Angel Di Maria Troyes PSG Ligue 1 03032018Gettyimages

PSG-REAL : ancien soldat de la Decima, Di Maria veut faire oublier Neymar

"Neymar ? Mais Neymar encore ? À gauche, à droite, tout droit ? Bah je sais pas quoi vous dire, il est forfait, il est forfait. Le coach fera appel à d'autres joueurs." Exaspéré par l'insistance des médias, Presnel Kimpembe rappelait en zone mixte après le match contre Marseille que le PSG avait d'autres arguments que le Brésilien avant de recevoir le Real Madrid pour le rendez-vous de l'année. Un joueur en particulier convoque la lumière des projecteurs après un début d'année éblouissant (13 buts déjà cette année) : Angel Di Maria.

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De remplaçant déficient en 2017 à meilleur joueur du PSG depuis le début de l’année 2018, l'ascension a été vertigineuse pour El Fideo . Pas de quoi faire perdre le nord au génial gaucher cependant. Car si le PSG est encore un peu balbutiant dans l'aréopage des plus grands, son Argentin a déjà gravi toutes les cimes du football européen lors de son passage au Real Madrid. Même si la fin de son aventure madrilène évoque un certain gâchis, voire un gâchis certain.

Un archange revanchard

La gestion du cas Angel Di Maria nous rappelle les années les plus sombres et les saisons les plus blanches du madridisme, quand la notion d’équilibre était abstraite et quand les stars faisaient la loi dans un périmètre élargi, non délimité par la craie blanche du terrain, allant du vestiaire jusqu’aux bureaux de la direction. Le Real l'avait empêché de jouer la finale du Mondial 2014 malgré l'aval du staff argentin, avait recruté James à son poste et lui avait refusé une augmentation alors qu' El Fideo était le garant de l'équilibre ludique de l'équipe, évoluant à un poste reculé de relanceur/milieu relayeur dont il s'acquittait avec brio.

Un cas qui rappelle étrangement le départ de Claude Makelele en 2003, lors de la première ère Galactique, quand le Real, monument hystérique, faisait rimer "galactique" avec "post-apocalyptique", avec des années de reconstruction infructueuse, et un désert radioactif à traverser. Un enfer donc, qui laissait présager le parcours et la déchéance de ce personnage miltonien, sorte d'archange providentiel spolié, qui s'est finalement révolté contre la providence pour forger son propre destin loin de l'Éden d'où il a été expulsé.

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Rampe de lancement attitrée de la BBC sous Ancelotti, Di Maria avait très souvent alimenté le fameux trio offensif et lui avait permis de réussir moult contres incisifs et létaux comme le Bayern de Guadiola peut en attester après un humiliant revers 0-4 à la maison en demi-finale retour de C1 2014. Di Maria donnait souvent l'avant-dernière passe, celle qui lançait Bale, Marcelo ou Benzema pour servir In Fine Ronaldo pour la mise à mort. Et quand il ne jouait pas les porteurs d'eau de luxe au centre du pré, Di Maria faisait montre de sa polyvalence, à mi-chemin entre soutier et ailier, entre stratège et trimeur zélé sur son flanc gauche, capable de marquer et de faire marquer d'un coup du foulard osé.

Élément primordial de la conquête de la Decima, Di Maria avait été nommé meilleur joueur de la finale de la C1 2014 après avoir notamment offert à Gareth Bale le but de la victoire après avoir dribblé Tiago, Juanfran et Joao Miranda et buté sur Courtois tel un ange déployant ses ailes blanches après, tout de même, 109 minutes de lutte au cours desquelles il avait subi le traitement de faveur des rudes défenseurs Rojiblancos , provoquant notamment trois cartons jaunes chez ses adversaires. Xabi Alonso lui avait d'ailleurs rendu hommage : "Merci pour tout, 'Fideo'! Nous n'oublierons jamais ton zig-zag à Lisbonne!"

Ange déchu cherche paradis perdu

Plus que ces fulgurances individuelles, Di Maria était surtout le gardien de l'équilibre sur le pré, fruit d'une refléxion intense, portant sur plusieurs mois de la part de Carlo Ancelotti, qui avait fini par adopter un 4-3-3 très offensif avec l'arrivée de Bale où Di Maria assumait un rôle reculé et au sein duquel le terme "replacement défensif" n'était pas vain. Meilleur passeur de Liga cette saison-là avec 17 offrandes, il était aussi le deuxième en C1 avec 6 passes décisives pour un apport précieux d'un bout à l'autre du terrain.

Le Real et Zidane s'en méfient d'ailleurs comme de la peste : "Neymar est parmi les trois meilleurs joueurs du monde, mais Angel Di Maria sait qu’il est un grand joueur. Il se bat, travaille et a beaucoup de qualité" , a prévenu Casemiro au micro de Movistar samedi soir. Après avoir ouvert les portes du paradis au Real suite à tant d'années de quête de la Decima, Di Maria, en l'absence de Neymar, se tient prêt à introduire le PSG au panthéon des plus méritants. Car après tout, pour un ange, déchu, vendu avant de finalement se racheter, c'est forcément une vocation.

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