Paris FC - Pierre Ferracci : "La voie à suivre est celle de l'Ajax"

Commentaires()
PFC
Le président du Paris FC, Pierre Ferracci, se veut ambitieux pour son club, qui a inauguré ce mardi son nouveau centre d'entraînement à Orly.

Quatrième de Ligue 2 et barragiste à deux journées de la fin du championnat, le Paris FC a inauguré ce mardi son nouveau centre d'entraînement et de formation. Un espace de travail de haut niveau, symbole des ambitions du club parisien. Son président, Pierre Ferracci et son manager général, Pierre Dréossi, arrivé en 2015 en provenance de Rennes, s'expriment sur le futur qu'ils projettent pour leur club, aujourd'hui le mieux placé pour devenir le fameux deuxième club de Paris.

Vous disposez maintenant d'un nouveau centre d'entraînement et de formation. A quel point la formation est-elle importante dans la stratégie du Paris FC ?

Pierre Ferracci : "On a joué la carte de la formation d'entrée, on a d'abord cherché à faire monter toutes les équipes de jeunes au plus haut niveau. La formation orientée vers l'équipe première, pas pour qu'ils partent tous. Hier le club travaillait pour les autres, aujourd'hui il travaille pour lui-même."

Pierre Dréossi : "Evidemment, le premier but est de conserver les meilleurs jeunes, il faut absolument lier l'ambition du club à la formation : avoir les moyens de les retenir et disposer des infrastructures pour cela. Il n'y a pas de raison que le Paris FC ne devienne pas l'un des meilleurs clubs formateurs français."

Pierre Ferracci - Paris FC

Pierre Ferracci lors de l'inauguration du centre d'entraînement du Paris FC, mardi 7 mai 2019

Comment voyez-vous la fin de saison 2018-2019 ? La Ligue 1 est-elle un objectif à court ou moyen terme ?

Pierre Ferraci : "J'espère que nous resterons à cette quatrième place du championnat. Nous avons devant et derrière nous trois équipes qui jouaient ouvertement la montée [en début de saison], ce qui n'était pas notre cas. Nous avons deux matches difficiles à jouer, dont le prochain face au Red Star, qui va descendre en National. C'est un derby et on sait très bien qu'ils ne nous feront aucun cadeau. J'espère que nous jouerons les barrages."

Pierre Dréossi : "C'est facile d'avoir des objectifs dans la vie, je pense qu'il y a 15 clubs en Ligue 2 qui ont l'ambition de monter. Notre objectif, c'est de nous donner les moyens d'aller en Ligue 1. Ce centre est un des éléments qui fera que le club aura plus de chances d'y parvenir. La Ligue 2 est un championnat difficile, son niveau est assez homogène. C'est le club qui a le meilleur focntionnement qui peut s'en sortir."

"Poursuivre à Charléty le parcours qui va nous mener un jour à la Ligue 1" (Pierre Ferracci)

Stade Charléty Paris FC

Le Paris FC évolue aujourd'hui au stade Charléty (18 528 places), dans le 13ème arrondissement de Paris, avec seulement la 14ème affluence de Ligue 2 (3 735 spectateurs de moyenne). La prochaine étape est-t-elle de construire votre propre stade ?

Pierre Ferracci : "La renovation de Charléty, si on y arrive, ça prendra du temps. Si on monte en Ligue 1 dans les 2-3 ans, il faudra trouver une solution de transition. Moi, aller jouer à Jean-Bouin pendant une période donnée, ça ne me dérange pas. Le pire serait d'y aller sans avoir de projet consistant à proposer. Notre projet, c'est un jour de disposer d'un stade pour le club. J'ai l'habitude de dire que nous ne sommes pas prêts à monter en Ligue 1 parce que, si nous avons ici un superbe outil avec le centre de formation, la question du stade se posera demain pour l'équipe première et les féminines. J'espère qu'on pourra faire évoluer la donne à Charléty, car c'est là que l'on a connu nos belles heures et on aimerait y poursuivre le parcours qui va nous mener un jour à la Ligue 1. Et faire en faire en sorte que cette histoire qui agite le monde du football depuis 50 ans autour du deuxième club parisien se réalise."

Quel est le modèle à long terme ? L'objectif est-il de bâtir un deuxième club de haut niveau à Paris – qui ne compte qu'un seul club en Ligue 1 quand Londres héberge sept clubs de Premier League cette saison – et concurrencer le PSG ?

Pierre Ferracci : "Le modèle, c'est plutôt l'Ajax Amsterdam, qui a un budget du niveau de celui de Saint-Etienne, Rennes ou Nice, qui sont déjà de beaux budgets. Mais ce n'est pas le budget du PSG, de Barcelone, il faut arrêter. On ne va pas passer à quelque chose de comparable au PSG. Vous imaginez un Ajax francilien ? Moi j'en rêve. Ils consacrent le tiers de leur budget aux jeunes et parfois ils sortent une équipe en capacité d'atteindre la finale de la Ligue des champions ! Pour moi, la voie à suivre, c'est celle-là. Londres est une exception dans l'autre sens. Plus de 50 % des pros français sortent du bassin de l'Île-de-France : cela mériterait bien trois ou quatre clubs franciliens en Ligue 1 et Ligue 2."

L'article continue ci-dessous

Pierre Dreossi, vous avez été directeur sportif à Lille et au Stade Rennais. Vous avez ensuite rejoint le Paris FC, où vous avez connu la Ligue 2 mais aussi le National. La Ligue 1 vous manque-t-elle ?

"Vous me demandez si je souhaite rejoindre un autre club que le Paris FC ? Quand on est engagé dans un projet, il faut aller jusqu'au bout. Je pense que la fierté de bâtir un deuxième club d'envergure à Paris est plus importante que d'aller dans un club de première division qui joue juste pour faire une bonne saison. On veut que le Paris FC soit un club parisien, avec des joueurs parisiens issus de notre centre de formation. Notre modèle est différent du PSG, mais ne s'y oppose pas."

Gaëtane Thiney Pierre Ferracci - Paris FC

Gaëtane Thiney, Pierre Ferracci et Brigitte Henriques lors de l'inauguration du centre d'entraînement du Paris FC

Vous avez fusionné avec Juvisy (D1 féminine) il y a deux ans et désormais vos équipes masculines et féminines sont réunies au Groupe ADP – Centre d’entraînement Paris FC. Quelle importance accordez-vous au développement du football féminin ?

Pierre Ferracci : "Le sport le plus populaire de la planète ne peut pas se permettre de ne pas avoir de femmes dans son giron. Tous les clubs sont obligés d'investir dans le football féminin. Tous les grands sports sont à la fois féminins et masculins. On a été ravis de fusionner avec Juvisy parce qu'on a gravi trois divisions d'un coup. Le club consacre 12 % de son budget au football féminin, c'est la part relative la plus élevée des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, même si à Lyon et au PSG le budget est beaucoup plus élevé. La fusion avec Juvisiy nous a amenés à franchir une étape plus rapidement que prévu. Cela apporte un équilibre necessaire pour le football et la société. Nous faisons ce que d'autres n'ont même pas tenté de faire : rassembler nos équipes masculine et féminine dans un même lieu, je pense que ça apporte un plus au club."

Fermer