Mikel Merino, le milieu de terrain vedette de l’équipe d’Espagne, a affirmé que le groupe traversait une sorte de « période de deuil » pour digérer le choc du match nul inattendu face au Cap-Vert lors de l’entrée en lice des deux équipes dans cette Coupe du monde.
Les Cap-Verdiens, qui découvraient la Coupe du monde, ont surpris en tenant les stars espagnoles en échec (0-0) à Atlanta ; le gardien expérimenté « Fozinha » a été désigné homme du match, tandis que la jeune pépite Lamine Yamal, encore en manque de rythme, est entrée en jeu en cours de rencontre. L’autre match nul, entre l’Uruguay et l’Arabie saoudite, a ravivé la lutte et maintenu le suspense au sein du groupe H.
La délégation espagnole a regagné son camp de base à Chattanooga (Tennessee) pour peaufiner sans tarder sa préparation en vue du match décisif face à l’Arabie saoudite, programmé dimanche.
Mérino s’est exprimé mardi lors d’une conférence de presse d’une demi-heure, rapportait le site ESPN : « Chaque joueur vit ce deuil à sa manière : certains visionnent aussitôt les images du match, d’autres coupent totalement l’alimentation audiovisuelle. C’est une période d’amertume après avoir laissé filer trois points, mais nous avons déjà commencé à analyser les axes d’amélioration. »
Interrogé sur l’emploi du mot « deuil », le milieu d’Arsenal a précisé : « Peut-être que les mots m’ont manqué pour m’exprimer avec précision, c’était simplement une métaphore ; personne n’est mort, bien sûr, et ce n’est pas du deuil au sens littéral. Mais une défaite peut parfois créer cette impression : quand on a un esprit de compétition très exigeant, qu’on veut donner le meilleur de soi-même et qu’on n’y parvient pas, on rentre chez soi sans même avoir envie de parler à sa famille… C’est pour cette raison que j’ai comparé cela à un deuil. »
Il a alors cité l’exemple de l’Argentine, championne du monde 2022 malgré un départ manqué contre l’Arabie saoudite, et conclu : « Beaucoup de grandes histoires du football ont commencé par des matchs médiocres, à l'image du dernier champion du monde, battu d'entrée par l'Arabie saoudite en 2022 avant de soulever le trophée. Nous n'en sommes qu'au début et notre équipe possède une large marge de progression. »
Il rappelle aussi la « génération d’or » espagnole, championne du monde 2010 en Afrique du Sud, en précisant : « Cette génération d’or avait perdu son match d’ouverture contre la Suisse, traversé des moments difficiles et essuyé de vives critiques, mais elle avait réussi à renverser la situation ; c’est le modèle idéal que nous devons suivre et une véritable source d’inspiration pour nous. »
Les Matadors disposent désormais de cinq jours pour peaufiner leur préparation en vue de la rencontre avec les « Verts », un délai précieux permettant aux blessés ou aux fatigués, comme Yamal et Nico Williams, de retrouver leur meilleur niveau physique.
Pour conclure, Merino a évoqué l’état d’esprit du groupe et le rôle des jeunes : « Quand on ne goûte pas à la victoire, on veut aussitôt jouer le match suivant pour effacer l’amertume. Cette fois, nous avons tout le temps de réfléchir, ce qui constitue un vrai défi mental. Quant à Alamin Yamal, il est en excellente forme ; je l’ai vu récemment, il plaisantait avec tout le monde, sans rien perdre de son énergie. Les jeunes nous apportent leur flamme et leur enthousiasme, tandis que nous leur offrons le calme nécessaire dans certaines situations. C’est cet équilibre qui me plaît le plus dans cet effectif. »
