Après quelques jours de repos, Djibril Sidibé a troqué son survêtement de Monaco pour celui de l'équipe de France. Champion de France avec le club de la principauté, le latéral droit des Bleus a encore des étoiles plein les yeux à l'évocation de l'exploit réalisé tout au long de la saison. S'il se concentre désormais sur le rassemblement à Clairefontaine et les trois matches à venir (Paraguay, Suède, Angleterre), il n'oublie pas l'actualité chargée de son club qui continue d'affoler l'Europe.
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Quel est votre sentiment sur votre exploit après ces quelques jours de repos ?
C'était quelque chose de très grand. Émotionnellement en tout cas, on a vécu quelque chose de fantastique. D'être champion de France avec cette équipe, c'était plus que beau.
S'il y avait un moment à retenir en particulier, lequel serait le vôtre ?
Je dirais le match de Manchester City à la maison. J'ai senti un engouement derrière cette équipe où vraiment les gens étaient venus nombreux au stade. Il y avait vraiment une bonne ambiance parce qu'à l'aller on avait fait un match fantastique. Marquer trois buts à l'aller et trois au retour face à l'équipe de Pep Guardiola c'était quelque chose d'incroyable. Après chaque célébration on était comme des frères, une très forte union. C'était magnifique !
Avez-vous pleinement conscience de l'exploit que vous avez réalisé ?
C'est sûr qu'il faut du temps. Sportivement, émotionnellement, ça puise aussi de l'énergie. Je pense qu'on a dépassé la cinquantaine de matches. C'est beau mais après on n'a pas le temps de ressasser les images parce qu'on enchaîne en jouant tous les deux ou trois jours. C'est plaisant en tout cas.
La saison a été très longue pour Monaco, comment êtes-vous resté si réguliers jusqu'au bout ?
On a des leaders, déjà. Falcao par exemple est quelqu'un qui a traversé des moments difficiles dans sa carrière et il nous disait souvent que la vie est courte et qu'il faut en profiter au maximum. C'est quelqu'un d'humainement formidable qui transmet ça aux jeunes. Après il y a eu l'aide du coach qui nous a motivés, transcendés. Ils nous rappelait toujours l'objectif commun. Chaque match, peu importe l'adversaire et sa qualité, il nous disait de nous focaliser sur nous pour être le plus forts possibles et gagner tous les matches.
Comment jugez-vous votre saison d'un point de vue personnel ?
Assez bonne. Un début de saison très très correct, d'ailleurs j'ai connu la sélection en équipe de France par la suite. Après avec l'accumulation des matches j'ai eu quelques pépins physiques. Chaque footballeur traverse des moments où il tire un peu la langue. Dans l'ensemble, ça s'est bien passé et je suis assez satisfait.
La vague de départs qui semble se profiler vous inquiète-t-elle ?
C'est sûr qu'on a constitué un groupe qui était magnifique. On est pas seuls décideurs sur ces choix, il y a le président et plusieurs facteurs. Il faudra bien réfléchir pour ne pas se tromper.
Vous êtes également concerné par le mercato. Quel est votre état d'esprit ?
Je suis sous contrat à Monaco. Aujourd'hui je m'y plait bien. Comme je l'ai déjà dit, j'ai une attirance pour la Premier League et j'aime aussi l'Espagne. Tout dépendra du président, de moi aussi sachant qu'à un an de la Coupe du monde l'objectif est de remplir son temps de jeu au maximum et d'être performant. Mon objectif c'est de progresser. Il y aura une réflexion avec le club pour voir quel projet est le mieux adapté pour moi en fonction des demandes.
GettyLeonardo Jardim n'est pas non plus certain de rester l'an prochain. Faudra-t-il tout reconstruire à Monaco ?
Il y a un bel effectif avec de très bons joueurs, jeunes, en plus. Leonardo a construit quelque chose depuis quelques années maintenant. S'il part ce sera un nouveau cycle mais vu la qualité de l'effectif je ne m'inquiète pas. On va voir et rester attentifs sur ce sujet.
Lorsqu'on parle de la saison de Monaco, on parle aussi de Kylian Mbappé. Comment qualifieriez-vous sa montée en puissance ?
Il a su saisir l'opportunité que le coach lui a donné. C'est quelqu'un qui est jeune, assez fougueux. Au début de saison, on connaissait ses qualités mais le coach, et c'est son choix, l'a préparé pour les échéances à venir. C'est quelqu'un qui est assez mature pour son âge. Je le fréquente beaucoup, je discute beaucoup avec lui et je suis content de jouer avec un tel joueur.
N'est-ce pas aussi l'environnement monégasque qui lui a permis d'exploser ?
C'est sûr qu'il n'y a pas de grande pression parce que c'est un club sain et simple. Les supporters ne nous mettent pas une grosse pression mais ils sont là et derrière nous. On est dans un bon cadre, la vie est agréable, le soleil, le climat, les entraînements... La vie monégasque tout simplement !
Vous êtes le plus capé des Monégasques avec les Bleus, comment jugez-vous vos débuts avec l'équipe de France ?
Je commence à prendre mes marques. J'essaye de m'appuyer sur les anciens comme Hugo Lloris ou Laurent Koscielny pour me forger un mental et prendre le maximum d'informations. L'exigence internationale est très élevée donc on doit toujours être très rigoureux dans ce groupe. C'est ce que j'essaye de faire, je suis jeune et une carrière internationale ne se construit pas comme ça en 5 ou 6 matches. Sur la durée, j'espère que ça va continuer comme ça pour moi.
Vous occupez un poste qui a longtemps été sous le feu de la critique en Bleu. Pourquoi selon vous ?
Ça fait partie du football mais c'est à moi de montrer au grand public que je joue avec mes valeurs, avec mes qualités et que je veux vraiment m'imposer à ce poste là en devenant une référence dans le monde entier.
Propos recueillis par Julien Quelen, à Clairefontaine.




