Cela fait cinq jours que l'événement footballistique le plus attendu de l'année a débuté et un constat s'impose à l'égard des premières rencontres : cette compétition appartient aux milieux de terrain. Dimanche, sous le maillot de la Croatie, Luka Modric a livré son possible meilleur match avec sa sélection d'après Ante Caric, son coach. Le soir-même, un autre régulateur du Real Madrid, Toni Kroos, a exercé un impact considérable dans la circulation de balle de la Nationalmannschaft.
À Toulouse, lundi après-midi et alors que la Roja n'affichait pas un nombre conséquent de certitudes en pleine affaire De Gea, Andrés Iniesta a libéré son inspiration : jeu court, feintes de corps, mobilité entre les lignes, le natif de Fuentealbilla fut constant dans la manoeuvre. Avec les départs couplés de Xavi et Xabi Alonso, l'Espagne a placé entre ses pieds la responsabilité de son jeu. En capacité d'enfiler le costume de chef d'orchestre, Iniesta peut se montrer déséquilibrant dans le dernier tiers du terrain, au moment de générer le danger pour son rival. Face à une République tchèque comptant parfois jusqu'à neuf joueurs aux abords de sa propre surface, il a dompté le temps et l'espace, comme à son habitude. Ce qui fut le plus impactant visuellement a été son habilité à flotter par dessus l'adversité.
Le garant de l'identité de la Roja
C'est à travers le rythme d'Iniesta que la Roja a joué sa partition. Là où des espaces n'existaient pas, Iniesta les a inventés. Sondé en fin de rencontre sur la possible incidence des départ de Xavi et Xabi Alonso de la sélection après le fiasco du Brésil en 2014, le milieu de terrain ne s'est pas dit rétif à endosser plus de responsabilités alors que les éloges pleuvaient à son égard : "J'ai toujours assumé le maximum de responsabilités car c'est comme cela que je conçois le football et quand des joueurs aussi déterminants qu'eux ne sont pas là d'autres jouent. Il faut mener cette direction du jeu mais il y'a Cesc, Busi, Tiago, Koke. Je pense que la sélection a toujours eu des grands joueurs dans ce registre et continuera à les avoir."
Vêtu de rouge, Iniesta a exprimé la plénitude de son talent pour son entrée sur les pelouses de l'Hexagone, il a confirmé que l'Espagne demeure complètement tributaire de son inspiration. La sélection de Vicente del Bosque a quitté le Stadium de Toulouse avec trois points et bien plus encore : la certitude qu'Iniesta commence l'Euro 2016 de la même manière qu'il a achevé le précédent : à son meilleur niveau. Xavi peut dormir tranquille, Iniesta assure l'héritage.
