Six fédérations arabes de football ont renouvelé leur soutien au président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, dans une démarche qui intervient au cœur d'une crise grandissante au sein de l'institution mondiale du football, sur fond d'un projet d'investissement particulier qui a suscité de larges objections et poussé trois continents à critiquer la manière de gérer du président suisse et à réclamer son départ.
Les présidents des fédérations du Qatar, du Maroc, d'Égypte, du Liban, du Soudan et de la Mauritanie ont annoncé ce jeudi leur plein soutien à Infantino, qui se prépare à disputer l'élection à la présidence de la FIFA prévue en mars prochain, affirmant leur confiance en son leadership et son engagement à développer le football à l'échelle mondiale.
Un communiqué arabe uni pour soutenir Infantino
Les présidents des six fédérations ont déclaré dans un communiqué commun, publié par l'agence « Reuters », que le football arabe joue un rôle important dans le rapprochement entre les peuples et le renforcement de la coopération entre les fédérations de la région, affirmant « leur plein soutien à Infantino, ainsi que le renouvellement de leur confiance en son leadership et en son engagement continu à développer le football dans le monde ».
Cette démarche revêt une importance supplémentaire, dans la mesure où quatre des six signataires occupent également un siège au sein du Conseil de la FIFA, à savoir Hamad ben Khalifa Al Thani, Hany Abo Rida, Fouzi Lekjaa et Ahmed Yahya.
Les présidents des fédérations ont ajouté : « Nous apprécions grandement les efforts continus d'Infantino pour développer le football au niveau mondial, élargir les opportunités pour toutes les régions et renforcer le rôle du jeu dans le rassemblement des peuples et des sociétés. »
Ils ont affirmé leur volonté de poursuivre la coopération avec le président de la FIFA afin de bâtir un avenir « plus fort et plus prospère pour le football mondial », tout en élargissant les opportunités et en renforçant la contribution du football arabe sur la scène internationale.
Le projet à 4,2 milliards de dollars a déclenché la crise
Ce soutien intervient alors qu'Infantino fait face à l'une des plus grandes crises de sa présidence, après les objections publiques de l'Union des associations européennes de football (UEFA), de la Confédération asiatique et de la CONCACAF à l'encontre d'un projet d'investissement qui visait à restructurer les droits commerciaux de certaines compétitions de la FIFA.
Infantino avait proposé de séparer les droits commerciaux liés à la Coupe du monde et de vendre une part de 20 % à des investisseurs du secteur privé, une démarche qui aurait permis de générer environ 4,2 milliards de dollars, avant de renoncer au projet à la suite d'une large vague de critiques.
Certaines fédérations asiatiques avaient exprimé leur déception lors de la révélation du projet, à un moment où leur position semblait proche des objections de l'UEFA quant à la manière dont l'initiative avait été présentée.
Le nouveau soutien arabe confirme que les positions des fédérations nationales ne coïncident pas nécessairement avec celles des confédérations continentales, chaque fédération nationale disposant d'une seule voix lors de l'élection.
Infantino aura besoin de 106 voix pour atteindre la majorité simple s'il n'affronte qu'un seul concurrent. En revanche, en cas de présence de trois candidats ou plus, il devra obtenir la majorité des deux tiers au premier tour, soit 141 voix, pour s'assurer la victoire.
