Le protocole est désormais bien établi en Premier League, mais il peine manifestement encore à être accepté par tous. Depuis 2021, le championnat anglais autorise de courtes interruptions de jeu pour permettre aux joueurs musulmans de rompre leur jeûne à la tombée de la nuit. Samedi soir, lors de la victoire de Manchester City à Leeds (1-0), la rencontre a ainsi été stoppée à la 13e minute. Malgré un message d'explication diffusé sur les écrans géants d'Elland Road, une partie du public a copieusement hué les joueurs concernés, provoquant la colère froide de Pep Guardiola.
"Quel est le problème ?"
En conférence de presse, le manager catalan n'a pas caché son agacement face à cette réaction hostile visant notamment Rayan Cherki et Rayan Aït-Nouri. "Nous vivons dans un monde moderne, n'est-ce pas ? Vous voyez ce qui se passe dans le monde aujourd'hui. Respecter la religion, la diversité, c’est ça qui est essentiel", a martelé Guardiola. Il a rappelé que cette courte pause, prévue par le règlement, n'avait servi qu'à donner "un peu de vitamines" à ses joueurs à jeun, s'interrogeant ouvertement : "Quel est le problème ?".
Cette bronca a également fait réagir au-delà des bancs de touche. L'association anti-discrimination Kick it Out a publié un communiqué dénonçant une attitude "extrêmement décevante", soulignant que ce protocole est crucial pour rendre le football plus inclusif envers les communautés musulmanes. Le constat de l'organisation est amer : "Comme le montre la réaction de ce soir, le foot a encore beaucoup de chemin à parcourir en matière d’éducation et d’acceptation". Un avis d'ailleurs partagé par le banc de Leeds, l'adjoint Edmund Riemer admettant que son club devait "tirer des leçons" de cet incident.
La prise de position ferme de Pep Guardiola détonne et souligne une approche diamétralement opposée à celle observée de l'autre côté de la Manche. En France, la gestion du jeûne par les instances et certains techniciens reste beaucoup plus stricte. On se souvient notamment des polémiques liées à Antoine Kombouaré, qui avait tout simplement écarté certains de ses joueurs refusant de rompre le ramadan les jours de match. Une différence de culture sportive qui prouve que le débat est loin d'être apaisé.
