OPINION - Avec Dembélé, le Barça est-il en train de récolter ce qu'il a semé ?

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Si Ousmane Dembélé en est là aujourd’hui, c'est aussi la faute du Barça qui avait poussé le Français à aller au bras de fer avec le BvB.

Nous sommes en août 2017. En pleine spéculation sur son départ vers Barcelone, Ousmane Dembélé avait manqué de se présenter à l'entraînement au Borussia Dortmund, écopant d'une suspension mineure, qui ne l'avait d'ailleurs pas empêché de négocier en secret avec le Barça qu'il rejoindra dans la foulée.

Million Dollar baby

Selon les médias allemands à l'époque, l’international français était contrarié par l’absence d’accord de la part du Borussia, refusant de céder aux avances du Barça pour ses services. "Déçu" selon certains, "vexé" d'après d'autres, Dembélé avait en tout cas mis tout le monde d'accord sur son absence de vergogne et accessoirement, de professionalisme. 

Un manque d'implication que le Barça a pu vérifier ces dernières semaines, avec des retards à l'entraînement, où le joueur a pretexté une fulgurante infection intestinale, mais aussi un retard pour le match face au Betis, où le Français n'était pas convoqué, mais était sommé d'arriver 45 minutes avant le début de la rencontre avec le reste de ses coéquipiers, comme le veut la tradition au Barça afin de sauvegarder l'implication du groupe. Il arrivera avec deux minutes de retard.

Le malade imaginaire 

Mais si les gastros de Dembélé sont imaginaires, la nausée qu'il inspire aux éditorialistes catalans, voire, selon certains, aux dirigeants du Barça, est bien réelle. Réflexe émétique de Toni Frieros, journaliste pour le quotidien sportif barcelonais SPORT, pour qui Ousmane est "déconnecté du groupe", et montre un "manque de professionalisme marqué". "Le Barça ne peut permettre à personne de se comporter de la sorte. Les attentes sont très hautes et ceux qui ne peuvent pas les satisfaire savent où se situe la porte", a tonné l'éditorialiste, qui estime que Barcelone aurait dû "faire ses devoirs correctement" avant d'investir sur un joueur notoirement capricieux et volage.

Son collègue à SPORT, l'illustre Luis Mascaro, estime que Dembélé est tout simplement "une mauvaise affaire" pour le Barça : "Ils ne peuvent même plus le vendre pour la moitié de son prix d'achat.". Deuxième transfert le plus cher de l'histoire du club après Philippe Coutinho, Dembélé ne s'est adapté ni au système de jeu, ni au noyau de l'équipe au sein du vestiaire selon ce spécialiste des Blaugrana.

Décomposition d'équipe

Au lieu d'une greffe réussie à l'organigramme catalan, si particulier dans ses principes ludiques et son armature mythologique matinée de velléités identitaires prononcées, c'est d'une grève qu'a hérité le Barça. Dembélé ne semble pas équipé pour digérer les critiques pourtant constructives d'un Valverde pédagogue. Il les rumine.

L'itinéraire d'un enfant gâté par les dieux du football et pétri de talent, puis pourri par des choix discutables (et  discutés) et une mauvaise hygiène de vie. Le processus de décomposition est-il lancé ? Difficile pour l'instant d'opter pour le froid de table de dissection ou la chaleur de l'autel de rédemption, mais une chose est certaine, dans cette affaire le Barça récolte simplement ce qu'il a semé.

Quand "Barça" rime avec "Karma"

Le football a beaucoup changé ces dernières années. Les projets de jeu ont laissé la place aux projets de 'je'. Grâce aux réseaux sociaux, le footballeur n'a plus besoin d'être consacré. Il se consacre lui-même. Les footballeurs sont plus puissants en termes d'abonnés et de "branding" que les clubs qui les emploient. Grisés par toute cette exposition, grimés en hommes-sandwichs pour des sponsors dénués de scrupules, les joueurs, quand ils sont mal entourés, se font prendre au piège, hors du jeu, loin de l'espace délimité à la craie blanche du terrain. 

Dans le cas présent, ce comportement a été encouragé par les agissements du Barça lors du transfert de Dembélé. La mise en place du climat du "joueur roi", constaté ces dernières années au fil des transferts ou des prolongations de bail de stars où les exigeances les plus fantasques côtoient les montants les plus fous, le Barça, en exhortant Dembélé à aller au clash et en lui garantissant son totem d'immunité, y a contribué.

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Uli Hoeness, gardien du temple au Bayern Munich, avait d'ailleurs vertement tancé le club catalan et le joueur français à l'époque de son départ spectaculaire de Dortmund. Le dirigeant bavarois avait averti le club espagnol sur les dangers d'une telle dérive. "Si Barcelone est derrière tout ça, alors je n'ai plus aucun respect pour ce club. Pousser un joueur à casser un contrat, c'est pire que de l'amateurisme (...) Si les contrats sont étanches, le joueur et son agent peuvent faire ce qu'ils veulent". Prophétique.

Dembélé, le conte est bon ?

L’histoire de Dembélé, c’est un peu une fable enfantine, à la morale puérile. Le talent ne fait pas tout, et quand une carrière est gérée avec les pieds, même si ce sont les pieds d'un virtuose, il y a de grandes chances pour qu’elle ne décolle jamais. En cas de départ cet hiver, et après un vol d’exocet au Barça, on imagine bien que la presse espagnole ne l’appelle plus autrement que "l'ex-Barcelonais" pour souligner une appartenance passée qui ne passe pas. Dembélé, c'est peut-être, déjà, un destin gâché, une bio dégradable, une réputation dégradée.

Sera-t-il un nouvel ambassadeur du football désincarné ? Son destin semble le diriger vers un érythème bien calé dans le ventre mou de la Premier League pour y encaisser ses chèques hebdomadaires estampillés "droits TV de Sa Majesté" avec une régularité qu'on aimerait plutôt lui voir sur le pré, avec sans doute, pourquoi pas, en ultime pied de nez, un bras de fer avec le Barça pour le faire céder. Chassez le naturel, il revient au mercato ? Un transfert de plus, peut-être dès janvier, où le compte sera certainement bon. Le conte, onirique, d'un gamin au talent fou qui flanque Messi et Suarez dans le meilleur club du monde, beaucoup moins.  

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