Du haut de ses 35 ans, André-Pierre Gignac détonne au milieu de ses coéquipiers. Exilé au Mexique depuis 2015, l’attaquant a fait son retour en France, mercredi, pour commencer la préparation des Jeux Olympiques de Tokyo. Car oui, l’ancien Marseillais fait partie des trois joueurs de plus de 23 ans sélectionnés par Sylvain Ripoll pour prendre la direction du Japon.
A la différence de certains de ses coéquipiers, Gignac est un nom sur lequel le sélectionneur des Bleuets voulait s’appuyer dès le départ.
"Ça remonte à janvier-février quand le coach m’a appelé et m’a fait part de son intérêt d’être dans la liste élargie, confie-t-il. Il voulait savoir mes attentes et mon envie. Forcément quand l’équipe de France de foot n’est pas aux JO depuis 1996, qu’on a 35 ans et qu’on n’est pas retourné en équipe de France depuis quatre ans, on est un peu excité, comme un fou."
Comme un poisson dans l’eau au milieu de ses jeunes compagnons de jeu, André-Pierre Gignac vit un rêve éveillé avec les Bleuets. Présent dans la pré-liste, il a mis tout de suite les choses au clair avec les Tigres de Monterrey. Hors de question de bloquer son départ vers le Japon.
A 35 ans, il n’aura plus l’opportunité de vivre une telle expérience pour son pays, lui qui a quand même vécu une finale de l’Euro à domicile.
"Je leur ai bien fait comprendre que c’était un rêve, a-t-il expliqué. J’ai beaucoup donné pour ce club. Je ne leur ai pas trop laissé le choix, ils ont été compréhensifs. Ils avaient envie de me laisser faire les JO."
"C’est aussi intéressant pour eux en termes d’image après le transfert avec Florian (Thauvin). Moi, je n’ai pas été beaucoup blessé, je n’ai pas raté beaucoup de matchs. Ils ont été compréhensifs et je les ai remerciés."
Malgré son vécu et son statut d’idole au Mexique, Gignac trépigne d’impatience à l’idée d’être dans le village olympique et croiser ainsi des athlètes qu’il suit d’habitude à travers un écran.
"Ça représente mon enfance, le hand, le basket, l’athlétisme, le judo avec Teddy Riner, énumère-t-il. Je suis un fou de sport. Être au milieu de tous ces athlètes, c’est un truc de malade pour un passionné comme moi qui regardais les JO à la télé. Faire partie de ce groupe presque 25 ans après, c’est fabuleux pour moi."
Mais pas question pour lui d’aller en Tokyo en touriste. Après être passé à côté d’un titre avec les Bleus lors de l’Euro 2016, Gignac compte bien se rattraper en ramenant une médaille olympique. De quoi lui permettre d’oublier ce fameux tir sur le poteau contre le Portugal.
