Raphael VaraneFranceGetty

Raphaël Varane : "On a des joueurs qui peuvent changer le destin d’une équipe"

La visite du président de la République vous a-t-elle mis un peu la pression ?

Non il ne nous a pas mis la pression, sa venue s’est faite dans une ambiance détendue. Il nous a dit d’être soudés, il a souligné les efforts que l ‘on a fait pour arriver ici au château et il a insisté sur le fait d’avoir confiance. Ce n’est pas une pression supplémentaire, c’est une motivation. On sait qu’on a la chance de pouvoir transmettre des émotions aux Français et c’est bien d’avoir un petit rappel avant d’être plongé dans ce mondial.

On a l’impression cette saison que vous vous êtes un peu plus imposé comme un patron, y compris aux côtés de Sergio Ramos. Qu’en pensez-vous ?

C’est toujours cette question, savoir sur qui on peut coller l’étiquette du patron. Je pense que cette saison j’ai gagné en régularité. J’ai fait une saison pleine et dans une équipe on est complémentaires. Cela fait maintenant 7 ans que je suis au Real Madrid, j’ai aussi mon vécu et ma  personnalité. J’ai répondu présent dans les moments clés, c’est ce qu’il faut faire au Real Madrid. J’ai essayé d’apporter une certaine fiabilité auprès de l’entraîneur pour lui prouver qu’il pouvait compter sur moi à chaque instant.

Hugo Lloris ne semble pas réaliser la meilleure saison de sa carrière. Est-ce que cela vous inquiète à quelques jours du Mondial ?

Ça dépend quel match on regarde de sa saison. Je pense qu’il en a fait de très bons, surtout dans les matches importants. Là on est dans les matches de préparation, il ne faut pas tirer de conclusion. On doit tous monter en régime. Hugo est notre capitaine, un pilier de l’équipe. On a besoin de ses qualités de joueur et humaines pour le groupe. Il a la confiance de tout le monde et c’est le message qu’on souhaite lui transmettre.

Quel entraîneur faut-il au Real Madrid pour succéder à Zinédine Zidane ?

Je pense qu’il faut un bon entraîneur (rires). Un coach qui soit capable d’évoluer dans le contexte du Real Madrid avec beaucoup de pression. Zizou a fait quelque chose qui sera difficile à refaire. On ne va peut être pas demander au nouveau coach de gagner autant de trophées en si peu de temps. Je pense qu’il y a de très bons coaches en Europe et nous verrons qui sera choisi. Il faut quelqu’un avec un caractère capable de relever le défi.

Y a-t-il eu des signes avant-coureurs de son départ et le voyez-vous devenir un jour le sélectionneur des Bleus ?

Des signes oui et non. Le job est difficile, c’est éprouvant. Il nous a prévenu en dernière minute et on verra par la suite si on le croise ici à Clairefontaine. Ce n’est pas le moment de parler de ça. Les personnes qui souhaitent s’exprimer là dessus comme le sélectionneur ou le président peuvent le faire.

On parle beaucoup de l’attaque de l’équipe de France mais moins de la défense. Cela vous vexe-t-il ?

Non nous ne sommes pas blessés du tout. Les attaquants ont toujours été plus médiatisés que les défenseurs et on ne fait pas une course à la médiatisation. C’est bien d’avoir ces joueurs de qualité. Ce n’est pas grave si on parle moins de la défense, on sait que c’est avant tout une réponse collective. On a des joueurs qui peuvent faire basculer un match et changer le destin d’une équipe.

Y a-t-il un décalage entre la perception de votre statut et de votre niveau en club et en équipe de France ?

J’essaye d’être le plus performant possible quand j’ai la chance de m’exprimer. On voit plus de matches de moi à Madrid donc j’ai plus l’occasion de montrer mon évolution et de continuer à progresser. En Bleu on a moins de matches. Il y a aussi le fait d’êre arrivé très tôt au plus haut niveau qui parfois fait faire des erreurs. Je sais maintenant qu’il faut le voir de manière positive. Cela donne un apprentissage peut-être plus rapide mais aussi plus violent. L’équipe de France, c’est quelque chose d’énorme à nos yeux et pour confirmer au plus haut niveau il faut être performant avec elle. Il faut réussir à y être aussi performant qu’en club. On reste sur 4 victoires en Ligue des champions en 4 ans et je n’ai encore rien remporté en sélection. C’est une motivation supplémentaire.

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