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L'Ukraine recevant la Pologne... en Pologne ? Le scénario fou des barrages

Le tirage au sort des barrages européens pour le Mondial 2026 a accouché d'une curiosité aussi fascinante que problématique. Dans la voie B, le hasard pourrait bien nous offrir une finale explosive le 31 mars prochain : Ukraine - Pologne. Pour que cela arrive, il faudra d'abord que l'Ukraine écarte la Suède et que la Pologne se défasse de l'Albanie. Mais si ces deux voisins se retrouvent, une question épineuse va immédiatement se poser : où se jouera ce match décisif ? Car selon le tirage, c'est l'Ukraine qui doit recevoir. Or, depuis l'invasion russe en 2022, la "Zbirna" est une équipe en exil, contrainte de jouer tous ses matchs à "domicile" à l'étranger... et principalement en Pologne.

Recevoir son adversaire... chez lui ?

C'est là que le paradoxe est total. Si ce scénario se confirme, l'Ukraine se retrouverait dans la position ubuesque de devoir accueillir la Pologne sur le sol polonais. Une situation inédite qui bafouerait le principe même de l'avantage du terrain et de la neutralité sportive. Jusqu'ici, jouer à Wrocław, Varsovie ou Cracovie était une aubaine pour les Ukrainiens, soutenus par une diaspora immense de plus de 1,5 million de réfugiés. Mais affronter Lewandowski et ses coéquipiers dans leur propre pays, même en étant officiellement l'équipe hôte, changerait radicalement la donne.

L'UEFA se retrouve face à un casse-tête. Maintenir le match en Pologne reviendrait à offrir un avantage colossal aux Polonais, transformant un match à l'extérieur en véritable rencontre à domicile. Les règlements imposent un "terrain neutre", mais la neutralité est-elle possible quand l'hôte par défaut est aussi l'adversaire du jour ?

FBL-WC-2026-EUR-QUALIFIER-FRA-UKRGetty Images

L'Allemagne, la solution de repli idéale ?

Face à cette impasse, la délocalisation vers un pays tiers semble être l'option la plus crédible pour garantir l'équité sportive. L'Allemagne tient la corde. Hambourg et Gelsenkirchen ont déjà accueilli le Shakhtar Donetsk ou le Dynamo Kiev en Coupe d'Europe, et les infrastructures y sont rodées pour ce genre d'événements. La Slovaquie, la République tchèque ou même la Roumanie sont d'autres pistes envisagées, offrant une proximité géographique sans favoriser l'une ou l'autre équipe.

L'instance européenne peut temporiser, avec l'idée peut-être que le résultat des demi-finales du 26 mars éviterait de se retrouver dans l'embarras. Mais en coulisses, le plan B doit forcément être anticipé. Pour l'Ukraine, dont chaque match est un symbole de résilience nationale, et pour la Pologne, alliée indéfectible dans le conflit mais rivale sur le terrain, ce match ne serait pas une rencontre comme les autres. Ce serait un duel fraternel, chargé d'histoire et d'émotion, où le choix du stade pèsera aussi lourd que le talent des joueurs.

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