre avec des membres du conseil d'administration de la FIFA, puis avec des responsables de la Confédération africaine de football, s'inscrivent dans ses démarches pour conserver son poste, en s'appuyant sur le soutien dont il bénéficie au sein du continent africain, qui compte 54 fédérations nationales, soit plus du quart des membres de la FIFA, ce qui leur confère un poids décisif dans l'élection à la présidence de l'instance internationale.

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Le rapport souligne que la Confédération africaine de football ne s'est pas jointe aux confédérations continentales qui ont annoncé un recul de leur confiance en Infantino ; au contraire, son président Patrice Motsepe a affiché son soutien explicite au maintien du président de la FIFA, tandis que quatre membres du conseil de la FIFA, au premier rang desquels le vice-président de la CAF, le Marocain Fouzi Lekjaa, ont renouvelé leur soutien public à son égard.

Le comité exécutif de la Confédération africaine a par ailleurs publié un communiqué dans lequel il a approuvé à l'unanimité la mise à jour conjointe présentée par Infantino et le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, concernant la récente crise liée au projet de vente d'une part de la Coupe du monde à des investisseurs, projet auquel Infantino a renoncé après de vives critiques venues notamment d'Europe.

Le rapport estime que le soutien croissant d'Infantino à l'organisation par le Maroc de la finale de la Coupe du monde 2030 s'inscrit également dans ce contexte. Alors que le stade Santiago Bernabéu de Madrid était le candidat le plus en vue pour accueillir la finale, Infantino pousse désormais à ce qu'elle se dispute au nouveau stade Hassan II de Casablanca, en cours de construction avec une capacité de 115 000 spectateurs, ce qui en ferait le plus grand du monde du football.

Wigmore ajoute que l'organisation de la finale au Maroc aiderait Infantino à renforcer le soutien des fédérations africaines, tandis que son organisation en Espagne n'apporterait pas grand-chose à ses chances électorales, après la dégradation de ses relations avec l'UEFA.

Le rapport ajoute que le choix du Maroc revêt une importance supplémentaire, car la prochaine élection à la présidence de la FIFA se tiendra lors du congrès de l'instance internationale, prévu dans ce pays d'Afrique du Nord en mars prochain, alors qu'Infantino a déjà exprimé son souhait de briguer un quatrième mandat.

Le différend entre le Maroc et l'Espagne

Le rapport relève que la démarche d'Infantino le place également au cœur du différend croissant entre le Maroc et l'Espagne, dans un contexte de tensions politiques entre les deux pays, en particulier après la récente crise migratoire vers la ville de Ceuta, ce qui a conféré une dimension géopolitique au débat autour du pays qui accueillera la finale du Mondial 2030.

Ce différend se reflète aussi au sein du football, l'Espagne rejetant l'idée de transférer la finale au Maroc.

Le président de la Fédération espagnole de football, Rafael Louzán, avait affirmé auparavant que l'Espagne serait "le leader de la Coupe du monde 2030" et que la finale devait se disputer sur le sol espagnol.

Le rapport conclut en indiquant qu'Infantino voit dans ces tensions une occasion de renforcer son image, en tant que partisan de l'extension de l'influence du football au-delà de la domination européenne traditionnelle, en s'appuyant sur la base africaine qui a joué un rôle central dans le maintien de ses prédécesseurs, João Havelange et Sepp Blatter, à la présidence de la FIFA durant de longues années.

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