PSG Rapid Wien 1996Getty

PSG-Bayern - Guérin, Fournier, Bravo : les héros de 96 font l'avant-match

Ils ont marqué l'histoire du Paris Saint-Germain. En battant le Rapid Vienne (1-0) en finale de Coupe des coupes en 1996, Vincent Guérin, Laurent Fournier et Daniel Bravo sont entrés dans la légende du club francilien en devenant les premiers à remporter une coupe d'Europe avec le PSG. Ce dimanche, ils voudront voir la nouvelle génération soulever la Ligue des champions. La première pour Paris. Il faudra battre le Bayern. Une grande affiche en perspective.

Guérin à Goal : "1996 ? Un moment unique, à jamais gravé"

Vous étiez de l’aventure pour la première et dernière victoire du PSG en Coupe d’Europe contre le Rapid Vienne. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Vincent Guérin : Jouer une finale européenne, c'était compliqué hier, ça l'est encore aujourd'hui, et ça le sera demain. C'était une première pour nous, on voulait absolument la gagner. Ça s'est fait avec beaucoup de tension. Il a fallu gérer l'émotion d'un événement comme celui-là. Ce n'est jamais facile, mais ça avait été un partage et un bonheur extraordinaire avec les supporters, les gens du club. C'est un moment unique qui restera gravé à jamais.

Laurent Fournier : Ce sont des souvenirs exceptionnels, surtout que sur l'épopée nous n'avions perdu qu'un match, à Parme, et je n'y étais pas. Luis [Fernandez] peut me dire merci (rires). On vivait des moments compliqués en championnat et le groupe s'est remobilisé. Tout le monde parle de cette victoire contre le Rapid Vienne, mais avant on bat quand même Parme et La Corogne. Ce n'étaient pas des matches faciles.

Daniel Bravo (consultant beIN Sports) : C'était l'aboutissement pour moi et pas mal de mes coéquipiers. On avait joué plusieurs demi-finales, et cette fois on est allé au bout ! Je me souviens d'une discussion avec Bernard Lama. On s'était dit qu'il ne fallait pas juste jouer cette finale, il fallait la gagner, surtout qu'on était sur la trentaine. Il était inenvisageable de passer à côté. On avait une grande motivation et l'expérience nous a permis de plutôt bien gérer l'événement avant et pendant le match.

Fournier : "Ne surtout pas se mettre la pression"

Vous avez l’expérience d’avoir disputé une finale européenne, quelles sont les clés pour remporter un match de cet envergure ?

V.G : Si on avait des clés, j'aurais remporté la finale qui a suivi contre Barcelone. L'expérience est un élément important. On arrive mieux à gérer ce genre de situation. Après, c'est la notion d'équipe et de groupe qui fait la différence. Le PSG a échoué à plusieurs reprises. Ils ont explosé le plafond de verre au retour contre Dortmund. En les battant, ils ont vaincu leurs démons. C'est un match important qui a beaucoup compté contre Bergame je pense. Ils se sont battus jusqu'au bout, ce qui n'aurait peut-être pas été le cas les saisons précédentes. Ils sont arrivés avec plus de confiance et de force pour la demi-finale contre Leipzig qu'ils ont maîtrisé parfaitement. Il y avait de la variété dans la possession, dans le jeu long, dans le jeu en profondeur. C'est peut-être le match référence.

L.F : Il ne faut surtout pas se mettre la pression. Chacun doit être dans sa bulle. J'ai perdu une finale de Coupe d'Europe des clubs champions avec Marseille contre l'Etoile Rouge, et une autre avec le PSG contre Barcelone, mais je ne me fais pas de soucis pour les joueurs du PSG aujourd'hui. Ils ont la qualité pour l'emporter.

D.B : L'expérience des grands rendez-vous vous permet en général d'aborder ces matches surmotivés, mais avec la tête froide. C'est ce qu'il y a de plus difficile, surtout pour les jeunes joueurs. Mais pour ce PSG, je n'ai pas de craintes. Il y a des joueurs internationaux, qui ont tous joué une ou des Coupes du monde. La motivation va prendre le dessus sur la peur, et avec leur expérience je suis persuadé qu'ils vont nous sortir un grand match.

Bravo : "Quelque chose s'est créé contre Dortmund"

Le PSG semble avoir trouvé un collectif qui se plait à être ensemble et jouer ensemble. Ne serait-ce pas la grande force du PSG cette saison ?

V.G : C'est une de leur grande force, certainement, et ça s'est construit au fil de la saison. Il y a une forte possession au niveau du jeu qui existait, et qui existe encore. On l'a vu contre Leipzig. Quand vous gagnez lors d'événements européens, ça soude le groupe automatiquement. J'ai vu ce qu'a dit Mbappé. C'est difficile de le percevoir de l'extérieur, mais ils semblent avoir renforcé les liens en dehors de l'aspect terrain.

L.F : Le match retour contre Dortmund a révélé une équipe. C'était à huis clos et on a vu beaucoup de solidarité. Kylian Mbappé était sur le banc, Thiago Silva était absent et ce match a donné de l'importance au groupe. Beaucoup de gens les ont critiqués parce qu'on les voyait en soirée, en discothèque ou dans les bars. Mais nous, on l'a fait pendant vingt ans vous savez, et ça soude un groupe. Vous êtes ensemble, vous déconnez, vous avez des choses à raconter. La plus mauvaise chose dans un groupe, c'est de rien avoir à se dire le matin. Là au moins, ils avaient des choses à se dire puisqu'ils ont fait les conneries ensemble.

D.B : C'est peut-être ça qui a changé. Le PSG a l'équipe qu'il faut depuis longtemps, mais il manquait quelque chose jusqu'ici. Il manquait de la réussite, bien sûr, mais aussi une force collective qu'ils ont cette saison. On l'a vue sur le match retour contre Dortmund. On a senti un déclic. Quelque chose s'est créé. J'ai apprécié les fêtes d'anniversaire qu'ils ont pu faire. Certains supporters l'ont peut-être mal vécu, mais je pense que c'est dans ces moments-là qu'on noue des liens particuliers qui vous servent après sur le terrain. Ce sera le Bayern en face, mais je pense que Paris est au moins aussi fort que le Bayern cette saison.

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Bravo : "Neymar, Mbappé, Di Maria. Trois phénomènes devant"

Neymar et Mbappé sont les deux cracks de cette équipe à Lisbonne. Seront-ils les éléments forts de Paris en finale ? Pensez-vous que ce soit le meilleur duo offensif du monde ?

V.G : On parle beaucoup de Neymar et Mbappé parce qu'ils s'entendent bien et sont décisifs, mais je n'oublierai pas Di Maria. Il a été impliqué sur les trois buts contre Leipzig. Ce n'est pas la première fois qu'il est performant, ça fait plusieurs saisons déjà. Le PSG a une triplette monstrueuse, ça dépendra d'eux aussi forcément.

L.F : Qui  peut dire le contraire ? Regardez ce que peut faire Mbappé ! Neymar, techniquement, c'est exceptionnel. En ce moment, il ne lui manque que la finition. Contre Leipzig, le milieu Marquinhos, Paredes, Herrera a été complémentaire de ces joueurs-là. Sans oublier Di Maria. Avec le retour de Marco Verratti, je pense que le coach du PSG (Thomas Tuchel) va devoir se creuser la tête pour choisir le milieu de terrain le plus travailleur et disponible pour les trois de devant.

D.B : Évidemment ! Et on peut aussi associer Di Maria. Neymar et Mbappé sont deux des meilleurs joueurs du monde, mais le PSG a trois phénomènes devant. On mise énormément sur eux car sur une finale, c'est souvent le talent de ces joueurs qui fait la différence. Il faudra qu'ils soient efficaces et que l'équipe soit solide. Pour être parfait, il ne manque qu'un but à Neymar. Dans le jeu, il est fantastique et il devra marquer ses occasions cette fois-ci.

Guérin : "C'est du 50-50, mais Paris n'est pas en dessous... au contraire !"

Il faudra battre le Bayern Munich pour soulever le trophée. À quel scénario vous attendez-vous ? Peut-on réellement dégager un favori ?

V.G : C'est du 50-50. On ne gagne jamais les matches sur le papier. Le Bayern a des forces, mais aussi des faiblesses. Il ont eu un petit peu de réussite contre Lyon sur le début de match, même si leur victoire est logique et méritée. Paris n'est pas en dessous au contraire ! Tout va dépendre de la gestion du match. Si le PSG a la même maîtrise au milieu de terrain que face à Leipzig, ça risque de contribuer au succès parisien.

L.F : Le PSG a les qualités individuelles pour battre le Bayern, mais attention ! Si le Bayern est dans la lignée collective du match contre Barcelone, ils seront redoutables. On a quand même vu que Lyon s'en était bien sorti en se créant beaucoup d'occasions. Je pense que le PSG peut s'en sortir avec la vitesse de Neymar et Mbappé. Méfiance tout de même sur les coups de pied arrêtés. Ils sont capables de vous tuer un match en trois minutes et vous dire "merci monsieur, c'est fini. On rentre à la maison !"

D.B : Sur l'histoire, je dirai que le Bayern est favori. Mais tous les supporters du PSG, surtout après le match contre Lyon, se disent que ce Bayern n'est pas imbattable. Paris aura des opportunités et s'ils sont efficaces, je suis sûr que Paris peut battre le Bayern. Je suis assez confiance, j'espère juste qu'ils vont sortir un gros match.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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