Leo Lacroix Saint-EtienneGetty

Prêté par l'ASSE, Leo Lacroix pourrait rester en Allemagne : "Rester à Hambourg la saison prochaine ? Pourquoi pas ?"

Le HSV Hambourg, monument absolu du football allemand, connaît cette saison les affres de la deuxième division. Mais le club aux 55 saisons parmi l'élite allemande n'a pas été lâché par ses supporters, loin s'en faut. Jouant devant plus de 50.000 supporters chaque semaine, le HSV est leader du classement et rêve d'imiter la Juventus Turin en ne passant qu'une petite saison dans le purgatoire avant de retrouver les cimes auxquelles il est habitué.

Prêté par l'ASSE, Léo Lacroix découvre cette incroyable ferveur populaire et cette culture du football sans commune mesure avec ce que l'on peut retrouver en France. Il se confie sans un entretien-fleuve, sans ambages et qui fleure bon l'escalope de gazon fraîchement retournée, la bière frâiche frâcihement brassée, et les chants virils des supporters à gorge déployée se répercutant comme un écho dans les travées des petits stades de l'antichambre allemande. Le joueur prêté par Saint-Etienne affirme d'ailleurs qu'il pourrait se laisser tenter par le fait de prolonger son séjour dans les entrailles d'un club mythique au delà de son prêt d'une saison.

Le HSV est un peu l'équipe à abattre cette saison en deuxième division allemande. Vous le ressentez lors des matches ?

C'est sûr que c'est la première fois que le club descend en première division. C'est un club qui a l'objectif de remonter tout de suite. Mais ce n'est pas facile. Les clubs qui n'ont jamais joué contre Hambourg en Bundesliga font tout pour battre le HSV. Mais c'est à nous d'être plus malins et de faire jouer notre expérience afin d'avoir les résultats sur le terrain.

Comment vous vivez de l'intérieur cette première saison en seconde division pour un club historique qui a vécu 55 saisons dans l'élite du football allemand ?

Oui c'est clair que c'est tout nouveau pour le club de vivre une saison en deuxième division. Mais c'est comme ça, dans un club où il y a beaucoup d'objectifs et beaucoup d'envie. C'est sûr qu'il y a beaucoup plus de pression. Mais c'est une pression que les joueurs savent gérer. On a appris à faire avec. Une pression positive avec un appui incroyable des supporters.

En effet, vos supporters ne vous lâchent pas et vous suivent avec toujours autant de ferveur malgré le fait d'évoluer en D2, Comment expliquez vous que votre stade soit toujours rempli ?

C'est un appui incroyable. Chaque match que l'on joue à domicile est disputé devant plus de 50,000 spectateurs. Puis quand on va à l'extérieur, c'est eux qui remplissent la plupart du stade. À la maison comme loin de nos bases, on joue toujours devant nos supporters. Mais d'un autre côté, cela crée une grosse attente des fans sur nos performances, car ils veulent que l'on remonte tout de suite. Quand on a gagné contre Cologne (lundi 05 novembre, 1-0 à domicile, ndlr), les gens étaient très contents après avoir été tendus tout au long du match. Quand on a marqué vers la fin (86e), on a senti l'explosion de joie de tout le monde. C'est fou. Et gagner donne encore plus d'envie aux supporters de remplir le stade et de nous suivre.

Depuis sa relégation, le Dino a enregistré pas moins de 7500 nouvelles cartes de membres. Vous pensez qu'il ya une meilleure culture du football chez les supporters allemands que chez les Français ?

Je pense que oui, parce que les stades sont pleins de la première à la troisième division. Les gens vivent vraiment le football. Même pour des équipes méconnues des divisions inférieures. Il y a une structure, une base de fans, spécialement à Hambourg mais aussi partout en Allemagne. Je pense que au niveau de la culture de supporters, ça se rapproche pas mal de l'Angleterre.

Leo Lacroix Saint-EtienneGetty

Vous continuez à suivre les résultats de l'AS Saint-Etienne ? Que pensez-vous de l'équipe cette saison ?

Comme j'appartiens toujours à l'ASSE, il est clair que je suis toujours l'actualité du club et je regarde des matches quand j'en ai la possibilité. Je suis les résultats et j'ai toujours des contacts avec les joueurs là-bas.J'ai vu qu'ils avaient fait un gros match contre Angers. C'était pas facile. Je pense qu'ils vont pouvoir titiller le haut du classement bientôt.

Pour vous qui avez connu les deux, quel est le championnat le plus dur, notamment au niveau de l'engagement, du physique... La Ligue 1 ou la D2 Allemande ?

C'est très différent. Ici, c'est un football qui se rapproche beaucoup de la Bundesliga avec beaucoup de pressing, où l'on défend très haut et où l'on essaie de récupérer le ballon le plus haut possible. C'est très différent de ce que l'on peut voir en France où ça joue en contre, c'est plus tactique etc. En Allemagne, c'est plus agréable et ça peut aller dans les deux sens très, très vite. De plus, on possède à Hambourg une qualité technique supérieure aux autres équipes, avec pas mal de joueurs qui viennent de première division et qui ont de l'expérience, du coup, on a souvent le ballon, on fait un bon pressing et on se crée pas mal d'occasions. Donc c'est plaisant.

Quels sont vos projets d'avenir ? Vous êtes plus dans l'optique de revenir à l'ASSE ou plutôt de rester à Hambourg ?

Moi pour l'instant, je veux aider le HSV à remonter, apporter ma pierre à l'édifice. C'est un grand challenge. Mais si je reste ici, ce serait quelque chose de très bien pour moi, pour ma carrière.

Justement, par rapport à votre carrière, est-ce que la sélection nationale Suisse est toujours dans un coin de votre tête ?

Oui, bien sûr. Tout le temps. Une fois qu'on a goûté à la sélection, à voyager, à accrocher une qualification pour la Coupe du monde... C'est toujours agréable de pouvoir retourner en sélection de pouvoir s'entraîner avec d'autres joueurs, côtoyer d'autres entraîneurs et de retourner aussi à la maison, tout simplement. Donc c'est sûr que ça reste dans un coin de ma tête, mais pour y retourner, il faut travailler, il faut bien jouer et espérer que ça se passe bien.

Par rapport au fait de côtoyer de grands joueurs, quel est votre souvenir de votre ancien coéquipier Granit Xhaka ? Qu'est-ce qui vous impressionne le plus chez lui ?

Je l'ai connu en sélection U18, U19, ensuite il est monté directement plus haut. Il a énormément de qualité, il peut faire la différence sur ses passes, ses récupérations de balles, ses buts... C'est le meneur de jeu de la sélection suisse, il en est actuellement capitaine. La sélection est construite autour de lui. Je pense que tout ce qu'il lui arrive, il le mérite, car c'est un bosseur. On le voit à Arsenal où il est titulaire, c'est un vrai meneur de jeu.

Que pouvez-vous nous dire sur la sensation Pierre-Michel Lasogga ? Qu'est ce qui le rend si spécial ?

Je ne le connais que depuis deux mois, mais c'est un véritable attaquant des 16 mètres, qui est costaud, qui sait bien garder les ballons, toujours à l'affût dans la surface et qui sait marquer des buts. Il fait également beaucoup de pressing et il marque beaucoup de buts. En dehors du terrain, c'est quelqu'un de très apprécié dans le vestiaire, quelqu'un avec qui on peut discuter tranquillement. Quelqu'un de très agréable à vivre au quotidien.

Vous côtoyez Hannes Wolf depuis quelques mois. Quel genre de coach est-il ?

C'est un entraîneur jeune, mais qui dispose déjà de beaucoup d'expérience. Il a réussi à être promu avec Stuttgart il y a quelques années, ce qui lui permet d'amener son expérience, lui qui nous fait beaucoup travailler à l'entraînement. C'est simple, nos entraînements ressemblent à des matches au niveau de l'intensité, de la pression, de la technique. C'est un entraîneur perfectionniste. Avec lui, on ne fait pas de passes pour faire des passes. On va beaucoup apprendre avec lui et beaucoup grandir. Cela va aussi de permettre de m'améliorer personnellement.

Le challenge d'essayer d'empêcher un club allemand mythique de disparaître semble beaucoup vous plaire. C'est une expérience spéciale pour n'importe quel joueur ?

Bien sûr, on est en deuxième division, mais la ville respire le football comme si nous étions en première division. Comme je l'ai déjà dit, on joue à la maison devant 53,000 spectateurs, même contre des clubs du bas du classement. Toute la ville montre qu'on est prêt à remonter en première division la saison prochaine. Le travail que les supporters font dans les tribunes est incroyable. Ce n'est pas facile, mais tout est réuni pour qu'on atteigne notre objectif. C'est clairement un beau challenge.

Est-ce que vous vous voyez demain en Bundesliga dans l'effectif du HSV ? C'est un scénario qui vous convient ?

Oui, c'est clair. Moi j'ai une option dans mon contrat et si l'équipe monte, je peux toujours décider de rester ou pas. Ce sera à moi de discuter ça avec ma famille une fois le moment venu. Pour l'instant, je suis vraiment focalisé sur notre objectif qui est la montée.

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